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[CRITIQUE] « Silence » (2017) de Martin Scorsese

Après Le loup de Wall Street (2013) et un petit détour par la télévision pour lancer la série Vinyl (2016), le prolifique Martin Scorsese revient sur grand écran avec le film Silence. Andrew Garfield quitte la combinaison de Spiderman et Adam Driver laisse reposer le masque de Dark Vador pour un nouveau classique ? Qu’en dira le box-office ? Notre avis.

Synopsis :

XVIIe siècle, deux prêtres jésuites (Andrew Garfield et Adam Driver) se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le Père Ferreira (Liam Neeson), disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est déclaré illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

Martin Scorsese fait ce qu’il veut…

 

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© Kerry Brown

 

Ou presque, car il aura fallu 28 ans à Martin Scorsese pour enfin porter à l’écran l’adaptation du roman Silence (1966) de Shūsaku Endō. On aurait pu penser que celui à qui on doit autant de grands succès – on ne va pas les citer, il y en a trop – pourrait d’un claquement de doigts réaliser tous les films qu’il veut. Ce n’est pas tout à fait le cas.

Avec cette histoire de jésuites, il plonge dans cette vague actuelle faisant du Clergé un sujet qui fait des incursions surprises au box-office. Les 28 ans d’attente attestent néanmoins d’une détermination sans faille. On ne peut donc qu’être d’autant plus curieux d’aller voir le résultat !

Silence, un chef d’œuvre en salles ?

Martin Scorsese fait bien
ce qu’il veut avec Silence

 

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© Kerry Brown

 

Mis à part la qualité douteuse de la perruque de Ciarán Hinds – qui joue le rôle du Père Valignano, il n’ y a pas grand chose à redire quant à la réalisation du film. Monsieur Martin Scorsese met comme toujours tout son savoir au service de l’histoire.

Et lorsqu’on sait qu’il a adapté le fameux roman avec l’aide de Jay Cocks, scénariste sur Le temps de l’innocence (1993) et Gangs of New-York (2002), on comprend qu’il y ait peu de déchet dans le scénario en lui-même.

Des plans magnifiques opposent la beauté et la force de la nature à la laideur de la torture. On est très loin des représentations opulentes que l’on associe généralement au Japon. Si tout le film est dans une certaine sobriété, le soin apporté aux costumes des autorités japonaises est à l’image de tout le film : faussement dépouillé, hautement précieux.

Monsieur Scorsese choisit
plutôt bien ses acteurs

 

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© Kerry Brown

 

Pour le film Silence, réalisateur Martin Scorsese s’est adjoint les services d’excellents acteurs du coin :

  • Shinya Tsukamoto, aussi réalisateur, devient Mokichi, un chrétien héroïque ;
  • Issei Ogata, dans le rôle d’Inoué l’inquisiteur, est dans la digne lignée des méchants qu’on aime détester ;
  • dans la peau de Kichijiro, personnage complexe, Yōsuké Kubozuka est un acteur qu’on aimerait revoir ;
  • quant à Tadanobu Asano (47 Ronin, Thor), l’interprète, il est cruel à souhait.

Du côté « occidental » du long métrage Silence, Liam Neeson, glisse avec son élégance habituelle dans ce rôle de mentor dont la foi a été mise à mal. Il n’est pas sans nous rappeler un certain Ra’s al Ghul dans son costume oriental (encore un mentor qui tourne mal ?).

Adam Driver et son physique particulier est toujours aussi juste.

Quant à Andrew Garfield, sa recherche de crédibilité en tant qu’acteur est à la hauteur des litres de larmes versées. On ne doute pas qu’il en a bavé, mais cela fait-il de lui l’acteur de l’année ? Après l’immense Robert de Niro et le pas moindre Leonardo DiCaprio, il n’est pas sûr que le côté Geppetto qui sommeille en Scorsese ait trouvé un nouveau Pinocchio…

Martin Scorsese nous pousse
à la réflexion…

 

Avec le sujet d’un film qui peut être perçu comme un film d’aventure, mais n’a rien d’un Indiana Jones au pays du soleil levant. Le long métrage Silence est un questionnement sur la foi, celle des uns et des autres,  dans un monde d’aujourd’hui où celle-ci est prise comme prétexte pour commettre les pires exactions, où les uns semblent penser que la leur est plus importante que celle des autres.

Le film Silence ne traite donc pas de choses nouvelles. Évidemment, nous en sommes bien conscients. Mais les voir ainsi portées à l’écran peut-il nous amener à nous poser des questions ? Relatant ces événements du XVIIe siècle et sachant ce qui a déjà été fait et ce que cela a donné, le film va donc au-delà du divertissement pour nous interroger sur le pourquoi nous ne faisons rien pour changer ces choses.

Alors oui, Martin Scorsese fait ce qu’il veut, le fait très bien et peut même se payer le luxe d’être un objecteur de conscience. Et s’il lui a fallu 28 ans pour réaliser ce film, le sujet est on ne peu plus actuel.

Aurions-nous prêté autant d’attention à ce film s’il était sorti en 2002 ?

Un africain vous dira tout simplement que « le vrai temps est le temps de Dieu ».

Mais quel Dieu ?

Chacun a le sien et au final, le message de ce film n’est-il pas que la foi reste quelque chose de très personnel ?

 

 

En savoir plus:

  • Date de sortie France : 08/02/2017
  • Distribution France : Metropolitan FilmExport

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2 Commentaires

  1. Bonjour,

    belle critique, mais une petite coquille dans le texte vers la fin. Tu écris XIIe siècle au lieu de XVIIe siècle 🙂

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