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[CRITIQUE] “L’Empereur” (2017), un récit en terre australe

Après La Marche de l’Empereur (2004), récompensé par l’Oscar du meilleur documentaire, le réalisateur Luc Jacquet a renfilé ses moufles pour nous offrir, au lendemain de la Saint-Valentin le film L’Empereur (2017), un film enrichissant mais peut-être moins torride que Cinquante nuances plus sombre (2017). Notre critique.

Synopsis :

À travers le regard et les souvenirs de son aîné, un jeune manchot se prépare à vivre son premier voyage… Répondant par instinct au mystérieux appel qui l’incite à rejoindre l’océan, découvrez les incroyables épreuves qu’il devra à son tour traverser pour accomplir son destin et assurer sa survie. Marchez avec lui dans les paysages éphémères de l’Antarctique, ressentez la morsure du vent et du froid qui l’attendent à chaque pas et plongez avec lui dans les fonds marins jusqu’alors inexplorés.

L’histoire de L’Empereur se déroule en Antarctique. Ce continent a été rêvé bien avant qu’on ne le foule de notre pied. Aristote pensait que pour équilibrer notre planète, si chargée de terres en haut, il devait bien y avoir quelque chose en bas. Nommé Ant-arctique par opposition à l’Arctique, ce monde d’en bas a longtemps été que le négatif du monde d’en haut.

Ce n’est seulement qu’en 1840, lors de l’expédition à bord de l’Astrolabe pour les terres australes, que l’explorateur français Jules Dumont D’Urville, combla notre imagination par une description concrète. Il faudra attendre d’être capable d’envoyer des engins dans l’espace pour faire le portrait de ce continent.

C’est cet écosystème, dont les frontières se redessinent en permanence, selon les conditions climatiques, que nous offre la caméra de Luc Jacquet.

L’Empereur, un animal endurant qui marche encore

image l'empereur film 1
© Disney

Le décor et le casting sont restés identiques, mais le réalisateur a fait le choix d’un nouveau scénario et de quelques changements pour communiquer sa passion naturaliste.

Alors que la Marche de l’Empereur (2004) traite de l’ensemble des événements en rapport à la reproduction des Manchots empereurs (Aptenodytes forsteri), L’Empereur relate les péripéties d’un juvénile apprenant à faire face aux contraintes de son milieu.

Dans L’Empereur (2017), le mode narratif est différent du précédent opus. En effet, il s’agissait d’un récit à la première personne, dans lequel les narrateurs étaient un couple de manchots empereur et leur petit, empruntant la voix de Charles Berling (Le cœur en braille, 2016), Romane Bohringer (Le gang des antillais, 2016 ; Renoir, 2013) et Jules Sitruk (BOB et les Sex Pistaches, 2013).
Là, Lambert Wilson (L’Odyssée, 2016) offre sa voix chaleureuse pour nous narrer les péripéties de ces oiseaux claudicants.

Dans tous les cas, c’est une recette qui fonctionne et propice au film documentaire.

Un film instructif pour une prise de conscience ?

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© Disney

L’Empereur s’insère dans une période où les pratiques écologiques et une prise de conscience collective sont de mise, notamment depuis le sommet international de la COP 21. Il s’agit d’un bel outil pour ouvrir l’esprit sur des merveilles fragiles.

L’évolution a permis la sélection de stratégies permettant à la vie de se maintenir dans des écosystèmes très rudes. Fruit d’événements évolutifs qui ont opéré durant des millions d’années, la faune présente en Antarctique, tel le Manchot empereur (Aptenodytes forsteri), est un chef-d’œuvre naturel qu’il faut préserver. Pour atteindre cet objectif, il faut accumuler beaucoup de connaissances afin de répondre au mieux à ce problème contemporain.

L’Empereur (2017) de Luc Jacquet est une œuvre enrichissante exposant la beauté et la délicatesse d’un univers peu connu. Le réalisateur tend un joyau à contempler et sauvegarder.

Des images pour faire naître une ferveur naturaliste

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© Disney

Actuellement, nous constatons une perte drastique de la biodiversité. Certaines espèces, comme le Manchot Empereur (Aptenodytes forsteri) et une myriade d’environnements, se trouvent menacés.

Au cours de la longue histoire de la Terre, de tels évènements ce sont produits à cinq reprises. A l’ère où nous sommes, nous parlons de la 6ème grande crise. Celle-ci est unique car elle est exclusivement liée à l’activité humaine. Elle engendre une rapide agonie des ressources terrestres et une destruction progressive de notre planète, incubateur unique de la vie.

Bien qu’il y ait des erreurs scientifiques inhérentes à la volonté pédagogique de L’Empereur, ce récit apporte instruction, provoque émerveillement et réflexions.

Ne vous trompez pas, il ne s’agit aucunement d’un film engagé. Dans son œuvre, Luc Jacquet nous offre une histoire d’êtres vivants dont l’existence bat au même rythme que les cycles naturels.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 15/02/2017
  • Distribution France : Disney Nature
Pierre L.

Pierre L.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
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Pierre L.

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