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[CRITIQUE] “La Mort de Louis XIV” (2016) d’Albert Serra

La Mort de Louis XIV d’Albert Serra aura attiré l’attention au dernier Festival de Cannes, notamment grâce à son interprète principale, Jean-Pierre Léaud. Celui qui a tourné avec Jean Cocteau, Jean-Luc Godard ou François Truffaut livre une prestation magistrale teintée de signes royaux. Notre avis sur le film. 

Synopsis :

Août 1715. À son retour de promenade, Louis XIV (Jean-Pierre Léaud) ressent une vive douleur à la jambe. Les jours suivants, le Roi poursuit ses obligations mais ses nuits sont agitées, la fièvre le gagne. Il se nourrit peu et s’affaiblit de plus en plus. C’est le début de la lente agonie du plus grand roi de France, entouré de ses fidèles et de ses médecins.

 

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© Capprici Films

 

Pour son 4ème film, le réalisateur Albert Serra décide de s’attaquer au destin d’un personnage illustre : Louis XIV. Pour cela, il fait le choix inédit de s’intéresser, non pas à la Grande Histoire, mais plutôt aux dernières heures d’un homme fatigué, marqué tout au long de sa vie par la maladie.

Le cinéaste livre ainsi un récit extrêmement documenté, qui s’appuie sur deux ouvrages historiques : Les Mémoires de Louis de Rouvroy de Saint-Simon et Les Mémoires du marquis Philippe de Courcillon de Dangeau. Le film livre avec détails la lente agonie subie par le roi durant les quinze derniers jours de sa vie.

La Mort de Louis XIV,
incursion dans l’histoire d’un homme

 

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© Capprici Films

 

Mais La Mort de Louis XIV n’est pas là pour désacraliser le personnage. Au contraire, la mise en scène montre à quel point le roi aura été pugnace jusqu’à son dernier souffle, notamment à vouloir continuer de régir les affaires de l’État. A travers la petite histoire, Albert Serra sacralise le mythe d’un soleil qui aura régné d’un pouvoir absolu et que la maladie n’arrive pas tout à fait à affaiblir.

La mise en scène, en huis-clos, est particulièrement sobre. On est parqué dans la chambre sombre du roi où la mort transparait à travers une lumière austère. Exit les plans larges de Versailles, Albert Serra s’attache dans son décor à ne pas mettre l’accent sur l’apparat pour se concentrer uniquement sur son récit.

Jean-Pierre Léaud au charisme royal

 

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© Capprici Films

 

Pour incarner Louis XIV, il fallait un monument du cinéma français. Le réalisateur a fait un choix juste en faisant appel au comédien Jean-Pierre Léaud dont le charisme arrive à mystifier la figure royale. Celui qui a une carrière exceptionnelle a l’envergure pour incarner avec brio ce rôle. Il garde également une certaine pudeur, commune à son personnage, jusqu’aux scènes de grandes souffrances.

La Mort de Louis XIV a cette singularité de raconter un angle de l’histoire encore jamais montré au cinéma, celui de l’homme derrière le roi dans sa plus grande vulnérabilité.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 2/11/2016
  • Distribution France : Capricci Films
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Un commentaire

  1. je suis historien de formation et je connais plutot bien le 17ème donc même si je n’ai pas vu le film je peux déjà donner un petit avis sur le teaser qui lui, ne me donne pas du tout envie d’aller voir ce film morbide…
    tout sonne faux : l’acteur JP Léaud ne ressemble en rien à Louis XIV vieillissant désolé, mais regardez les portraits du roi et comparez la physionomie…
    la perruque : Louis XIV n’a jamais porté une perruque comme celle-ci bouffante, ce type de perruque était plus habituelle en Italie. la musique ? Serra plaque le Requiem de Mozart sur cette interminable agonie royale sauf que là on est en 1715 et le Requiem de Wofgang a été composé en 1791 !
    la photographie essaie vaguement de nous renvoyer à des peintures de Van Rijn, bof…en s’inspirant de Kubrick avec Barry Lyndon (Hogarth), seulement voilà, tout le monde n’est pas le génial Kubrick !
    Quel est donc l’intérêt cinématographique ne nous montrer cette lente agonie d’un chef d’Etat dont le bilan du règne est catastrophique, on assiste à une déification d’un homme somme toute banal qui s’est regardé “gouverner” dans un miroir durant 50 ans avec des millions de mort à la clé à cause des guerres qui ont émaillé son règne. Quand Louis XIV meurt le 01/09/1715, le pays est exsangue, quasi ruiné, la famine est partout mais Versailles continue d’évoluer dans une bulle stratosphérique avec une étiquette qui règle la vie d’un nombre infime de privilégiés comme un pas de danse … Je ne comprends pas bien le propos du cinéaste à travers un tel sujet parce que s’il fallait reconstituer au cinéma l’agonie des gens célèbres, on en finirait pas !

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