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Premier contact affiche

[CRITIQUE] « Premier Contact » (2016), Cinq sur Cinq !

Avec Premier Contact (Arrival), Denis Villeneuve (Incendies, Prisoners) aborde les terres dangereuses de la Science Fiction, utilisant les codes propres au genre tout en saupoudrant sa propre pâte. Notre critique et avis.

Synopsis :

Une colonie d’extraterrestres débarque sur Terre et stationne ses vaisseaux au-dessus de nombreux sites stratégiques terrestres. Le gouvernement américain envoie une experte linguiste pour sonder leurs intentions …

Premier contact : l’ovni de Denis Villeneuve

 

Premier contact photo amy adams
© 2016 Sony Pictures Releasing

 

Il est peu dire que Denis Villeneuve est attendu de pied ferme sur les terres de la SF avec ce Premier Contact, aussi bien des aficionados de Stanley Kubrick que des fans d’Alien tout en passant par les férus de Philip K. Dick. Denis Villeneuve ose le pari d’un genre qui fascine autant qu’il est redouté. Difficile en effet, de concilier codes du blockbuster hollywoodien et codes élitistes du genre.

Et pourtant … pari réussi ! Mais avant de poursuivre, court arrêt sur image sur la planète SF. Certes, cette dernière a semble-t-il, gagné le cœur des cinéphiles depuis quelques années, à en juger par les nombreuses sorties marquantes (Interstellar, Gravity, Under the Skin, La Stratégie Ender, Les Gardiens de la Galaxie). C’est d’autant plus casse gueule pour Denis Villeneuve qu’il signe là un test grandeur nature, juste avant son Blade Runner 2, en tournage actuellement. Mais ainsi, il surfe sur la vague pour trouver sa place tout en posant sa pâte.

Une storyline d’une banalité affligeante ?
Tant mieux !

 

Premier contact photo amy adams
© 2016 Sony Pictures Releasing

 

Là où le film Premier Contact surprend (et pourrait décevoir), c’est que Denis Villeneuve commence par une histoire somme toute banale, mais pour mieux nous emporter ailleurs. En effet, des aliens qui envahissent la Terre sans que l’on connaisse leurs intentions … La storyline est d’une banalité presque affligeante. On frôle l’attaque des clones : Independence Day, Contact, la série télé V… Bref, autant dire que les premières minutes du film surprennent, voire déçoivent, c’est selon.

Pourtant, c’est dans le choix des personnages et du traitement que Denis Villeneuve va faire la différence. Autant Interstellar, en explorant l’aspect quantique de nos choix, nous perd parfois dans son propos, autant Denis Villeneuve reste sur une ligne limpide. Choisir une linguiste (Amy Adams, impeccable en experte déterminée et pugnace) et non une scientifique pure sucre comme dans son proche homologue Contact (Robert Zemeckis, avec Jodie Foster, 1996), est déjà un pied de nez à la platitude de la proposition dramatique de base. Car se faisant, Villeneuve pose sa ligne : non, on ne va tout péter, et je ne vais pas faire un « Independance Day like », et puis quoi encore !

Louise, par delà les frontières…

 

Premier contact photo amy adams
© 2016 Sony Pictures Releasing

 

A partir de là, le film Premier Contact se veut une métaphore d’une humanité en perdition, à travers l’exploration de la psychologie de Louise (Amy Adams). Louise est une écorchée qui a perdu un être cher, une partie d’elle-même. Elle s’accroche à son job, sa seule raison de vivre. Mais plus elle essaie de comprendre ce qui lui échappe, plus ses doux « souvenirs » se transforment petit à petit en douleurs envahissantes — à l’instar des aliens —, et parsèment, gangrènent sa rencontre et prise de contact avec les aliens.

De surcroît, du côté de sa hiérarchie, Louise fait face non seulement à l’incompréhension, mais également à la stupidité pulsionnelle d’une humanité qui ne comprend rien à rien. En effet, incapable de trouver la clé de la communication qui mènerait à la délivrance et à la paix, Louise ne peut rien contre la toute puissance de l’armée pour qui le raisonnement est simple : faire parler la poudre plutôt qu’attendre un dénouement pacifique incertain.

De l’art de communiquer pour survivre

 

Premier contact photo amy adams
© 2016 Sony Pictures Releasing

 

Denis Villeneuve, à sa façon, traite une nouvelle fois un thème qui lui est cher : la communication ou plutôt l’incommunication. Et dans un contexte incertain, face au danger du radicalisme et à l’obscurantisme qui nous menace, Denis Villeneuve se veut à la fois alarmant et plein d’espoir : pour lui, la communication est la clé de la paix de l’humanité. A ce titre, le choix de la linguiste est à ce titre, parfaitement logique et intelligent.

De plus, Denis Villeneuve réussit avec Premier Contact la gageure de rester accessible quand Interstellar paraissait intellectuel. Il réussit également à nous tenir en haleine d’un point de vue purement dramatique, à l’instar de Contact. Mais là où Zemeckis échouait dans une métaphore quasi mystique, Denis Villeneuve livre ici un bel exemple d’une métaphore pleine de sens, intime et personnelle, celle d’une quête aboutie d’un personnage qui révèle son humanité à travers un seul espoir : apprendre à se connaître soi et l’autre pour établir la base d’une vie commune en bonne intelligence, basée sur une écoute, une empathie et une compréhension mutuelle.

Sachant cela, on sort de la salle avec un double plaisir : celui d’avoir vu un film nourri par une histoire diablement bien ficelée tout en délivrant un message plus qu’intelligent, urgent. Rare et immanquable.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 07/12/2016
  • Distribution France : Sony Pictures Releasing France

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3 Commentaires

  1. « Louise est une écorchée qui a perdu un être cher, une partie d’elle-même. Elle s’accroche à son job, sa seule raison de vivre. Mais plus elle essaie de comprendre ce qui lui échappe, plus ses doux souvenirs se transforment petit à petit en douleurs envahissantes – à l’instar des aliens -, et parsèment, gangrènent sa rencontre et prise de contact avec les aliens. »

    Vous êtes bien certain de ne pas avoir dormi durant une bonne partie du film, voire dès le début et en tout cas à la fin ?

    • C’est quand même ce qu’on croit pendant une bonne partie du film… peut-être que cette formulation est une manière de ne pas spoiler ceux qui n’ont pas vu le film ?

      • oui, en effet, j’ai préféré une approche un peu plus métaphorique pour cet article pour éviter de spoiler quoi que ce soit …
        C’est aussi une vision du personnage plus personnelle ; cela pourra choquer ou mettre en colère certains lecteurs, mais mon but est (était) de rendre un ressenti personnel qui a retenu mon attention pendant une bonne partie du film plus qu’une objectivité factuelle.

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