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[CRITIQUE] « The Last Girl » (2017) : La réincarnation du film de zombies

The Last Girl (The Girl with All the Gifts) réalisé par Colm McCarthy nous immerge dans un monde apocalyptique dominé par des zombies nommés « Affams ». Le film, porté par Glenn Close et Gemma Arterton, a reçu les Prix du public et de la meilleure musique originale au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer 2017. Notre avis. 

Synopsis :

Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Mélanie (Sennia Nanua), qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Mélanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité tout entière.

Une rencontre à trois têtes donnant The Last Girl

 

The Last Girl photo Sennia Nanua
© Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016

The Last Girl vient d’une rencontre à trois têtes. Mike Carey, auteur de BD et de romans, termine l’écriture d’une nouvelle fantastique lorsqu’il décide de la faire lire à la productrice Camille Gatin. Passionnée par l’histoire, et surtout par le personnage principal Mélanie, elle en parle au réalisateur Colm McCarthy, inspiré par le fait de tourner dans des décors urbains abandonnés. Le projet est sur les rails.

Il reste à trouver un casting surprenant. L’actrice Glenn Close manifeste son intérêt dès la première lecture du projet pour un scénario qu’elle trouve « très bien écrit » avec des personnages très intéressants. Le rôle de Mélanie, héros central du film, est soumis à auditions de près de 500 enfants. C’est finalement au Television Workshop de Nottingham, vivier de jeunes talents, que le réalisateur tombe sur l’intense Sennia Nanua. Cette jeune comédienne de 13 ans obtient le rôle grâce à son côté décomplexé.

The Last Girl est un vrai film de zombie. On peut même dire qu’il revient à l’essence même de ce cinéma de genre, apparu dès les années 30 dans les films américains. Ces êtres fantastiques reviennent à la vie après avoir été contaminés. Néanmoins, à l’inverse des gentils marcheurs de la série The Walking Deadils sont dans le film d’autant plus menaçants qu’ils courent vers leurs victimes à perdre haleine comme dans le récent World War Z de Marc Forster avec Brad Pitt.

Du Zombie sous l’angle scientifique

 

The Last Girl Glenn Close photo
© Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016

Néanmoins, The Last Girl n’est pas qu’un simple film de série Z. Au contraire, il adopte d’une façon assez inédite l’angle scientifique de ce fléau qui transforme les hommes en bêtes sans conscience. Pour ce faire, les créateurs du film se sont documentés sur un champignon existant, l’Ophiocordyceps unilateralis, parasite qui attaque les fourmis et qui altère leur système nerveux. Pour une fois, la maladie n’est pas inconnue. Les ambitions premières du personnage joué par Glenn Close est même de trouver un remède.

L’écriture des personnages est également un point fort du film. La complexité de Mélanie, enfant surdouée portant le gêne « Affams » mais gardant une conscience, fait d’elle à la fois un adjuvant et un opposant à l’histoire. Elle est une menace pour le groupe des survivants car elle peut à tout moment se jeter sur eux pour les manger. Pour éviter cela, elle porte d’ailleurs un masque de protection et est sans arrêt attachée. Cependant, elle est la seule à pouvoir interagir avec les zombies évitant qu’ils ne s’attaquent au groupe. Mélanie est surtout dotée d’une caractérisation attachante, matérialisée dans le film par la relation filiale qu’elle a avec la scientifique jouée par Gemma Arterton.

Une proposition libérée

 

The Last Girl photo Gemma Arterton
© Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016

La mise en scène de Colm McCarthy est particulièrement bien pensée, utilisant à la perfection un décor trouvé à force de repérage. Les vues aériennes superbes laissent entrevoir un paysage urbain familier complètement délaissé, parmi lequel des vestiges d’une société capitalistes déchue domine à travers des marques d’enseignes. La musique de Cristobal Tapia de Veer, récompensée au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer 2017, donne d’une façon très réussie un ton angoissant à l’image.

The Last Girl est donc un film riche de symboles, utilisant les bases du genre zombie tout en se les appropriant. Le tout donne une proposition libérée très agréable à regarder.

 

En savoir plus  :

  • Date de sortie France : 28/06/2017
  • Distribution France : La Belle Company

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