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[CRITIQUE] “Adieu Mandalay” de Midi Z : Immigration clandestine et amour tragique à Bangkok

Notre avis sur Adieu Mandalay (再見瓦城) de Midi Z, un drame amoureux au cœur de l’immigration clandestine birmane à Bangkok.

Synopsis :

Liangqing (Wu Ke-Xi) et Guo (Kai Ko), deux jeunes birmans, émigrent clandestinement en Thaïlande. Tandis que Liangqing trouve un emploi de plonge dans un restaurant de Bangkok, Guo est embauché dans une usine textile. Sans papiers, leur quotidien est plus que précaire et le jeune couple ne partage pas les mêmes ambitions : si Guo veut gagner assez d’argent pour retourner en Birmanie, Liangqing est prête à tout pour obtenir un visa de travail et échapper à sa condition.

Adieu Mandalay :
L’Eldorado thaïlandais

 

Alors que la question de l’accueil des immigrés reste un sujet brûlant en France, il est toujours intéressant de voir comment cette situation est vécue dans d’autres pays. Ainsi, dans le long métrage L’autre côté de l’espoir, le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki proposait récemment avec “son humour pince-sans-rire [la description du] parcours absurde d’un immigré en Europe”.

De même, dans le film Adieu Mandalay, le réalisateur taïwanais Midi Z qui a vécu une partie de sa vie en Birmanie propose de suivre les pas de deux émigrés clandestins birmans partis tenter leur chance en Thaïlande.

Les galères de l’immigration
et le drame d’un amour impossible

 

Le film Adieu Mandalay raconte l’histoire de deux personnages, Liangqing qui a fait des études jusqu’au lycée, et “son” compagnon de route Guo venus tentés leur chance à Bangkok. Ce versant social du film décrit à travers eux et avec moult détails les galères de l’immigration : les filières clandestines, les pots-de-vins, les trafics de faux papiers, le travail au noir, les descentes de police, la prostitution…

En parallèle, le film raconte aussi la rencontre de ces deux êtres que tout oppose. Car l’un, Guo, rêve d’amasser suffisamment d’argent pour rentrer au pays et fonder un foyer avec Liangqing dont il est tombé amoureux. Mais l’autre, Liangqing, est plus ambitieuse et est prête à tout pour rester en Thaïlande pour changer le destin auquel sa condition d’ouvrière la prédestine. Cette union impossible est notamment symbolisée métaphoriquement dans le film par une scène dans une usine de textile où une multitude de fils tendus les séparent.

Un long métrage
réaliste et métaphorique

 

Côté mise en scène, le réalisateur Midi Z cadre très souvent dans des longs plans et de face ses personnages, particulièrement celui de Liangqing. Celle-ci s’avance vers nous ou est accompagnée par la caméra dans des mouvements arrières. Un choix de cadrage subtil qui fait que nous ne voyons jamais l’horizon auquel Liangqing aspire tant.

Mais cette approche réaliste du film n’empêche pas non plus Midi Z de basculer à certains moments totalement dans la fiction, notamment dans deux scènes très surprenantes. La première est une scène de prostitution dans une chambre d’hôtel symbolisée une sorte de gros lézard. La seconde est une séquence finale où une explosion de violence silencieuse qui vient clôturer sans prévenir le film.

Ainsi, entre la chronique sociale et le drame amoureux, l’auteur-réalisateur Midi Z signe avec le long métrage Adieu Mandalay un quatrième film réaliste et métaphorique particulièrement réussi.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 26/04/2017
  • Distribution France : Les Acacias
  • Adieu Mandalay a reçu le Prix du Meilleur Film à la Semaine Internationale de la Critique de la Mostra de Venise 2016 et le Grand Prix du Long-Métrage au Festival International du Film d’Amiens 2016
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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