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[INTERVIEW] Jimmy Halfon, cocréateur de la petite bombe digitale “Lifer” pour Studio+

Avec Lifer, les créateurs Franck Khalfoun (Maniac, Amityville: The Awakening) et Jimmy Halfon se sont lancés dans la série digitale avec un vrai-faux documentaire passionnant sur un serial killer repenti qui a fait partie de la compétition séries web & digitales du festival Séries Mania 2017. Interview de Jimmy Halfon, cocréateur, coscénariste et coproducteur de la série.

Synopsis :

En 1983, Adolfo Ramirez (Luis Fernandez-Gil), surnommé « L’Écorcheur », coupable de 38 meurtres, est condamné à 30 ans de prison. En 2012, un jeune journaliste français (Cyril Descours) part à sa rencontre, quelques mois avant sa libération. Le portrait fascinant d’un monstre charismatique, dans un style proche de Making a Murderer.

Interview de Jimmy Halfon (Lifer)

 

Bulles de Culture : De quelle envie Lifer est-elle partie et comment avez-vous construit l’histoire ?

Jimmy Halfon : J’ai eu l’idée de Lifer à partir de deux faits divers lus dans des journaux et nous l’avons proposée à Franck Khalfoun.

Au début des années 2000 à Nantes, un type sort d’un séjour en hôpital psychiatrique pour avoir poignardé une jeune femme. Il reprend un couteau immédiatement et blesse quelqu’un, mortellement cette fois… pour se retrouver à nouveau en HP. Je me suis dit : est-ce qu’on a le droit de jeter les clés d’une personne comme ça? Est-ce qu’il aura le droit un jour de repartir dans l’autre sens? Dans Lifer, la question est: Est-ce qu’un type qui a dépecé 38 femmes peut changer?

L’autre base est un changement de la constitution mexicaine. Dans les années 80 il n’y avait pas de perpétuité au Mexique (comme en Bolivie), le plafond était de 20 ans de prison maximum. A cause des cartels et du grand banditisme, la Justice a décidé d’augmenter la peine maximale pour que la prison soit réellement dissuasive.

On a écrit une première version en France, puis on s’est dit que le contexte de l’Amérique du sud pouvait être intéressant.

Lifer est un vrai documentaire,
mais le sujet qu’il traite … est faux”

 

Bulles de Culture : Pourquoi avoir utilisé le format documentaire ? Lifer est-il un quasi-documentaire ? Un faux documentaire ? Un documenteur ?

Jimmy Halfon : Différents termes existent. Nous avons choisir de l’appeler documentaire tout court. Non pas pour jouer le jeu du mensonge, mais parce que la forme de Lifer est une forme pure de documentaire. Tourné comme tel, avec une équipe légère, la caméra est toujours justifiée.

On s’est inspirés des documentaires très traditionnels de Werner Herzog, mais aussi de Opération lune de William Karel, ce “documenteur” qui montre que Stanley Kubrick aurait mis en scène le premier pas de l’homme sur la lune.

Les cliffhangers ont été faits avec les armes du documentaire. C’est pour ça que ce n’est pas un faux. C’est un vrai documentaire, mais le sujet qu’il traite.. est faux.

“La caméra est aussi un outil d’expiation”

 

Bulles de Culture : Le personnage d’Adolfo Ramirez fait de nombreux regards caméra pour expliquer au spectateur sa rédemption et sa nouvelle conception de l’existence. D’un autre côté, le réalisateur lui-même, Franck Khalfoun, est interviewé dans la série, et dit en substance à la caméra: “Cette rédemption je n’y crois pas du tout”…

Jimmy Halfon : Ce personnage qui a tué 38 femmes était un animal quand il est entré en prison à 25 ans. Dans l’interview, il explique tout de suite: “La prison, c’est génial, je me suis sorti de mes démons”. Il a appris la philosophie, il est aussi devenu pieux. Son seul ami a été Joseph Baroux, le journaliste, parce qu’il a été le seul à lui écrire. La caméra est aussi un outil d’expiation. Il regarde la caméra pour convaincre son audience qu’il a changé.

D’un autre côté, il y a Franck Khalfoun, qui a le rôle du producteur, qui nous parle tranquillement installé à Los Angeles. Dans un documentaire il faut des argumentaires contradictoires, pour pousser le spectateur à prendre un parti.

Le fait d’avoir pris Franck Khalfoun permet de mentir encore moins: il a la légitimité d’avoir écrit et réalisé le film. Si vous googlez Franck Khalfoun: vous allez le trouver. Si vous googlez Joseph Baroux, il a un profil Facebook… On a semé des petites choses sur internet pour les spectateurs de notre génération qui ont l’habitude de vérifier en même temps les faits dont on leur parle.

“Ce qui est très ‘casse-gueule’, c’est le passage de l’épisode 1 à l’épisode 2”

 

Bulles de Culture : Pourquoi avez-vous choisi le format série digitale ?

Jimmy Halfon : C’est un concours de circonstances. Le Groupe Canal+ avait déjà produit ma série précédente Pier 41, et lorsque j’ai appris la création de la plateforme Studio+, j’ai répondu à l’appel à projet sans bien connaitre le format. Celui-ci est génial parce qu’il vous oblige à vous casser la tête.

C’est très difficile dans le premier épisode de présenter en 10 minutes tous vos personnages. Ce qui est très “casse-gueule”, c’est le passage de l’épisode 1 à l’épisode 2. Dans une série de 52 minutes par épisode, si vous allez jusqu’au bout du premier épisode, dans la plupart des cas, vous regardez la saison. Le premier épisode vous a lancé. Si l’épisode 5 ou 6 est moins intéressant, c’est moins grave, vous êtes déjà dedans. Mais le cliffhanger à la fin de l’épisode 1 est très important.

 

Tous les hommes ont-ils droit à une seconde chance ?Réponse dans Lifer dès le 28 avril sur l'appli Studio+.

Publié par STUDIO+ sur mercredi 12 avril 2017

 

En savoir plus :

  • Lifer est disponible sur la plateforme Studio+ depuis le vendredi 28 avril 2017
  • Jimmy Halfon est le PDG et fondateur de la société de production MAD.
Marie Deconinck

Marie Deconinck

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Comédienne franco-québécoise, scénariste à mes heures et surtout obsédée de cinéma, j'aime les oeuvres flamboyantes et hypersensibles (Terrence Malick, Leos Carax, Charlie Kaufman, Xavier Dolan, David Lynch, Les frères Coen, Coppola...).

Top 5 Cinéma : "Nos meilleures années" (2003),"The Tree of Life" (2011), "Fargo" (1996), "Apocalypse Now" (1979), "Les enfants du paradis" (1945), "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" (2004)
Marie Deconinck

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2 Commentaires

  1. Bonjour le réalisateur s’appelle Franck Khalfoun et non Serge Khalfoun

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