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[CRITIQUE DVD] « Rocco » (2016) de Thierry Demaizière et Alban Teurlai

Sortie en DVD et Blu-Ray d’un documentaire étonnant qui fait le portrait du roi de la pornographie : Rocco Siffredi. Notre avis.

Synopsis :

Rocco Siffredi est à la pornographie ce que Mike Tyson est à la boxe : une légende vivante. Sa mère aurait voulu qu’il soit curé, il est devenu acteur porno avec sa bénédiction, consacrant sa vie à un seul dieu : le Désir. Hardeur au destin exceptionnel, Rocco plonge dans les abîmes de son addiction au sexe et affronte ses démons dans ce documentaire en forme d’introspection.

Rocco, un homme de sexe meurtri et torturé

 

ROCCO critique documentaire film critique
© Emmanuel Guionet
Dans les bonus de ce DVD, on trouve une interview des deux réalisateurs (Thierry Demaizière et Alban Tuerai) qui expliquent qu’en venant tourner ce portrait, ils s’attendaient à voir Rocco les recevoir du haut de son trône de roi du porno, se vantant de ses 1500 films et 5000 partenaires. C’est aussi ce qu’on attendait en regardant ce documentaire. Le résultat est tout autre.
Les premières images donnent le ton : le corps de Rocco, en gros plan, et en voix off, l’icône qui se confie sur ses démons, comme s’il était dans le cabinet d’un psychologue. Se servant de la caméra comme d’une thérapie, il raconte son enfance, dont la mort de son frère, la douleur de sa mère, mais aussi évidemment la découverte de sa sexualité. A l’image, on le voit tantôt travailler sur ses films, tantôt exercer son rôle de père de famille.
ROCCO critique documentaire film critique
© Emmanuel Guionet
Au-delà de l’exercice intéressant pour les psychanalystes, on découvre un homme lucide sur son addiction au sexe qui frôle la perversion : Rocco se demande même s’il ne cherche pas la mort en laissant son désir tout contrôler. Ce sexe devenu iconique dans la pop culture ressemble parfois à une malédiction. Tout au long du film, il en souffre autant qu’il en jouit. Eros et Thanatos forment décidément un bien étrange couple.

Le milieu du porno sans complaisance

 

ROCCO critique documentaire film critique
© Emmanuel Guionet
Les réalisateurs, Thierry Demaizière et Alban Teurlai, ont suivi Rocco sur les tournages de ses films, qu’il réalise et dans lesquels il joue. Leur caméra, sans fascination lubrique ni jugement de valeur, pose un regard parfois dérouté et déroutant sur l’industrie du X. Et si ce n’est pas le sujet principal du film, c’est probablement le plus dérangeant. Notamment quand une actrice fond en larmes, sans trop savoir pourquoi, alors qu’elle est épuisée d’avoir tourné trop de scènes.
Il y aurait beaucoup à dire sur les femmes dans le porno. Disons simplement que Kelly Stafford, actrice porno qui se revendique féministe et qui doit tourner dans le dernier film de Rocco Siffredi, mériterait certainement d’avoir son documentaire elle aussi. Autre personnage secondaire notable, Gabriele, cousin de Rocco, qui vit à travers lui et qui se veut réalisateur, mais qui oublie parfois d’allumer la caméra quand il tourne. Il joue malgré lui le rôle de comic relief dans un documentaire finalement assez sombre, tant par l’homme qu’il présente que par le milieu dans lequel il évolue.
ROCCO critique documentaire film critique
© Emmanuel Guionet
Ceux qui cherchent à s’émoustiller peuvent passer leur chemin. Sur la forme, rien à dire : la caméra se tient toujours à la bonne distance. Dans les bonus, deux interviews : une de Rocco, dans la continuité, qui parle sa réaction au film, et une autre des deux réalisateurs, plus courte, qui explique la genèse mais aussi la réception de ce portrait : à leur grande surprise, Rocco est plus apprécié par les femmes que par les hommes.

En savoir plus :

  • Disponible en DVD/Blu-Ray chez TF1 Studio à partir du 04/04/2017

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