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Dieu est mort affiche

[CRITIQUE] « Dieu est mort. Et moi non plus j’me sens pas très bien ! » de Régis Vlachos et Franck Gervais

Avec Dieu est mort. Et moi non plus j’me sens pas très bien !, mis en scène par Franck Gervais, Régis Vlachos propose un spectacle tout en sensibilité et en humour qui interroge la présence du divin et la croyance. Moment riche en rires et en émotions !

Synopsis :

C’est un homme sur le divan de son psy, ou bien un petit garçon qui tient tête à sa mère parce qu’il ne veut pas aller à la messe, c’est un jeune homme amoureux pour la première fois, un frère déchiré par le deuil de sa sœur, un professeur de philosophie dans une classe de banlieue, ou encore un fils qui fait face à son père. Régis Vlachos est tout cela et bien d’autres choses encore pour le plus grand plaisir des spectateurs. Le fil directeur entre ces personnages ? Une question ouverte : comment peut-on encore dire que Dieu existe ?

Dieu est mort.
Et moi non plus j’me sens pas très bien !
:
Mille facettes heureuses

 

Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas très bien ! regis vlachos image 1 (c) Xavier Cantat
© Xavier Cantat

 

Avec Dieu est mort. Et moi non plus j’me sens pas très bien !, Régis Vlachos offre au spectateur une myriade de personnages qui viennent s’assembler merveilleusement pour nous brosser le portrait attachant d’un homme saisi par le doute. Nous le découvrons petit garçon, adulte, jeune homme ; nous l’apercevons dans le rôle du patient, puis dans son milieu professionnel, son milieu familial. Nous traversons avec lui amour, colère, tristesse.

C’est avec une véritable énergie et une grande sincérité que Régis Vlachos donne corps à toutes ces facettes d’un même homme. Les contrastes de lumière mettent d’ailleurs parfaitement en valeur ces petits éclats d’un être qui semble ainsi vu à travers un kaléidoscope. Cette image qui progresse par agencements successifs n’en est que plus riche en émotion et en vérité.

La mise en scène de Franck Gervais sublime ces moments parcellaires, ces morceaux d’homme et de vie avec simplicité et brio : accessoires peu nombreux mais signifiants, marionnettes riches d’humour, décor dépouillé mais où chaque élément compte.

Spiritualité familiale contrariée

 

Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas très bien ! regis vlachos image (c) Pierre François
© Pierre François

Le rapport à la religion que questionne la pièce Dieu est mort. Et moi non plus j’me sens pas très bien ! est essentiellement un rapport familial : le doute est d’abord un affront à la mère, même s’il se nourrit ensuite de références philosophiques qui viennent l’appuyer ou le confirmer. De ce fait, la contestation de l’existence d’un Dieu quel qu’il soit est forte en charge émotionnelle. Aussi l’athéisme qui en émerge est-il militant dans le rejet des institutions religieuses et des excès auxquelles elles conduisent, des horreurs qu’elles font naître.

On sent bien que le doute de l’existence de Dieu est alimenté par les deuils et les blessures : un père parti et absent, et surtout le deuil impossible de la sœur adorée. La pratique religieuse familiale ancrée dans les usages (aller à la messe) devient dénuée de sens et oser dire qu’il n’y a pas de Dieu, c’est tenir tête à la mère et à sa présence envahissante, et oser ainsi mener sa vie librement.

Questions existentielles et personnelles vérités

 

Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas très bien ! regis vlachos image 2 (c) Xavier Cantat
© Xavier Cantat

 

Le spectacle Dieu est mort. Et moi non plus j’me sens pas très bien ! de Régis Vlachos met encore et brillamment en scène les doutes existentiels propres à chacun : comment croire quand on regarde le monde et sa violence, comment croire quand on ne voit pas de sens à ce qui arrive, comment croire qu’il y a eu un néant et puis que brusquement un dieu a créé le monde, comment concilier science et croyance.

Ces interrogations, loin de chercher la polémique, renvoient aux questions que chacun se pose qu’il soit croyant ou non. Elles alimentent aussi une réflexion sur le rôle de la croyance : ne croit-on pas surtout quand on en a besoin ? Question mise en relief par un incroyable moment Michel Sardou.

La mise en scène est enfin illuminée par la présence parcellaire mais lumineuse de Charlotte Zotto, tantôt alliée, tantôt présence fantomatique de la sœur partie. Elle semble rappeler que l’on ne peut dialoguer avec soi qu’avec l’intervention d’autrui.

Dieu est mort. Et moi non plus j’me sens pas très bien ! est un moment fascinant d’humour et vibrant d’émotion qu’il faut savourer sans doute et sans hésitation.

 

En savoir plus :

  • Dieu est mort. Et moi non plus j’me sens pas très bien ! se joue à l’Essaïon Théâtre, 6 rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Métro Rambuteau ou Hôtel de Ville. Réservations : 01 42 78 46 42. Les lundis et mardis à 21h30 du 7 novembre 2016 au 21 février 2017. Tarifs : 20€, 15€, 10€
  • Dieu est mort. Et moi non plus j’me sens pas très bien ! au festival Avignon Le Off 2017 du 7 au 30 juillet (relâches les 11, 18, 25 juillet) à 19h30 au Théâtre des Barriques
  • Durée du spectacle : 1 heure

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