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Jeremy Ferrari affiche

[CRITIQUE] « Vends deux pièces à Beyrouth » de Jérémy Ferrari, on peut rire de tout

Jérémy Ferrari fait partie des dizaines d’humoristes médiatisés il y a quelques années grâce à l’émission de France 2 On n’demande qu’à en rire. Après un premier spectacle salué par la critique, le trentenaire à l’humour plus noir que son T-shirt revient sur scène avec un deuxième spectacle : Vends deux pièces à Beyrouth. Jérémy Ferrari se serait-il essoufflé ? Assurément non. Notre avis. 

Jeremy Ferrari - Vends deux pièces à Beyrouth

 

Vends deux pièces à Beyrouth : Un rire argumenté

 

Une fois installé dans la salle, le public est plongé dans une ambiance chaotique. Des bombardements font vibrer le théâtre tout entier : le ton est donné. Soudain, des effets de lumière d’une puissance inouïe électrisent les Folies Bergères et l’ombre de Jérémy Ferrari apparaît en fond de scène. Le spectacle peut commencer.

Si vous ne connaissez pas Jérémy Ferrari, sachez qu’il donne dans l’humour noir. Il est engagé (non pas politiquement, mais il a des convictions personnelles fortes), et n’hésite pas à dire ce qu’il pense, sans aucun filtre. C’est ce côté excessif qui fait tout le charme de ses spectacles.

Son autre signe caractéristique est le travail de documentation qu’il fournit en amont de l’écriture de ses spectacles. Car chacun de ses spectacles a un thème : les religions pour son premier spectacle Hallelujah Bordel ; le terrorisme pour celui-ci.

Entre stand-up et interprétation

 

Les sketchs alternent entre interprétation de personnages et stand-up. Le public, parfois pris à parti, est hilare du début à la fin d’un spectacle parfaitement construit. Comment peut-on rire du terrorisme ? Jérémy Ferrari pense que l’on peut rire de tout, et le spectacle Vends deux pièces à Beyrouth en est la preuve.

En guise d’introduction, notre humoriste ardenois prodigue des conseils au public en cas d’attaque terroriste pendant le spectacle, un peu à la Gaspard Proust dans son dernier spectacle. Puis les sketchs s’enchaînent. Ferrari se met dans la peau du pompiste qui intercepte les assaillants de Charlie Hebdo lors de leur fuite. Quelques sketchs plus tard, il imagine une école de formation au djihad. Enfin, il n’hésite pas à ridiculiser l’armée française ou à critiquer certaines ONG.

Malgré des sujets borderlines, Jérémy Ferrari ne donne jamais l’impression d’aller trop loin, grâce à une écriture et un jeu d’un talent inouï. Les places sont rares, mais notre petit doigt nous dit qu’un nouveau spectacle, sur le thème du médical, serait en cours d’écriture…

Cet article vous est proposé par Tony Comédie, un blog sur l’actualité du théâtre musical invité par Bulles de Culture.

 

 

En savoir plus :

  • Vends deux pièces à Beyrouth aux Folies Bergère (Paris, France) du 19 au 29 janvier 2017. Puis tournée en France (Strasbourg, Lille, Niort, Bordeaux, Nantes, Tours, Besançon, Grenoble, Saint-Étienne, Montpellier, Toulouse, La Réunion, Marseille…) et en Suisse (Lausanne, Genève)

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