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[INTERVIEW EXCLUSIVE] Virginie Efira : “Je tourne jusqu’en janvier 2019”

Lors du Télévie 2017 (opération caritative belge qui combat la leucémie), la comédienne Virginie Efira nous a accordé un entretien spécial cinéma. Elle est revenu avec Bulles de Culture sur Pris de court, son dernier film, et sur les prochains. Elle était même à deux doigts de lâcher une confidence sur son nouveau projet avec Paul Verhoeven, Blessed Virgin. Notre interview.

Interview Virginie Efira

 

Bulles de Culture : Est-ce vrai qu’actuellement, vous êtes sur deux tournages en même temps à Paris ?

Virginie Efira : En même temps ? Ah non, je n’aime pas faire ça. Tu peux à la limite faire un film et jouer au théâtre mais deux en même temps, c’est impossible. Par contre, ce qui est certain, c’est que j’ai des tournages prévus jusqu’en janvier 2019. Cinq à six films vont se suivre.

Bulles de Culture : Peut-on en savoir un tout petit peu plus ?

Virginie Efira : Il y a un truc que j’adorerais pouvoir vous dire mais que je ne peux pas encore. C’est avec un grand metteur en scène. Là, tout de suite, je tourne une comédie de Gilles Lellouche [NDLR : Le Grand Bain] avec Benoît Poelvoorde, Philippe Katerine, Marina Foïs, Guillaume Canet et plein d’autres que j’oublie. C’est un grand et beau casting que je regarde ébahie.

Bulles de Culture : Ce soir, lors du Télévie, vous avez chanté en direct live avec Julien Doré Que reste-t-il de nos amours. Philippe Katerine va peut-être donc vous écrire un album ?

Virginie Efira : Ça, franchement, il n’en est pas tellement question (Rires). Moi, je lui écrirais bien un film. Il joue super bien et on peut dire que Philippe est vraiment quelqu’un de libre sans empiéter sur les autres. Il n’y a aucune posture chez lui, ça m’impressionne beaucoup.

“Je jouerai bientôt une mère qui ne voit pas l’inceste”

 

Bulles de Culture : Revenons à vos films en cours de tournage. Le futur César se cache peut-être parmi eux ?

Virginie Efira : Oh non, non. Après ce tournage en tout cas, j’enchaîne avec un film de Catherine Corsini, Un amour impossible, tiré d’un livre de Catherine Angot que j’ai beaucoup aimé. J’y serai avec Niels Schneider qui a, lui, récemment décroché un César. C’est l’histoire d’une mère qui ne voit pas l’inceste. Puis, je tourne une coproduction belge avec Joachim Lafosse qui adapte également un livre de Laurent Mauvignier, Continuer, que j’avais également adoré. J’y serai encore une mère mais c’est normal, je vais avoir 40 ans. Pour les gens qui aiment lire, il faut découvrir ce livre. Il a une grandeur d’âme et arrive à rendre l’intime universel. Beaucoup de cinéastes s’y intéressaient, et moi également. L’auteur nous a demandé à Joachim et à moi de nous lancer dans cette aventure.

PRIS DE COURT image 1 (c) CLAIRE NICOL - CHRISTMAS IN JULY - AD VITAM
© CLAIRE NICOL

Bulles de Culture : Nous avons récemment chroniqué Pris de court que nous avons vu en Belgique et…

Virginie Efira : (Elle coupe) Ah, c’est bien mais vous n’étiez pas nombreux. C’est déjà bien qu’il soit sorti en Belgique car c’est un petit film. Mais globalement, il a bien marché.

Bulles de Culture : Quelles scènes avez-vous préférées tourner dans ce film ?

Virginie Efira : Les scènes de famille avec les deux enfants. C’est l’histoire d’une mère extrêmement fragilisée par son aîné qui dérive. Elle ne sait pas comment l’aider et c’est un mélange de fracture et de douceur. Comment faire avec son grand amour et la constatation de mal-être ? Ce qui est pas mal, c’est qu’on ne sait pas exactement ce que ça va donner avant de jouer.

Bulles de Culture : En parlant de jouer, les enfants du film étaient très bien.

Virginie Efira : Oui, ils étaient déments. Le plus jeune était très naturel, juste sans en rajouter. C’était Depardieu.

“C’est intéressant de durer et de passer des étapes”

 

Bulles de Culture : Redoutez-vous cette période creuse où on dit qu’une actrice n’est plus fraîche pour jouer une maman et pas encore assez âgée pour être une grand-mère ?

Virginie Efira : J’ai en tête deux choses. Premièrement, j’ai commencé tard. Je n’avais pas 20 ans mais peut-être 32. On ne m’a pas vu perdre mes 20 ans. Ce qui est intéressant est finalement de durer et de passer ces étapes. Des choses nous échappent et d’autres naissent aussi. Ce n’est pas extrêmement valorisé dans notre société mais il faut dire que le cinéma français permet de faire des choses différentes. C’est un cinéma moins soumis aux contingences commerciales. Mes plus beaux rôles sont maintenant : plus multiples, plus complexes. Avant non, j’en étais probablement responsable mais peu importe, avançons. Si on continue finalement d’avoir des rôles, c’est grâce à la manière dont on envisage le cinéma et le rôle de la femme. Si on croit aux choses à raconter : les désirs, la sexualité, des choses larges.

Bulles de Culture : Des rôles plus intéressants ?

Virginie Efira : Non, pas plus mais tout autant. Il y a plusieurs types de féminité et il ne faut pas rester cloisonnée à un endroit. Il y a place pour énormément de jeunes cinéastes qui nous aident. Le féminin ne s’arrête pas à un certain âge. Pour être tout à fait honnête, j’aurai 40 ans dans deux semaines et je sens que plein de choses vont être en mouvement (Rires). Il faut juste rester lucide sur son âge. Il faut faire avec et l’assumer. Le film L’Avenir avec Isabelle Huppert m’a rassuré sur le fait de vieillir. Si on aime des choses et qu’on reste curieux, on peut avancer. J’ai tourné avec Paul Verhoeven qui a 78 ans et il n’est pas vieux car c’est quelqu’un de curieux. Par ailleurs, il n’y a pas 12 000 Isabelle Huppert et cela correspond à la visibilité de la femme de 60-70 ans dans la société en général, mais heureusement, le cinéma français a, grâce à son économie, la possibilité de proposer des films différents racontant des choses sur tous les âges. Tout dépend surtout de comment la personne estime que l’âge est une faille.

Bulles de Culture : De toute façon, on a pas l’impression que vous faites partie de la catégorie d’actrices obsédées à l’idée d’aller au Festival de Cannes

Virginie Efira : Non car j’ai fait des films du marché, plus normatifs, et Cannes met en exergue une certaine recherche cinématographique. J’y suis allée pour Victoria et Elle. Mais c’est aussi important de passer par là quand on a un film “différent” entre les mains… Est-ce un aboutissement cependant ? Non, il en reste plein d’autres. Le plus important est de s’empêcher le confort, la reproduction du même produit. Et le pouvoir, lui, est évanescent et très peu palpable… Il est plus immédiat à la télévision mais j’ai quitté ce monde car je voulais partager plus de choses avec les gens.

Propos recueillis le 22 avril 2017 au Télévie 2017.

 

En savoir plus :

Luigi Lattuca

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
Journaliste culturel fasciné par les comportements humains, aimant se retrouver défendant le ciné en solo et se délectant aussi de séries télé et d'essais percutants.

TOP 3 TV : "Desperate Housewives" (2004-2012), "Revenge" (2011-2015), "2 Broke Girls" (2011-...)
TOP 3 Cinéma : "Batman, le défi" (1992), "La Belle et la Bête" (1991), "8 Femmes" (2002)
TOP 3 Littérature : "Le bilan de l'intelligence" (1935) de Paul Valéry, "Robert des noms propres" (2002) d'Amélie Nothomb, "A nous deux, Paris !" (2012) de Benoît Duteurtre

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