//insérer vidéo facebook
enfr
Accueil / CINEMA / [CRITIQUE] “Rodin” (2017), lenteur sculpturale par Jacques Doillon

[CRITIQUE] “Rodin” (2017), lenteur sculpturale par Jacques Doillon

Rodin de Jacques Doillon est présenté au Festival de Cannes 2017 en compétition officielle. Vincent Lindon concourt pour obtenir un second prix d’interprétation avec La Loi du Marché de Stéphane Brizé. Notre avis et critique sur le film. 

Synopsis :

À Paris, en 1880, Auguste Rodin (Vincent Lindon) reçoit enfin à 40 ans sa première commande de l’Etat : ce sera La Porte de L’Enfer composée de figurines dont certaines feront sa gloire comme le Baiser et le Penseur. Il partage sa vie avec Rose (Séverine Caneele), sa compagne de toujours, lorsqu’il rencontre la jeune Camille Claudel (Izïa Higelin), son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité.

Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Il fait face et au refus et à l’enthousiasme que la sensualité de sa sculpture provoque et signe avec son Balzac, rejeté de son vivant, le point de départ incontesté de la sculpture moderne.
À 60 ans, enfin reconnu, il devient le sculpteur le plus célèbre avec Michel-Ange.

Le Rodin, côté ennui

rodin photo film
© Christophe Beaucarne / Les Films du Lendemain

Malaise pour le Rodin qui est censé dépeindre l’intensité créatrice du sculpteur à un moment clé de sa carrière. Lui qui vivait dans la déshérence du succès face à ses collègues plus chanceux, il a enfin la possibilité de montrer son talent. La rencontre qu’il va faire avec Camille Claudel va cependant bouleverser son plan de carrière.

Au lieu de mettre en avant les contradictions passionnelles de l’artiste, Jacques Doillon préfère enfermer le spectateur dans un schéma autarcique, l’isolant avec Rodin durant tout le film dans son austère atelier. C’est délétère à souhait.  En plus de cette ambiance pesante, le récit est ponctué de dialogues nombrilistes sans passion. On ne rentre absolument pas dans l’oeuvre.

rodin photo film
© Christophe Beaucarne / Les Films du Lendemain

Vincent Lindon n’arrive pas du tout à incarner cet artiste de renom. On y voit constamment les traits de l’acteur, avec cette attitude lascive, prédominer sur le personnage qu’il cherche à jouer. La jeune Izïa Higelin avait la tâche impossible de passer derrière Juliette Binoche et Isabelle Adjani qui avaient toutes les deux incarnée la muse de Rodin au cinéma. Sans une réelle direction, elle n’arrive pas à mettre de l’émotion dans ce rôle.

Au final, on s’ennuie durant les deux heures de ce Rodin. Une belle déception !

En savoir plus  :

  • Date de sortie France : 24/05/2017
  • Distribution France : Wild Bunch
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

Laisser un commentaire