//insérer vidéo facebook
enfr
Accueil / CINEMA / [ANALYSE] « Split » (2016) de Night Shyamalan
Split image Night Shyamalan
© Universal Pictures

[ANALYSE] « Split » (2016) de Night Shyamalan

Split de Night Shyamalan signe le retour du réalisateur controversé. Toujours aussi énigmatique, le film sur le dédoublement de personnalité est plein de codes qui nécessitent une explication approfondie. Heureusement, Prof Péloche va tout vous dire en quelques minutes à travers sa vidéo didactique. 

Synopsis :

Kevin (James McAvoy) a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher (Betty Buckley), mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey (Anya Taylor-Joy), aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

 

Analyse vidéo complète de Split

Night Shyamalan, un second souffle

 

Split image Night Shyamalan
© Universal Pictures

Night Shyamalan est un réalisateur controversé. Soit on le déteste, soit on l’adore, mais il laisse rarement indifférent.
Parce que sa carrière a commencé sur un succès fulgurant avec Sixième Sens (2000) et son super twist final, chacun de ses films suivants a généré des attentes phénoménales chez le public, menant fatalement à ne jamais apprécier chacun en tant que tel, mais “en le comparant avec le précédent”.

Night Shyamalan a retrouvé un souffle avec la sortie de The Visit (2015), un film bien plus limité en terme de moyens dans lequel il faisait ce qu’il fait de mieux : générer un thriller ambigu et ludique, servi par un twist final.

On peut lui reprocher d’utiliser sans cesse la même formule, mais le film est complètement décomplexé, s’assumant totalement dans ce qu’il est : un pur divertissement efficace, bien construit et maîtrisé de bout en bout.

Split ou l’individu brisé

 

Split image Night Shyamalan
© Universal Pictures

On retrouve dans Split la thématique très Shyamalan de l’individu brisé qui tente de surmonter ses fêlures afin de devenir un autre, de renaître et de trouver sa place.

La structure même du script est fragmentée : en utilisant les flashbacks (procédé déjà largement usitée dans ses précédents films tels que Signes ou Sixième Sens), Night Shyamalan brosse touche par touche le portrait de Casey, la rapprochant progressivement de Kévin par leur vécu, jusqu’à la révélation finale, non pas aux yeux du spectateur cette fois, mais aux yeux de Kévin qui réalise que Casey a également souffert dans son passé. Casey qui perd progressivement ses vêtements comme elle perdrait ses barrières, ses défenses pour révéler visuellement ses stigmates.

De façon générale Night Shyamalan n’a rien perdu de la maîtrise visuelle de son art.

Il reprend la figure de l’escalier en colimaçon déjà utilisé dans le film Vertigo de Alfred Hitchcock (qui parlait déjà de double-identité), mais également le travelling compensé (cf le premier plan du film), Night Shyamalan traduit ici le fait de pénétrer dans la psychée d’un personnage complexe, dans son esprit.

Une fin énigmatique

 

Split image Night Shyamalan
© Universal Pictures

La fin de Split conclue le développement des personnages.

Kévin senfuit du zoo, de sa prison, et laisse la Bête libre d’agir, tandis que Casey, qui se retrouve enfermée dans une cage, décide d’y rester, et ne sera libérée que par un Autre. Elle décide de laisser refoulé son côté animal, comme elle l’a déjà refoulé lors de sa volonté d’assassiner son oncle qui a abusé d’elle.

De façon générale, Split pose la question du Monstre qui sommeille en chacun de nous. La camarade de Casey au début du film ne l’a invitée à son anniversaire que parce qu’elle a invité tout les autres. Elle explique qu’elle n’est pas un monstre… mais finalement n’est-ce pas pire que d’inviter quelqu’un par défaut que d’être honnête ?

Le monstre n’est il pas finalement l’humain qui ment, qui trompe, comme l’oncle de Casey qui a abusé de l’innocence de sa nièce, brisant des personnes au passage…

Cette inversion de la question du Monstre est centrale dans Split. Les humains sur qui on peut compter nous trahissent… que ce soit l’oncle mais aussi la psychiatre, qui est incapable d’agir à temps pour sauver Kévin, et pire ne le croit pas quand il évoque la Bête…

En conclusion Split est un film très riche, de par ses multiples thèmes et aussi sa mise en scène qui foisonne d’indices.
Bien sur il n’est pas exempt de défauts… le principal étant finalement l’inutilité de l’enlèvement des jeunes filles dans la transformation de Kévin… cet enlèvement servant juste de prétexte à asseoir un conflit dans le film et à dénouer l’intrigue.

 

En savoir plus :

  • Disponible en DVD/Blu-ray chez Universal depuis le 27/06/2017

Check Also

[CRITIQUE] « Baby Driver » (2017) : Edgar Wright à 200 à l’heure !

On savait qu’Edgar Wright en avait sous le capot. Mais avec son nouveau film Baby Driver, …

The Circle affiche film

[CRITIQUE] « The Circle » (2017), l’avenir transparent

The Circle de James Ponsoldt est une dystopie adaptée du livre best-seller de Dave Eggers sur …

Laisser un commentaire