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[CRITIQUE] « Gypsy » saison 1 : La douce crise de la quarantaine de Naomi Watts

Gypsy saison 1 de Lisa Rubin est un thriller psychologique avec Naomi Watts qui est disponible sur Netflix depuis ce vendredi 30 juin 2017. Notre avis.

Synopsis :

Sa vie de banlieusarde mariée lui pesant de plus en plus, la thérapiste new-yorkaise Jean Holloway (Naomi Watts) dissimule une fascination grandissante pour Sydney (Sophie Cookson), l’ex-petite amie d’un patient.

Gypsy saison 1 :
Un thriller psychologique

 

Pensées en voix over, images ralenties et bruits isolés et assourdis nous introduisent dans l’univers de la thérapeute new-yorkaise Jean Halloway, interprétée par l’actrice Naomi Watts (Mulholland Drive, Divergente 2 et 3), un univers bien rangé (mari et petite fille parfaits) auquel elle essaie d’échapper en se glissant subrepticement dans la vie des gens qu’elle reçoit dans son cabinet, n’hésitant ainsi pas à flirter avec l’ex d’un patient ou à fréquenter dans un salon de coiffure la fille d’une mère qu’elle reçoit en consultations. Gypsy saison 1 aborde ainsi le thème intéressant et peu abordé de la crise de la quarantaine chez les femmes à travers les discrets pas de côté d’une jeune mère bien sous tous rapports.

En effet, entre les verres de bourbon et de vins qui s’enchaînent entre ses mains et un mari un peu trop accaparé par son travail, Jean Halloway va se créer une double vie au nom de Diane Hart pour échapper à l’ennui qui la guette dans son train-train quotidien. Et cet autre soi capable d’être subjugué par une jeune femme chantant dans un bar la nuit ou de s’adonner à la masturbation solitaire va créer la trame « thriller psychologique » de la série avec ce risque à tout moment de voir le personnage être démasqué par ses collègues, son mari, ses patient ou par les autres mères de famille qu’elle fréquente.

Une série qui peine à convaincre

 

Bref, par son concept, son actrice principale, Naomi Watts, séduisante et sa réalisation plutôt léchée — les deux premiers épisodes de Gypsy saison 1 sont d’ailleurs réalisés par Sam Taylor Johnson qui a notamment mis en scène le film Cinquante nuances de Grey (2015) —, cette série Netflix peut faire penser à de nombreuses séries réussies où une vie parfaite se met à basculer sauf que quelque chose manque ici et qu’on attend vainement la scène qui ferait basculer ce récit ordinaire, classique vers quelque chose de plus extraordinaire nuancé, complexe. Une scène du premier épisode de la série résume d’ailleurs parfaitement ce sentiment. Dans celui-ci, Jean Halloway fait l’amour avec son mari à califourchon au-dessus de lui quand au lieu de nous placer au cœur de ces ébats passionnés, la caméra se met à reculer et à créer un surcadrage avec les montants d’une porte. Et cette  sensation de distance entre les personnages et nous, équivalente à celle entre Jean Halloway et son entourage, est ce qui empêche la série de complexifier ses intrigues et ses personnages.

Alors, même si son sujet est intéressant car il peut toucher chacun d’entre nous à un moment de sa vie, les premiers épisodes de Gypsy saison 1 traînent trop en longueur et peinent à nous donner envie de suivre les aventures de la protagoniste. Et c’est un comble quand on sait que la plateforme de VOD Netflix met en avant la possibilité de faire du « binge-watching » avec ses programmes pour séduire ses abonnés. Aussi, malgré un séduisant générique à multiples facettes — la chanteuse Stevie Nicks a réenregistré pour celui-ci la chanson Gypsy du groupe de rock Fleetwood Mac — et son sujet subtil, Gypsy saison 1 n’aura pas réussi à nous toucher.

 

 

En savoir plus :

  • Gypsy saison 1 est disponible sur Netflix depuis le vendredi 30 juin 2017

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3 Commentaires

  1. Je pense que vous avez survolé la série, pour moi il ne s’agit pas du tout du cas ou la mère de famille s’enlise dans une routine dont elle veut s’échapper, mais plutot, d’une personne schizophrène qui se crée une nouvelle personnalité du nom de Diane Hart. Cette deuxième identité se joue de l’entourage des personnes qu’elle a en thérapie afin de manipuler leurs réactions pour que Jean Holloway puisse garder un contrôle total sur ses patients et qu’ils soient dépendants d’elle. Je ne suis même pas convaincu qu’elle ait des sentiments pour Sydney.

  2. Je suis d’accord avec Nicolas; pour moi l’héroïne dévoile son état de schizophrénie au fur et à mesure des épisodes. Même à deux doigts de se faire prendre ou d’être démasquée, elle se retrouve quelques minutes aprés à relancer le jeu avec une autre personne. Elle se retrouve incapable de lâcher son personnage de Diane et sa vie de Jean. La dernière scéne du film nous laisse penser qu’elle se fait enfin démasquer mais sa folie la rend heureuse en même temps lorsqu’elle aperçoit Sidney. Même si elle sait que tout va prendre fin.
    Elle parvient et travaille à manipuler ses patients afin qu’ils soient toujours dans le besoin. Et qu’ils dépendent toujours d’elle.;

  3. Bien que vos analyses me semblent tout à fait pertinentes quant à la question de la manipulation, du pouvoir sur ses patients, cela n’a rien à voir avec la schizophrénie, La schizophrénie est une maladie qui se caractérise par la notion de dissociation, mais pas la question de deux personnalités et encore moins l’idée de s’en créer une. Crée une autre identité, en jouer, manipuler l’autre appartient à un tout autre registre de fonctionnement psychique. Même si cela peut devenir jusqu’à délirant, on est plus du côté de la névrose et de la perversion que de la psychose. Je suis d’accord avec Maeva et Nicolas sur cette idée de dépendance qu’elle cherche à provoquer chez l’autre, patient ou non d’ailleurs, et on serait plus la dans le registre d’un fonctionnement dit état limite. Elle cherche à manipuler l’Autre pour ressentir un sentiment de puissance et rendre l’Autre dépendant, et se crée pour ça un personnage pour diminuer les risques, personnage dans lequel elle prend de plus en plus de plaisir à le jouer malgré les risques d’etre découverte.
    Quoi qu’il en soit, en accord avec l’article, je trouve que l’idée de base est très bonne mais à mon sens aussi mal exploitée. Des longueurs, nombreuses, et on ne fait qu’effleurer les choses…

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