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[CRITIQUE] “Corniche Kennedy” (2016) : Un très beau portrait de Marseille et ses minots

En cette période d’hiver et de grippe saisonnière, direction l’été et Marseille dans le très beau et solaire long métrage de Dominique Cabrera avec Aïssa Maïga et Lola Creton. Notre avis sur le film Corniche Kennedy.

Synopsis :

Le temps d’un été, quelques adolescents désœuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche Kennedy. Une capitaine de la brigade des stupéfiants (Aïssa Maïga) croise leur chemin, tente de les apprivoiser et de les empêcher de risquer leur vie. Entre leur goût de la liberté et de l’interdit et la trajectoire solitaire et désabusée de la capitaine, un avenir fragile tente de se dessiner.

Corniche Kennedy :
Un magnifique portrait de la jeunesse

En adaptant le roman éponyme de Maylis de Kerangal — le deuxième roman de la romancière adaptée au cinéma après Réparer les vivants (2016) de Katell Quillévéré et en attendant Naissance d’un pont de Julie Gavras —, la réalisatrice Dominique Cabrera dessine le magnifique portrait d’une jeunesse défiant la mort et les interdits. Ainsi, Dominique Cabrera nous fait découvrir cet univers par l’entremise d’une jeune fille de bonne famille, Suzanne (Lola Créton). Comme l’Emma Bovary de Gustave Flaubert, Suzanne s’ennuie. Elle rêve d’autre chose que de réviser son baccalauréat et de suivre la vie toute tracée qui l’attend. Fascinée par ces minots de Marseille qui se jettent à l’eau depuis la corniche dans des scènes de plongeons pleines de risque et de poésie, elle se “jette à l’eau” et va à la rencontre de cette jeunesse “allumée” et non “éteinte”. Ainsi, au bord de la corniche, elle va dompter sa peur du vide et s’ouvrir à la vie et à l’amour au côté du beau ténébreux Marco (Kamel Kadri) et du touchant casse-cou Mehdi (Alain Demaria).

Bien sûr, le monde des adultes n’est pas très loin. Car si Dominique Cabrera ne pose pas sa caméra dans les quartiers de Marseille, elle n’en oublie pas pour autant de rappeler les tentations de la cité phocéenne pour ces jeunes des quartiers populaires à travers le regard inquiet et presque maternel d’une flic des stups interprétée par Aïssa Maïga (Les poupées russes, Bamako). Et si vertige et insouciance de la jeunesse colorent le film, l’ombre du trafic de drogue dans lequel Marco a mis le pied risque à tout moment de mettre fin à cette parenthèse enchantée.

Ici, c’est Marseille

Dans Corniche Kennedy, c’est la ville de Marseille et sa jeunesse que filment la cinéaste Dominique Cabrera et sa directrice de la photographie Isabelle Razavet. En effet, le long métrage Corniche Kennedy mêle habilement l’intrigue du roman de Maylis de Kerangal et l’approche documentaire d’une fiction ancrée localement. Ainsi, l’actrice Lola Creton se frotte dans le jeu à une bande de jeunes comédiens non professionnels marseillais. Autour du très beau trio formé par Lola Creton, Kamel Kadri — celui-ci chante d’ailleurs une chanson dans le film que Imhotep, le beatmaker du groupe de rap marseillais IAM, a mis en musique et Alain Demaria, ils font vivre sur l’écran la vie sur la corniche de ces minots, avec leur accent, leur phrasé et leurs corps.

Ainsi, plus que la partie gangsters du film, c’est le magnifique portrait de cette cité phocéenne jeune, métissée et solaire qui fait toute la beauté du film Corniche Kennedy.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 18/01/2017
  • Distribution France : Jour2Fête
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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