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[CRITIQUE] « La fille du train » (2016) de Tate Taylor

Succès commercial annoncé, l’adaptation du best-seller La fille du train de Paula Hawkins avec Emily Blunt ne se hisse pas à la hauteur d’un Gone girl auquel il est pourtant souvent comparé. Notre avis sur le film. 

Synopsis :

Rachel (Emily Blunt) a été une belle femme, une épouse, une professionnelle reconnue dans les relations publiques… Mais c’était avant. Avant de sombrer dans l’alcoolisme et de tout perdre : son mari, son job, sa maison, la reconnaissance sociale.
Alors chaque matin et chaque soir, elle emprunte le train qui l’emmenait au travail, pour faire « comme si ». Ce train qui passe devant son ancienne maison aujourd’hui occupée par son ex mari, sa nouvelle femme et leur bébé.
Obsédée par ces bribes de vie volée, Rachel se met à fantasmer sur la vie parfaite d’un autre couple qu’elle observe chaque jour à la dérobée… Peu à peu, elle projette sur eux le rêve d’une vie de couple idéale et leur invente une réalité. Jusqu’au jour où, Rachel surprend la jeune femme avec son amant. Le soir même, la jeune femme disparaît. La police recherche le coupable.

 

La fille du train est un succès annoncé : adaptation d’un best-seller (vendu à 15 millions d’exemplaires dans le monde), souvent comparé au très bon thriller de David Fincher, Gone Girl, abordant des thèmes peu exploité comme l’alcoolisme féminin. Pourtant, l’adaptation ne convint pas.

Emily Blunt en femme abîmée par l’alcool

 

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© Metropolitan FilmExport

 

Dans le livre La fille du train, Rachel est bouffie par l’alcool, son physique trahissant sa déchéance et ses blessures. Mais à l’écran, Emily Blunt n’est pas crédible en femme à la dérive et abîmée autant moralement que physiquement.
Et l’adaptation en film passe rapidement sur ses tentatives désespérées pour s’en sortir, tentatives qui la rendent terriblement attachante sur le papier. De même que le décalage entre Rachel sobre et Rachel l’emprise de l’alcool permet de placer le lecteur en empathie avec le personnage de roman, beaucoup moins pour le personnage du film.

Les grosses ficelles de La Fille du train

 

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© Metropolitan FilmExport

 

En outre, c’est le manque de finesse qui dérange le plus dans cette adaptation à l’écran de La Fille du Train. En premier lieu, concernant le doute sur la culpabilité (ou du moins l’implication) de Rachel dans la disparition de Megan est instillé grossièrement à l’écran alors qu’il est amené progressivement à l’écrit.
De même que la scène dramatique finale – qui passe avec ironie à la lecture – mais devient totalement surréaliste à l’écran (cette scène a arraché un fou rire incrédule à la salle de cinéma…).

L’ambiguïté de la mémoire traumatique

 

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© Metropolitan FilmExport

 

Enfin, le livre propose un récit déconstruit jouant sur l’ambigüité entre une mémoire altérée par l’alcool et la mémoire traumatique de Rachel (justifiant ses pertes de mémoire). Le film utilise cet élément de déconstruction de manière mécanique sans faire sens. C’est dommage car la bonne idée dans la structure du roman se transforme en grosse ficelle scénaristique.

Pourtant, le livre La fille du train traite de sujets propices à un thriller haletant avec un parti pris et un message : l’addiction (alcool, drogue, sexe), la mémoire traumatique, le pervers narcissique, trois visions de la maternité… Le roman propose de la matière !

Porté à l’écran, le résultat est un thriller « qui se regarde » sans parvenir à se hisser à la hauteur d’un Gone girl (auquel il est pourtant souvent comparé).

Dommage.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 26/10/2016
  • Distribution France : Metropolitan Film Export
Marjolaine Gaudard

Marjolaine Gaudard

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Passionnée de séries, de web séries, de romans (notamment les polars), de BD et de littérature jeunesse.

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Marjolaine Gaudard

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