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Hedi, un vent de liberté affiche

[CRITIQUE] « Hedi, un vent de liberté » (2016) de Mohamed Ben Attia

Hedi, un vent de liberté (2016) de Mohamed Ben Attia est un film franco-tunisien-belge sur l’émancipation d’un jeune tunisien après le printemps arabe. Notre critique. 

Synopsis :

Kairouan en Tunisie, peu après le printemps arabe.
Hedi (Majd Mastoura) est un jeune homme sage et réservé. Passionné de dessin, il travaille sans enthousiasme comme commercial.
Bien que son pays soit en pleine mutation, il reste soumis aux conventions sociales et laisse sa famille prendre les décisions à sa place. Alors que sa mère prépare activement son mariage, son patron l’envoie à Mahdia à la recherche de nouveaux clients.
Hedi y rencontre Rim (Rym Ben Messaoud), animatrice dans un hôtel local, femme indépendante dont la liberté le séduit.
Pour la première fois, il est tenté de prendre sa vie en main.

 

« Hedi, un vent de liberté est un film témoin d’une société »

 

Hedi, un vent de liberté
© Bac Films

 

On imagine mal les conséquences d’une révolution sur une population. Pourtant, Hedi, un vent de liberté est un film témoin qui s’attache à observer le changement de comportements en Tunisie après le printemps arabe. Alors qu’on met souvent en lumière les problématiques autour du droit de la femme au Magreb, comme dans Much Loved (2015) de Nabil Ayouch, le film de Mohamed Ben Attia prend l’angle très intéressant de raconter les péripéties d’un homme face aux poids des coutumes sociales.

Aussi, Hedi est un personnage d’une humanité fulgurante. Il est attaché à cet ordre familial, incarné par une mère ultra présente qui souhaite en quelque sorte le marier de force. L’univers professionnel du protagoniste est une porte de sortie, une ouverture sur le monde. Au fil de l’intrigue, on voit ce personnage s’émanciper dans une société où il est difficile de prendre son envol.

 

L’amour qui casse les barrières de la tradition

 

Hedi, un vent de liberté
© Bac Films

 

C’est finalement pour le biais du sentiment amoureux que Mohamed Ben Attia va construire son récit. Cet état abolit les barrières, démontrant qu’on est relativement tous égaux quand notre coeur parle. Il se crée alors une impulsion naturelle qui motive à se lancer dans des projets. Pour Hedi, cet amour signifie un passage officiel à l’âge adulte.

Hedi, un vent de liberté fait beaucoup penser dans sa thématique à Mustang (2015) de Deniz Gamze Ergüven, sur ses jeunes filles turques qui luttent contre les mariages forcés qu’on leur impose. Le film de Mohamed Ben Attia témoigne d’une véritable avancée sur ces questions en Tunisie et laisse entrevoir un avenir plus radieux pour la génération future.

 

Une mise en scène exigeante

 

Hedi, un vent de liberté
© Bac Films

 

Néanmoins, côté mise en scène, Hedi, un vent de liberté est moins clair que Mustang. Plus exigeant, la caméra est surtout beaucoup plus austère dans un univers plus intimiste. On navigue dans le quotidien des protagonistes  avec un rythme assez latent.

Hedi, un vent de liberté est un film qui marque les esprits par son côté sociologique. Côté technique, il manque un peu d’originalité pour qu’il puisse capter l’intérêt d’un large panel de spectateurs.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 28/12/2016
  • Distribution France : Bac Films
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.
Antoine Corte

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