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[CRITIQUE] “Hippocrate” (2014) de Thomas Lilti : Quoi de neuf, docteur ?

Vincent Lacoste a grandi depuis Les Beaux Gosses (2009), il est maintenant interne des Hôpitaux de Paris. Son père, c’est un chef de service joué par Jacques Gamblin. Durant son apprentissage, Vincent va très vite se lier d’amitié avec un interne étranger interprété par Reta Kateb. Hippocrate , diffusé ce mardi soir sur France 2, sera donc l’histoire de cette rencontre et de l’initiation de Vincent Lacoste dans un univers hospitalier décrit de manière presque documentaire par le réalisateur Thomas Lilti.

Synopsis :

Benjamin (Vincent Lacoste) va devenir un grand médecin, il en est certain.  Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père (Jacques Gamblin), rien ne se passe comme prévu.  La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel (Reta Kateb), est un médecin étranger plus expérimenté que lui.  Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel.  Son initiation commence.

Hippocrate :
Le long chemin de l’apprentissage

 

© Jair Sfez

La première scène du film est très révélatrice du sujet du film. Le réalisateur Thomas Lilti colle aux basques du jeune interne Benjamin Barois (Vincent Lacoste) qui se déplace dans les dédales d’un hôpital à la recherche de son service. C’est son premier stage en hôpital dans le service de son père, Le Professeur Barois (Jacques Gamblin). Et dès ce premier jour, il est déjà perdu.

La caméra le suit de dos puis très vite, le récupère de face, égaré : métaphore de l’entrée dans l’âge adulte où il faut chercher sa place. Ainsi, au fur et à mesure de l’avancée du récit, Benjamin va apprendre que la pratique n’a rien avoir avec la théorie et que le chemin de l’apprentissage est parsemé d’obstacles (limites, doutes et peurs).

Un souci de réalisme

 

© Jair Sfez

Si ce sont plutôt les séries Urgences et Dr House qui viennent très vite à l’esprit lorsque la fiction traite le milieu hospitalier, c’est plutôt le très beau film de Michel Deville, La maladie de Sachs (1999), sur un médecin généraliste de province interprété par Albert Dupontel qui me revient en mémoire en voyant le film de Thomas Lilti.

Si le réalisme du film de Deville inspiré du livre éponyme de Martin Winckler se ressentait par l’impression de voir des situations inspirées du réel, ce même souci de réalisme se retrouve chez Thomas Lilti à travers sa façon de le mettre en scène.

Ici, la caméra est toujours en mouvement. Comme pour un documentaire, elle laisse les gens aller et venir à leur guise, se contentant juste de capter des scènes jouées par les comédiens au milieu de soignants jouant leur propre rôle.

Une caméra au plus près des comédiens

 

© Jair Sfez

Thomas Lilti filme au plus près les comédiens, jusqu’à capter presque le grain de leur peau, pour les rendre encore plus vivants, en faire des êtres de chair et de sang. Et cette quête de réalisme du réalisateur se trouve à l’origine même du projet.

Comme Martin Winkler, Thomas Lilti a aussi été médecin. Aussi, son choix de tourner ce film  dans l’hôpital où il a pratiqué n’est nullement anodin : filmer l’envers du décor, les coulisses de ce qu’il connaît le mieux.

C’est ainsi que de temps en temps, la caméra se permet quelques échappées hors du récit pour filmer la vie de l’hôpital hors-champ, son fonctionnement mais sans jamais le faire en plan large mais toujours en plan serré pour toujours rester au plus près.

Un casting au top

 

© Jair Sfez

Côté casting, c’est un vrai plaisir de revoir certains comédiens. Alternant entre productions françaises et internationales, Reta Kateb (Un prophète, Zero Dark Thirty) interprète ici un médecin expatrié. Toujours aussi excellent, il fait partie de ces comédiens dont la voix habite les films.

De son côté, le jeunot Vincent Lacoste (Les Beaux gosses, Camille redouble) confirme tout son talent dans le rôle du jeune interne.

Enfin, un film avec Jacques Gamblin (Le premier jour du reste de ta vie, Le Nom des gens) est toujours un gage de qualité. Premier rôle ou second rôle, il est toujours aussi investi.

Un très beau film
à prescrire sans modération

 

Le film suit donc les péripéties du duo Vincent Lacoste/Reda Kateb et en profite pour traiter des différents sujets actuels sur la santé (la fin de vie, la solitude, les médecins expatriés, etc.) jusqu’au climax du film où une menace de grève amène le sujet des coupes budgétaires qui ont considérablement dégradé les conditions de travail.

Mais cette thématique sociale reste sous-jacente, le film traite surtout le récit d’un jeune homme qui cherche à s’accomplir et d’une belle amitié entre deux amis.

Film de clôture de la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes et Valois d’or du Meilleur Long-métrage au récent Festival du film francophone d’Angoulême, Hippocrate de Thomas Lilti est un très beau film à prescrire sans modération pour la rentrée.

 

 

 

En savoir plus :

  • Hippocrate est diffusé sur France 2 le mardi 14 mars 2017 à 20h55 dans le cadre d’une soirée continue “Devenir médecin aujourd’hui”
  • Date de sortie France : 03/09/2014
  • Distribution France : Le Pacte
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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Un commentaire

  1. Très bon film qui donne à réfléchir sur le métier de médecin et le tout avec humour et intelligence. Les acteurs sont très bons et jouent avec beaucoup de naturel.

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