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© Mary Cybulski

[CRITIQUE] #Cannes2016 : “Paterson”, “Loving”

Cela commence à devenir la tendance ! Les films américains de la compétition sont globalement bons. Néanmoins, aucun n’arrive à transcender. A l’instar de American Honey hier, on fait ce même constat aujourd’hui avec Paterson et Loving

Paterson
Le cinéma de routine

 

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© Mary Cybulski

Synopsis :

Paterson (Adam Driver) vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes – de William Carlos Williams à Allan Ginsberg aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura (Golshifteh Farahani), qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…

Le réalisateur de Paterson, Jim Jarmush, avait déjà présenté en compétition Only Lovers Left Alive. D’une histoire de vampire complètement barrée, on passe à Paterson avec un récit classique sur le quotidien. Cette routine est mise en image grâce à des effets de répétitions : Paterson se levant tous les matins à 6h15 en regardant sa montre, son collègue qui lui raconte ses problèmes, sa femme qui l’attend le soir tranquillement après avoir préparé des cupcakes.

Sans éclat, Jim Jarmush perturbe tout de même ce quotidien en distillant des éléments novateurs à travers le récit, séparé en jours de la semaine. Par exemple, Paterson est en retard dans son reveil le vendredi… Au lieu de se lever à 6h15, la montre affiche 6h30 ! Ce détail, qui est en soi anecdotique, a un effet boomerang. Il a toute son importance pour le personnage qui ne sait pas laisser place à l’imprévu. La psychologie des personnages est étudiée et subtile.

Les acteurs sont d’une sobriété exemplaire. Adam Driver, l’interprète de Kylo Ren dans Star Wars Le Reveil de la Force, sort de son côté “jeune geek” pour s’affirmer en tant qu’homme. Golshifteh Farahani, qui a déjà joué pour Christophe Honoré ou Louis Garell, est juste (et) sublime. Elle confirme sa popularité à l’internationale.

Pour un film doux, il n’est restera cependant pas grand chose au final. Pas évident que le jury s’en souvienne pour le palmarès.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : inconnue
  • Distribution France : Le Pacte

 

Loving
Un combat racial

 

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© Ben Rothstein
Big Beach, LLC

Synopsis :

Mildred (Ruth Negga) et Richard Loving (Joel Edgerton) s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine.

Le réalisateur Jeff Nichols a eu une année cinématographique exceptionnelle. Plus tôt dans l’année sortait dans les salles son film de science-fiction, Midnight special (2016). Il revient en changeant radicalement de style en s’attaquant à un drame historique traitant de la ségrégation raciale. Si le sujet est plein d’humanisme, le cinéaste choisit de le traiter sous l’angle d’une sobriété alors qu’on s’attendait à des effluves de grandes scènes grandioses.

 

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© Ben Rothstein
Big Beach, LLC

 

Le film est doux mais pas suffisant pour embarquer. Même si on savoure cette simplicité de mise en scène, le traitement est quand même légèrement plat. Il s’emballe dans un scénario un peu bavard où tout n’est pas très bien traité. On aurait préféré en savoir davantage sur cette famille iconoclaste, on souhaitait s’immiscer dans le racisme ambiant.

Ruth Negga s’affirme de façon détonante en jouant cette femme forte et solide. Joel Edgerton est trop en retrait, ne lui permettant pas de briller totalement.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : inconnue
  • Distribution France : Mars Films
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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