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Loulou - credits La Onda Productions
© La Onda Productions

[INTERVIEW] Jérôme Fansten et Éric Laroche : « On a choisi «Loulou» à l’unanimité »

La toute nouvelle compétition internationale de séries web & digitales du festival Séries Mania 2017 a couronné Loulou d’Alice Vial, Louise Massin et Marie Lelong. Les membres du jury Jérôme Fansten et Éric Laroche nous ont parlé de leur choix et du regard qu’ils portent tous les deux sur l’essor de ces séries au format mini.

Loulou :
Prix de la meilleure série web et digitale
Séries Mania 2017

 

La compétition séries web & digitales du festival Séries Mania 2017 a présenté le(s) premier(s) épisodes de 7 séries web & digitales, de 6 pays différents.

La première lauréate de cette compétition, Loulou d’Alice Vial, Louise Massin et Marie Lelong, est une série drôle et loufoque sur les déboires d’une femme enceinte. Louise Massin joue son propre rôle dans une chronique qui la mène de situations absurdes en rencontres déroutantes.

Loulou saison 1 est réalisé par Fanny Sidney, connue pour son interprétation de Camille dans la série télévisée Dix pour cent. Elle sort tout juste de la Fémis.

Qui sont Jérôme Fansten et Éric Laroche, membres du jury ?

 

series mania 2017 image Jerome Fansten copyright DR

Jérôme Fansten : Scénariste et réalisateur, il a travaillé sur des films comme Au bonheur des ogres, Mune ou Papa ou Maman ?. Il a aussi écrit des polars, dont Manuel de dramaturgie à l’usage des assassins. Il a réalisé en 2016 une série digitale, Amnêsia. La même année, il a créé avec Fred Cavayé et Quoc Dang Tran un thriller de 6×52’ pour Canal+ et annoncé pour 2018.

series mania 2017 image Eric Laroche copyright DR

Eric Laroche : Diplômé de l’Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle (ESRA), il a travaillé 18 ans à Canal+, occupant notamment les postes de Responsable Éditorial Cinéma et Responsable Éditorial de la chaîne Canal+ Séries. En 2017, il rejoint la société de production Empreinte Digitale (Les Grands, Lazy Company, T.A.N.K.) en tant que Directeur du développement.

Le jury comptait également Titiou Lecoq, journaliste et blogueuse.

« Loulou, c’est une série
dont on a envie de voir la suite »

 

Bulles de Culture : Pourquoi avez-vous récompensé Loulou ?

Eric Laroche : On a choisi Loulou à l’unanimité. C’est une série dont on a envie de voir la suite, en simple spectateur. C’était frais, drôle.

Jérôme Fansten : C’était très malin et vraiment bien interprété. Elle a réussi à nous surprendre avec un sujet casse-gueule parce qu’il a déjà été pas mal exploré. Faire quelque chose d’original, de spontané sur la grossesse, sans tomber dans le « girly », c’était pas évident. Et puis, tout simplement, on s’est marrés pendant la projection.

Eric Laroche : C’est quelque chose qu’on a déjà vu mais qu’elle dépeint de façon originale et assez singulière. Il y a ce grain de folie, ce petit pas de côté. Par exemple, l’épisode de la séance photo est complètement perché. C’est un programme à base d’humour et de légèreté, pourtant j’ai vraiment vu une série. Pas des sketchs ni un programme court.

Bulles de Culture : Comment le jury a-t-il fait son choix ?

Jérôme Fansten : On s’est assis, l’un de nous trois a dit « Loulou ? », et on a répondu : « Oui, oui. » Ensuite on a passé en revue chaque film parce qu’on peut avoir un coup de cœur spontané qui ne résiste pas à l’analyse. On a voulu voir ce que chaque programme proposait de nouveau sur le support digital, puis juger les qualités purement artistiques. D’autres séries étaient très bien jouées mais avaient des problèmes de rythme, certaines étaient un peu amateur. On a terminé la discussion là où on l’avait commencée : Loulou.

« Avec la série digitale,
les diffuseurs peuvent se permettre
de faire des programmes de niche »

 

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© super deluxe

Bulles de Culture : Quel est votre regard sur la série web & digitale aujourd’hui?

Eric Laroche : C’est un format qui est plus en liberté que d’autres plus contraints parce que souvent à la télévision, on reproduit des schémas. Là, les diffuseurs sont conscients qu’ils n’ont pas de problème de case. Ils peuvent se permettre de faire des programmes de niches, d’aller dans des zones où les autres ne vont pas.

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© goodcop

Par exemple dans la compétition il y avait des séries qui sont aux portes du financement sauvage, comme BKPI, diffusée par Super Deluxe. Et à côté de ça des productions beaucoup plus costaudscomme Lifer ou Ø, avec des plans de drones, une direction artistique plus léchée.

L’aspect international de cette compétition est aussi intéressant. Je pense notamment à la série sud-africaine People you may know. Une histoire assez commune, des parcours de vie, mais c’est intéressant de voir ces choses là dans un lieu géographique qu’on ne voit jamais.

« La série digitale
est un espace de liberté »

 

Bulles de Culture : Pourquoi un créateur de série choisit-il la série digitale ?

Jérôme Fansten : Dans les formats plus lourds, comme le long métrage ou le 52 minutes, il y a des délais de réponses et une lourdeur de fabrication qu’on n’a pas avec la série digitale ou la websérie. Peut-être aussi que certains sujets sont plus faciles à traiter quand on ne doit pas convaincre des dizaines de personnes en amont !

La SF, le fantastique ou l’horreur, c’est difficile à vendre aux diffuseurs traditionnels. Moi, à un moment donné, j’ai eu cette fenêtre de tir et plutôt que de risquer de ne pas faire Amnêsia en 52’, je suis allé vers le 10×10’ pour Studio+.

La durée totale est celle d’un long-métrage. On a écrit, tourné, monté et livré en 9 mois. Pour un budget d’1,3 millions d’euros au total. C’est très rapide et, même si la logistique limite beaucoup de choses, on a une liberté énorme.

La série digitale est un espace de liberté. Un jeune auteur aujourd’hui a intérêt à commencer par ça.

 

 

En savoir plus :

  • Loulou saison 1 sera diffusé en France et en Allemagne par Arte Creative

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