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[CRITIQUE] “Mauvais sang” (1986) de Leos Carax

Prix Louis Delluc en 1986, Mauvais sang de Leos Carax ressort en salles et donne l’occasion de re(voir) le deuxième long métrage d’un auteur-réalisateur important du cinéma. En bonus : gagnez des places pour voir le film avec Bulles de Culture et Tamasa Distribution.

Synopsis :

Dans un Paris de fin du monde, Alex (Denis Lavant) va participer à un cambriolage organisé par deux vieux gangsters, Marc (Michel Piccoli) et Hans (Hans Meyer), et vivre un amour fou et impossible pour Anna (Juliette Binoche), la maîtresse fidèle de Marc.

Mauvais sang :
des partis pris de mise en scène radicaux

 

Avec en arrière-plan la maladie du SIDA, métaphoriquement remplacée dans le long métrage Mauvais sang par une maladie appelée STBO qui tue ceux qui font l’amour sans s’aimer, l’auteur-réalisateur Léos Carax filme sous une chaleur suffocante — due au passage de la comète de Halley —  des gangsters vieillissants et un amour impossible.

Avec le directeur de la photographie Jean-Yves Escoffier (Les Amants du Pont-Neuf, Will Hunting), Léo Carax recrée un Paris de studio et prend des partis pris de mise en scène radicaux avec des cadrages morcelés, des désynchronisations sonores, des couleurs tranchées (forte présence de la couleur rouge) sur des teintes de gris.

Et comme souvent chez lui, il sème dans ce deuxième long métrage, d’une imagination fertile où les influences se multiplient aussi bien du côté :

  • du cinéma (Jean-Luc Godard, le cinéma muet…),
  • du vidéo-clip comme dans la magnifique séquence où Denis Lavant part dans une course éperdue et dansée dans les rues la nuit sur la chanson Modern Love de David Bowie (album Let’s Dance, 1983),
  • de la bande dessinée,
  • de la littérature avec le titre du film qui fait référence à un poème éponyme d’Arthur Rimbaud ou certaines répliques qui citent Louis-Ferdinand Céline.

Un très beau casting
d’acteurs confirmés et de jeunes débutants

 

Enfin, impossible de parler du film sans évoquer son incroyable casting. Au côté de vieux routards tels que Michel Piccoli (La Petite Lili, Habemus papam) et Serge Reggiani (Casque d’or, Le Doulos), de jeunes acteurs débutent à peine et font déjà preuve d’un réel talent.

Il y a bien sûr tout d’abord l’acteur fétiche de Leos Carax, Denis Lavant (Les Amants du Pont-Neuf, Holy Motors). À la fois acteur, acrobate et saltimbanque, il participe de tout son corps au récit noir et romantique du film.

Il y a ensuite face à lui, deux femmes : Juliette Binoche et July Delpy. D’un côté, July Delpy (2 Days in Paris, Lolo) campe un peu le versant impossible du film avec un personnage d’amoureuse transie. De l’autre, Juliette Binoche (Les Amants du Pont-Neuf, Ma loute) irradie le film et le cœur du personnage de Denis Lavant par sa beauté et offre les moments les plus poétiques du film comme celui de la scène du saut en parachute où Denis Lavant se jette dans le vide pour la sauver.

Le film marquant d’une époque

 

Et même si la narration du film peut paraître parfois un peu trop débridé, c’est cette audace de la mise en scène et cette jeunesse du casting qui donnent une saveur particulière à la (re)découverte en salles du long métrage Mauvais sang de Leos Carax. Un auteur-réalisateur et un film qui auront su bousculer et marquer leur temps.

Enfin, pour vous donner envie de (re)découvrir ce film, citons pour conclure une réplique digne d’un polar américain que le  personnage de gangster de Hans Meyer (Pierrot le fou, HH, Hitler à Hollywood) adresse au personnage de Denis Lavant :

Avant un gros coup, il faut toujours passer chez le coiffeur et s’habiller convenablement au cas où on se ferait coincer par la police et photographier par la presse.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France en version restaurée : 28/09/2016
  • Distribution France : Tamasa Distribution

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Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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