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[CRITIQUE] « Seuls » (2016) de David Moreau : Une fin du monde made in France

Adapté d’une série de bande dessinées jeunesse à succès, Seuls de David Moreau est un film français d’aventure fantastique pour adolescents. Notre avis sur ce long métrage.

Synopsis :

Leïla (Sofia Lesaffre), 16 ans se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu’aujourd’hui il n’y a personne pour la presser. Où sont ses parents ? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Se pensant l’unique survivante d’une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre jeunes : Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile…Mais sont-ils vraiment seuls ?

Seuls :
D’une BD phénomène à un film ambitieux

 

Prix Jeunesse 9-12 ans au Festival d’Angoulême 2007 avec l’album Seuls – Tome 1 – La disparition (2016), la série de bandes dessinées Seuls de Fabien Vehlmann (scénario) et Bruno Gazzotti (dessin) a séduit l’auteur-réalisateur David Moreau (Ils, 20 ans d’écart) qui a fait le pari d’adapter au cinéma et en prises de vue réelle le Cycle 1 de cette aventure fantastique.

Et pour se faire, il a axé son adaptation autour des cinq personnages principaux de la série :

  • l’optimiste Leïla, interprétée par Sofia Lesaffre (Les trois frères, le retour, Nous trois ou rien),
  • le solitaire Dodji, joué par Stéphane Bak (Les Héritiers, Elle),
  • le trouillard Yvan, interprété par Paul Scarfoglio (Les Grands, Un sac de billes),
  • la timide Camille, jouée par Kim Lockhart,
  • le plus jeune de la bande, Terry, interprété par Jean-Stan du Pac (La volante, Malaterra).

Et à ce casting qui fait passer l’âge des personnages de 5-12 ans dans la BD à 12-16 ans dans le film, le réalisateur a pris le parti de les caractériser différemment dans le long métrage. Ce qui est aussi le cas des méchants marquants dans le Cycle 1 que sont le Maître des couteaux (Renan Madelpuech) et Saul (Thomas Doret), développés aussi de manière différente pour le long métrage.

Un récit et un visuel plus sombres

 

Côté univers, le film Seuls reprend bien le concept originel d’un récit de fin du monde à la The Walking Dead où tout disparaît du jour au lendemain. Et si l’auteur-réalisateur David Moreau s’est appuyé sur certains personnages et sur l’univers de la série originale, il n’a pas pas non plus hésité à s’en détacher. C’est par exemple le cas avec l’ajout dans le récit d’une épais et dangereux brouillard autour de la ville, comme dans la récente série Dead Landes, les escapés. Mais dès le monologue de Leïla et le gros plan sur son casque en forme de tête de mort font que dès les premières images de Seuls, le ton du long métrage et celui de la BD diffèrent clairement. Le film Seuls offre une trame et un visuel plus sombres.

En effet, le récit dans le long métrage est plus « adulte » et axe son récit autour du personnage de Leïla plus forte et plus déterminée, à l’image des nombreux films récents avec des personnages d’héroïnes fortes et moteur du récit (les nouveaux Star WarsMad Max: Fury Road, la saga Divergente…). Et à un degré moindre, l’autre personnage fort du récit, et qui marque cet axe plus mature de cette version cinématographique, est le délinquant Dodji que Leïla et les autres rencontrent pour la première fois dans un commissariat, les menottes au poing (et non libre et au détour d’une rue comme dans la BD).

Ce qui n’empêche pas de retrouver aussi le côté fun et comique de cette tranche d’âge — comme la cuite d’Yvan ou les flirts maladroits entre Leïla et Dodji.

Une prouesse made in France
à saluer

 

Si on peut reprocher au film Seuls d’être une adaptation libre de la bande dessinée originale et de proposer une fin quelque peu classique et bancale — entre le point final à un film et une ouverture possible vers une suite selon les résultats en salles —, il faut saluer la prouesse de ses auteurs d’avoir su conserver l’esprit adolescent, aventurier, fun, drôle et fantastique de la série originale avec un casting (des acteurs francophones et peu connus) et un parti pris visuel (effets spéciaux et montage) audacieux.

Après Les Revenants dans les séries, Seuls de David Moreau inscrit enfin le cinéma français — et ce sans avoir besoin de prendre des acteurs anglo-saxons — dans un genre très en vogue dans le monde.

Vivement la suite de cette histoire de fin du monde made in France !

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 08/02/2017
  • Distribution France : StudioCanal
  • Film à partir de 10 ans
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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    Un commentaire

    1. J’en sors. Putain ce que c’est MAUVAIS….
      Avec toutes ces ressources (Budget comfortable, BD à succès, musique cool), je sais pas comment le real a réussi à se foirer à ce point….

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