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T2 Trainspotting affiche

[CRITIQUE] « T2 Trainspotting » (2017) de Danny Boyle

20 ans plus tard, Ewan McGregor, Ewen Bremner, Robert Carlyle et Jonny Lee Miller retrouvent Danny Boyle pour la suite du cultissime Trainspotting (1996) : T2 Trainspotting. La bande de potes punks a-t-elle bien vieilli? Fallait-il une suite? Notre critique.

Synopsis :

D’abord, une occasion s’est présentée. Puis vint la trahison. Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non. Mark Renton (Ewan McGregor) revient au seul endroit qu’il ait jamais considéré comme son foyer. Spud (Ewen Bremner), Sick Boy (Jonny Lee Miller) et Begbie (Robert Carlyle) l’attendent. Mais d’autres connaissances le guettent aussi: la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là, prêtes pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse…

 

Fallait-il faire T2 Trainspotting ?

 

T2 Trainspotting photo 1
© 2016 CTMG, Inc. All Rights Reserved

 

Quand on a eu un tel succès au premier essai, il est difficile de résister. Danny Boyle a malgré tout pris son temps et quand  on voit le résultat, il a eu raison. Sans verser dans la provocation et donner dans l’irrévérencieux comme le premier (alors interdit aux moins de 16 ans), T2 Trainspotting  réussit à avoir un vrai propos et une vraie raison d’être. Comme si, à l’instar des protagonistes qui ont pris de l’âge, le réalisateur et son scénariste fétiche John Hodge ont fait maturer un vin jusqu’à ce qu’il soit à point.

 

Pourquoi ça marche?

 

T2 Trainspotting marche parce que Danny Boyle utilise la bonne recette. Il réussit le parfait équilibre entre plans serrés, des angles de prises de vue particuliers et montage hyper dynamique pour donner un film parfaitement rythmé, avec une bande son toujours aussi soignée. La maîtrise de cet exercice s’illustre par le fait que tous les plans, même les plus farfelus semblent évidents. On ne sombre pas dans le gimmick et ça fait du bien.

 

T2 Trainspotting photo 1
© 2016 CTMG, Inc. All Rights Reserved

 

Ce qui fait du bien aussi, sans doute parce que ce serait vraiment pénible avec l’âge d’en être encore là, on a du gore en moins. Disons-le carrément, le type de scène qui ferait passer celle des toilettes de Pattaya (2016) pour du pipi de chat ne nous manque pas.

À croire que Danny Boyle a conservé pour T2 Trainspotting son goût du réalisme, et un peu moins celui de nous secouer à tout prix les tripes. Il dissémine ça et là des clins d’œil dans le film, qui ne parlent pas forcément à ceux qui n’ont pas vu le premier, sans pour autant les gêner, tandis qu’ils marquent une évolution des personnages pour les adeptes de ce film culte des années 90. Et au lieu de se contenter d’un flashback, il fait pire et mieux qu’Hollywood, il rajoute le prequel à sa suite, apportant, se faisant, une dimension quasi-familiale à toute l’histoire.

On peut donc voir T2 Trainspotting sans avoir vu Trainspotting, bonne nouvelle, même s’il n’est pas impossible qu’on ait envie de savoir comment ils en sont arrivés là. Gageons que la VOD va exploser.

 

Qui a le mieux vieilli?

 

De la première mouture, ne restent donc que quatre garçons plus tout à fait dans le vent, Kevin McKidd (Tommy) ayant tragiquement disparu dans le premier volet et jouant désormais les docteurs torturés dans Grey’s Anatomy – Eh oui c’est lui le Dr Hunt-. Si Ewan McGregor reste le personnage central, ses acolytes prennent plus d’envergure. Il faut dire que T2 Trainspotting est beaucoup moins axé sur la description d’une certaine jeunesse et des maux qui faisaient l’air du temps, que sur l’emprise que celui-ci a sur les gens.

 

T2 Trainspotting photo 1
© 2016 CTMG, Inc. All Rights Reserved

 

Si en termes de succès les acteurs du premier ne s’en sont pas tous sortis égaux, physiquement, ils tiennent plutôt bien le coup et au niveau talent de T2 Trainspotting, ça ne se dément pas. Ewen Bremner (Spud) est excellent en simplet . Il arrive même à être stylé malgré ses accoutrements improbables et son physique peu avantageux: la fameuse élégance typiquement british!  Jonny Lee Miller est toujours aussi beau et bête. Mention spéciale à Robert Carlyle, qui a subi la plus grosse transformation.

On se demande d’ailleurs si, première option,  elle est voulue, l’acteur de The Full Monthy (1997) étant connu pour son envie de coller au personnage.  2e option, c’est l’œuvre du temps et rien que cela justifie les 20 ans d’écart entre les 2 films. Quelle chance d’avoir un acteur qui rempile aussi bien dans son rôle. Begbie l’enragé, on ne l’imagine juste pas vieillir autrement.

Une petite nouvelle, Anjela Nedyalkova, arrive quand même à se faire une place dans toute cette testostérone. Elle ramène un vent de fraîcheur à l’histoire, avec son joli minois qui sent bon les embrouilles. Danny Boyle semble d’ailleurs rentrer dans ce néo-féminisme qui envahit le cinéma (Mad Max Fury Road, Suicide Squad, Rogue One,…) faisant des actrices des super jokers dans des univers très masculins.

Il faut y aller

 

Evidemment on n’est pas chez Bruel, s’ils ne se sont pas dit rendez-vous dans 10 ans. On retrouve Mark, Spud, Sick Boy et Begbie avec leur terrible accent, leurs défauts qui les rendent attachants. Le film évoque l’influence du temps. Celui qui passe, ceux qu’on perd, avec un hommage en toute finesse à Bowie. Change-t-on fondamentalement dansT2 Trainspotting ? Danny Boyle quant à, lui entre-temps, est passé d’aspirant à maître dans l’art de raconter des histoires. On est content que que l’opportunité se soit présentée, même 20 ans plus tard. L’esprit du premier film est là, donc, il n’ y a pas de trahison.Et ça, ça vaut largement le déplacement.

 

 

En savoir plus:

  • Date de sortie France : 01/03/2017
  • Distribution France : Sony Pictures Releasing France

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