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[CRITIQUE] « L’amant double » (2017) : Le cinéma français content de lui par François Ozon

L’amant double de François Ozon a été présenté vendredi en Compétition du 70ème Festival de Cannes 2017. Ce thriller prétentieux et à côté de la plaque avec Jérémie Rénier et Marine Vacth confirme le niveau global mitigé de cette Compétition anniversaire. Notre avis et critique.

Synopsis :

Chloé (Marine Vacth), une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul (Jérémie Rénier). Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.

L’amant double, genre psychologisant qui tombe à côté

 

L'amant double photo film critique
© Mars Distribution

 

Au cinéma comme dans la vie, rien de plus agaçant que quelque chose d’à la fois creux et prétentieux. L’amant double c’est ça: un film intello sans être intelligent. Une tentative de film de genre à l’ambiance bourrée d’un parisianisme caricatural et d’une mise en scène affligeante de médiocrité.

En effet, on parle de jumeaux, on parle de duplicité: pourquoi ne pas bourrer un plan sur trois de symétrie ou de miroirs ? Comme ça on multiplierait l’image des personnages, et le spectateur comprendrait peut-être que c’est double, très double, et peut-être même que n’est pas double qui on croit.

De même, pour devenir un De Palma parisien, pourquoi ne pas utiliser l’ambiance arty et immaculée des salles du Palais de Tokyo ? Et pourquoi ne pas modifier les oeuvres d’art pour symboliser les états d’âme de l’héroïne ? On pourrait mettre des peintures de sang, des foetus géants. Avec Hitchcock ou Brian de Palma, ça aurait marché.

Un jeu d’acteur naturaliste, sans âme

 

L'amant double photo film critique
© Mars Distribution

 

Avec son physique lisse, sans chien, et son jeu totalement creux, Marine Vacth n’intéresse décidément que François Ozon. Quand à Jérémie Rénier, bodybuildé (si si), il semble égaré dans une oeuvre qui ne lui va pas du tout. Clairement dirigés vers un jeu naturaliste, tous deux troquent l’incarnation de véritables personnages contre un monocorde murmure dans sa barbe et une petite larmichette de temps en temps.

À l’intérieur de ce style à la Ozon, on s’étonne de deux ou trois scènes carrément fausses dans L’amant double, notamment une téléfilmique séquence de larmes de Jérémie Rénier. Des tentatives de second degré qui tombent à côté ? Probablement.

En résumé, François Ozon c’était déjà du cinéma d’Ancien Régime qui conserve depuis trop longtemps ses privilèges. Maintenant c’est pire: il se prend pour Brian de Palma et on le fait venir à Cannes.

Le cinéma français est bourré de nouveaux talents qui attendent sagement à la Quinzaine des réalisateurs (Vladimir de Fontenay), à la Semaine de la critique (Léa Mysius et Emmanuel Gras), à la Cinéfondation (Tommaso Ubserti, franco-italien), et dans bien des endroits en dehors de Cannes:

Soyons réalistes, Ozon le grand ménage.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 26/05/2017
  • Distribution France : Mars films

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3 Commentaires

  1. Commentaire pour le moins excessif sans grand intérêt – chacun a le droit d exprimer ses désaccords, ses incompréhensions, ses déceptions mais dans ce cas le  » je » est de rigueur et les jugements de valeur à proscrire

    • Concernant le « je » vous avez probablement raison, mais à partir du moment où l’on écrit dans un blog il est presque sous entendu à chaque phrase.

      En revanche « je » (rien que pour vous) ne pense pas que ce commentaire soit excessif, il faut le replacer dans son contexte: L’amant double à été présenté en Compétition au festival de Cannes. Ça pose un véritable problème selon moi, qui mérite un gros coup de gueule. Le festival a semble-t-il eu des difficultés à « remplir » sa compétition cette année, certes, mais il a une responsabilité envers le monde du cinéma et je trouve fâcheux que l’on présente un film comme celui là dans la compétition la plus prestigieuse du monde.

    • Cet article est le reflet de l’avis de Bulles de Culture dans sa globalité, et non uniquement celui de notre rédactrice. Elle aurait très bien pu aussi utiliser le « nous »…
      Bien à vous

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