//insérer vidéo facebook
enfr
Accueil / CINEMA / ♥ [CRITIQUE] « Réparer les vivants » (2016) de Katell Quillévéré
Réparer les vivants affiche

♥ [CRITIQUE] « Réparer les vivants » (2016) de Katell Quillévéré

Après Suzanne (2013), la réalisatrice Katell Quillévéré livre un nouveau film poignant avec Réparer les vivants, adaptation de l’ouvrage à succès écrit par Maylis de Kerangal. Un coup de cœur Bulles de Culture. Notre critique. 

Synopsis :

Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon (Gabin Verdet) n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme (Anne Dorval) attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

Une caméra qui prend le souffle

 

Réparer les vivants Gabin Verdet
© Mars Distribution

 

Il y a énormément d’émotions dans le cinéma de Katell Quillévéré. Dans Réparer les vivants, il y a une longue lutte entre la vie et la mort filmée d’une manière sublime. A chaque instant, la caméra prend le souffle de ses protagonistes comme lors de la scène d’ouverture où Simon dort encore à côté de sa copine. Ce souffle est ensuite éphémère lorsque, après son accident de voiture, il est tenu artificiellement en vie par des machines. Enfin, il manque ce souffle à Claire puisque le coeur de celle-ci ne peut plus faire aucun effort.

Il est perturbant de voir que Katell Quillévéré joue encore énormément sur la temporalité. Elle entrecroise multiples destins sur 24 heures en créant un film choral sans aucun personnage principal. Le spectateur suit en quelque sorte l’espace temps de la vie à travers une chaine d’action continue qui aboutira au transfert du coeur.

Tahar Rahim superbe en coordinateur de greffe

 

Réparer les vivants tahar rahim
© Mars Distribution

 

Chaque personnage est merveilleusement bien incarné par des prestations éminemment convaincante.  On retient évidemment le premier grand rôle de Gabin Vernet qui n’est pas sans rappeler les traits émouvants d’un Xavier Dolan dans J’ai tué ma mère (2009). La transition est toute trouvée avec une Anne Dorval qui est aussi intense que dans Mommy (2014). Pour autant, c’est bien Tahar Rahim qui fait le plus beau travail d’interprétation sous les traits d’un jeune coordinateur de greffe, passeur de toutes ces histoires. C’est son personnage qui doit convaincre la famille de donner les organes de leur enfant décédé. Puis, au final, c’est lui qui dira au revoir une dernière fois au jeune homme à travers une scène émouvante qui se passe sous un drap.

Réparer les vivants, un film très musical

 

Réparer les vivants Alice taglioni
© Mars Distribution

 

Réparer les vivants ne manque pas de très belles scènes qui tirent les larmes aux yeux. On pense en premier lieu à la scène de rencontre entre Juliette et Simon où ce dernier va faire une ascension fulgurante pour retrouver sa douce en haut du funiculaire. En pleine forme physique, cette scène est en corrélation avec l’état léthargique futur du jeune garçon. Autre moment qui touche, c’est lorsque l’infirmière parle à Simon alors en état de mort cérébral. Cette scène est symptomatique d’une croyance populaire qui refuse de considérer un individu mort tant que son cœur bat.

La musique composée par Alexandre Desplat est sublime et accompagne tous les moments d’émotions avec brio. Elle est accompagnée de quelques reprises, faisant de Réparer les vivants un film très instrumental, surement en relation avec l’un des personnages qui est pianiste.

Réparer les vivants provoque le choc escompté. On sort bouleverser de ce film haut de gamme. C’est un coup de cœur pour Bulles de Culture.

 

 

En savoir plus  :

  • Date de sortie France : 01/11/2016
  • Distribution France : Mars Distribution
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.
Antoine Corte

Les derniers articles par Antoine Corte (tout voir)

    Check Also

    corniche kennedy affiche

    [CRITIQUE] « Corniche Kennedy » (2016) : Un très beau portrait de Marseille et ses minots

    En cette période d’hiver et de grippe saisonnière, direction l’été et Marseille dans le très …

    Live By Night affiche

    [CRITIQUE] « Live By Night » (2017) de Ben Affleck : Le parrain

    Après s’être consacré à son nouveau rôle de Batman dans Batman vs Superman (2016), Ben …

    Laisser un commentaire