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Le Fondateur Affiche

[CRITIQUE] « Le Fondateur » (2016), l’arche perdue

McDonald’s, accusé comme principale cause d’une épidémie mondiale : l’obésité, il est le chantre de la société de consommation et de la restauration rapide. Avec le film Le Fondateur, John Lee Hancock nous propose une rétrospective instructive et calorique de cette chaîne internationale. Notre critique du film. 

Synopsis :

Dans les années 50, Ray Kroc (Michael Keaton), rencontre les frères McDonald qui tiennent un restaurant de burgers en Californie. Bluffé par leur concept, Ray leur propose de franchiser la marque et va s’en emparer pour bâtir l’empire que l’on connaît aujourd’hui.

 

Le Fondateur se situe en Amérique, durant les « fifties ». La guerre froide pèse de tout son poids et le Maccarthysme bat son plein. Chez les Yankees, la période est peu propice pour se vêtir de rouge et s’équiper d’une faucille ainsi que d’un marteau. Cette décennie a vu naître la contre-culture américaine durant laquelle la population se révolte contre le conformisme ainsi que la société de consommation. Mais, me direz-vous, comment cet empire a pu s’éclore et s’essaimer dans ce contexte ? La question est légitime.

 

Une entreprise fraternelle, symbole de qualité

 

Le Fondateur photo Michael Keaton
© EuropaCorp Distribution

 

Avant d’être la chaîne que nous connaissons, la firme est un stand de hot-dogs qui se développe pour devenir le restaurant McDonald’s, du nom des deux frères, Mac (John Carroll Lynch) et Dick (Nick Offerman). Au menu du drive-in, 25 produits sont proposés. Afin d’optimiser au mieux leur progéniture et attirer une clientèle familiale et avenante, les méninges de nos deux frérots s’activent. Huit années plus tard, un concept est né : le Speedee Service System, un système de production réglé comme une horloge, afin de satisfaire le client en 20 secondes. La carte se concentre sur les mets les plus consommés : le hamburger, le soda, les frites et la crème glacée. Le fameux sandwich est vendu à un prix dérisoire de 15 centimes tandis que la vaisselle est jetable.

Dans le Fondateur, John Lee Hancock (scénariste de Maléfique, 2014) dépeint des frères McDonald rigoureux et perfectionnistes. Peu de restaurant ont été ouverts, Dick et Mac veulent veiller au grain et contrôler la qualité de leur produit, de leur naissance jusqu’aux mains du consommateur. La primeur est faîte à la perfection. Le terme excellence ne doit être dissocié du nom McDonald’s.

Mais un autre protagoniste fait son entrée. Le vendeur de machine à milk-shake Ray Kroc, interprété par Michael Keaton (Spotlight, 2016 ; Birdman, 2015), est fasciné par le concept Speedy Service System et s’associe avec les deux frangins. Le premier McDonald’s de la société ouvre alors à Des Plaines, avec une architecture comportant deux arches dorées (qui se métamorphoseront, dans l’avenir, en un célébrissime M).

 

Le concept fait son chemin

 

Le Fondateur photo
© EuropaCorp Distribution

 

Travaillant d’arrache pied, ayant une foi absolu en ce concept, Ray Kroc multiplie les franchises de la société McDonald’s. La société s’installe progressivement dans tout le pays. Pourtant, son rêve s’égraine petit à petit. Les bénéfices obtenus sont très faibles. Notre fan de milk-shake ne récolte que 1.5% sur chacun des hamburgers vendus à prix d’or : 15 cents. L’oiseau qui a fait son nid veut prendre son envol. Mais le contrat signé est solide.

A travers son personnage, Michael Keaton se mue en hargneux arriviste. Sa réussite personnelle l’emporte sur l’engouement initial des deux frères : celui de distribuer un plat familial de qualité. Les fondations des arches s’écroulent.

 

Le Fondateur : une publicité pour McDonald ?

 

Le Fondateur photo Michael Keaton
© EuropaCorp Distribution

 

Le film le Fondateur suit l’évolution tant sociale que psychologique de Ray Kroc. Le réalisateur a fait le choix judicieux de laisser le spectateur concevoir sa propre opinion sur son personnage. Est-il l’incarnation de la société de consommation post-guerre, où l’enrichissement personnel, au détriment des autres, prévaut ?

John Lee Hancock focalise sa caméra sur les événements qui ont contribué a fondé les restaurants McDonald’s, de ses premiers soubresauts dans la couveuse, à l’empire international actuel. Il s’agit ici d’un véritable biopic réussit, qui permet de dévoiler une histoire peu connue du grand public.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 28/12/2106
  • Distribution France : EuropaCorp Distribution
Pierre L.

Pierre L.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
TOP 5 Cinéma : "Le cercle des poètes disparus" (1989), "Vol au dessus d'un nid de coucou" (1975), "La soif du mal" (1958), "La corde" (1948), "Gran Torino" (2008)
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