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[CRITIQUE] « La Mécanique de l’ombre » (2016) de Thomas Kruithof

Avec La Mécanique de l’ombre, le réalisateur Thomas Kruithof signe un film d’espionnage original et au casting de haut vol : François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila et Simon Abkarian. Notre avis sur ce premier film réussi.

Synopsis :

Deux ans après un « burn-out », Duval (François Cluzet) est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, Clément (Denis Podalydès), il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets.

La Mécanique de l’ombre :
Allô, j’écoute ?

 

La Mécanique de l’ombre est donc l’histoire d’un ancien employé de bureau (François Cluzet), ancien alcoolique et depuis trop longtemps inactif, qui se voit proposer un travail un peu particulier mais qui lui permettrait de retrouver une routine de vie d’homme actif. Ainsi, chaque jour de la semaine, de 8h à 18h, il se rend discrètement dans un appartement sans vie pour y taper à la machine à écrire (!) des conversations téléphoniques enregistrées à l’insu des interlocuteurs.

Bien évidemment, comme tout thriller qui se respecte, notre héros ne pourra pas rester longtemps planqué derrière sa machine. Le film va donc forcer ce petit employé de bureau, adepte  du train-train quotidien et pépère, à se faire violence. En effet, l’écoute d’une discussion qui tourne mal pendant une campagne électorale puis les rencontres avec un homme de main violent (Simon Abkarian) et un agent de la Direction générale de la sécurité intérieure (Sami Bouajila) l’obligeront à gripper la machine d’espionnage bien huilée du mystérieux Clément (Denis Podalydès).

Mais ce qui fait tout d’abord l’intérêt et l’originalité de ce long métrage La Mécanique de l’ombre est qu’à l’heure du numérique et des révélations d’Edward Snowden sur les écoutes sophistiqués de la NSA est donc cette idée originale de l’auteur-réalisateur Thomas Kruithof d’un travail d’écoute artisanal (avec cassettes audio analogique et casque audio avec un fil) et loin des oreilles numériques . Le second étant son casting.

Une mise en scène sobre
et un très beau casting

 

Pour figurer ce milieu secret de l’espionnage, propices à tous les fantasmes, Thomas Kruithof joue la sobriété. A l’image d’Eric Rochant pour la série Le Bureau des Légendes, il décrit cet univers dans son quotidien le plus routinier auquel il ajoute une originale touche vintage avec notamment ses nombreux gros plans sur les bandes audio analogiques défilant sous l’action d’un Duval à l’écoute. Des images de services secrets très loin de celles véhiculées par des fictions telles que les séries Homeland ou 24h chrono, par exemple.

Ce choix de mise en scène met en valeur par contrepoint le magnifique casting que le réalisateur a su se constituer pour La Mécanique de l’ombre.
Dans le rôle du personnage principal, François Cluzet (Ne le dis à personne, Intouchables) prouve une nouvelle fois sa capacité à jouer les Monsieur tout-le-monde confronté à des situations extraordinaires.
Face à lui et à contre-emploi de ses rôles habituels, Denis Podalydès est impressionnant dans le rôle d’un mystérieux commanditaire d’une organisation criminelle.
A ses côtés, Simon Abkarian (Pigalle, la nuit, Kaboul Kitchen) confirme une nouvelle fois son talent à donner vie à des personnages violents et imprévisibles.
Face à eux, Sami Bouajila (Indigènes, Omar m’a tuer) en fonctionnaire à la DGSI est tout aussi excellent.
Enfin, l’italienne Alba Rohrwacher (La Belle Endormie, Les Merveilles), dans le rôle d’un personnage extérieur féminin dans cet univers fermé et masculin, y apporte cette petite touche d’échappée possible à notre personnage principal.

Bref, La Mécanique de l’ombre est un long métrage original et plutôt réussi. Il a quelques longueurs mais possède un casting réellement épatant pour un premier film. Thomas Kruithof fait donc clairement partie des réalisateurs à suivre.

 

En savoir plus :

  • Date de distribution France : 11/01/2017
  • Distribution France : Océan Films

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