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L'indolente

[CRITIQUE] « L’indolente » (2016) de Françoise Cloarec

Françoise Cloarec est peintre, psychanalyste et écrivain. Elle est notamment l’auteur de Séraphine. L’indolente est sélectionné pour recevoir le Prix des lecteurs au Salon du Roman Historique de Levallois 2017, dont Bulles de Culture est partenaire. Notre avis et critique sur le livre.  

Synopsis :

Qui est Marthe Bonnard ?
Toujours jeune, souvent nue, on la voit sur les toiles des plus beaux musées du monde, pourtant elle reste mystérieuse. Elle se dissimule dans la lumière du peintre Pierre Bonnard, avec qui elle partage sa vie entre 1893 et 1942. Durant cette période, le couple voyage beaucoup, au rythme de la santé fragile de Marthe, et noue des amitiés dans le monde de l’art – Monet, Vuillard, Signac, Matisse…
Derrière les couleurs, le « peintre du bonheur » cache ses fantômes et ceux de sa femme. Ensemble ils n’auront pas d’enfant, mais ils feront une oeuvre.
À la mort de Pierre, veuf depuis cinq ans, leur histoire d’amour déclenchera une affaire judiciaire retentissante, émaillée de divers rebondissements. Car l’orpheline qui se disait être Marthe de Méligny avait une famille et un autre nom.

L’indolente :
Voyage au début du XXème siècle

 

Dans L’indolente, Françoise Cloarec nous invite à un voyage aux côtés des artistes de l’époque. Elle augmente notre connaissance sur l’œuvre du peintre, sa palette de couleurs ou encore ses motivations à peindre les choses et les décors de la vie.

On découvre également que Pierre Bonnard est à l’origine d’une loi sur le droit moral du peintre sur son œuvre. Cette loi permet enfin de voir l’artiste comme propriétaire de son tableau jusqu’à ce qu’il le juge terminé. Pierre Bonnard pouvait ainsi garder des années des tableaux dans son atelier avant de les finaliser.
A sa mort, la valeur des œuvres ainsi conservées s’estimera à plusieurs centaines de millions de francs, donnant lieu à une féroce bataille entre les héritiers. Cette bataille sera parfaitement retranscrite par Françoise Cloarec.

Marthe Bonnard, une obsession

 

Omniprésente dans les tableaux de son mari, Pierre Bonnard, peinte habillé ou non, et dans toutes les positions. Marthe Bonnard reste pourtant une totale inconnue, réfugiée derrière une identité qu’elle s’est choisie très tôt, le jour de sa rencontre avec Pierre en 1893. Ce n’est qu’à la mort du peintre, que la succession mettra à jour les mensonges de Marthe.

Malgré toutes ses recherches, malgré les témoignages des descendants de ceux qui ont côtoyé le couple, rien ne permet de compléter ce mystère. Et c’est tout simplement remarquable que ce couple, très exposé, très en vue à l’époque parvienne à garder son mystère malgré le scandale généré par le règlement de la succession dans les années 50.

Mais cette investigation de la part de l’auteure est surtout l’occasion de nous donner à voir un couple tout à fait extraordinaire pour cette époque.

En effet, le couple Bonnard est très ancré dans la modernité. Pierre Bonnard, contrairement à ses prédécesseurs impressionnistes, est un peintre qui connaît la réussite et même la gloire de son vivant. Loin de la bohème associée à la vie d’artiste, on est ici dans le confort, le luxe bourgeois.. La relation qui unit Marthe et Pierre est exclusive et survivra même aux petits travers de Pierre Bonnard.

Si l’on cherche des révélations, des réponses au mystère Marthe Bonnard, on risque de rester sur sa faim. Mais on peut aussi apprécier le fait que le mystère reste entier, afin de faire travailler notre imagination. N’est-ce pas ici le pouvoir extraordinaire de la littérature ?
Françoise Cloarec rend ainsi un bel hommage avec L’indolente à ce couple lié par l’amour mais aussi par l’art.

 

 

En savoir plus :

  • L’indolente, Françoise Cloarec, Éditions Stock, août 206, 348 pages, 20€
  • L’indolente est en lice pour le Prix des lecteurs  dans le cadre du Salon du Roman Historique de Levallois 2017

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