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Frantz affiche

[CRITIQUE] “Frantz” (2016) de François Ozon

Frantz est le nouveau film de François Ozon. Après Une Nouvelle Amie (2014), le réalisateur s’attaque à une histoire dramatique avec au casting l’actrice allemande Paula Beer et le césarisé Pierre Niney. Notre avis sur cette œuvre singulière qui tranche avec la filmographie du cinéaste.

Synopsis :

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna (Paula Beer) se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien (Pierre Niney), est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

Un rythme de départ perturbant

Frantz photo
© Mars Distribution

La particularité du réalisateur François Ozon est de savoir se renouveler entre ses films. Aussi, sa carrière est ponctuée aussi bien d’une comédie musicale, 8 femmes (2001), de films humoristiques complètement décalés, Potiche (2010), que d’œuvres plus pointues traitant de sujets de société, Une Nouvelle Amie (2014).

Avec Frantz, le cinéaste s’attaque à un drame en s’inspirant du film Broken Lullaby (1932) d’Ernst Lubitsch. On est très vite projeté dans une ambiance particulière, tranchant avec le style antérieur de François Ozon. L’image en noir et blanc ainsi que le rythme très lent font penser à Ida (2014) de Pawel Pawlikowski ou encore au film palme d’or Le Ruban Blanc (2009) de Michael Hanneke. On se retrouve dans un univers cathartique marqué par le traumatisme allemand de la fin de la première guerre mondiale.

Une décharge émotionnelle à la Ozon

Mais derrière cette dramaturgie de départ peu accessible, le film monte crescendo. Il explose à mi-parcours grâce à l’efficacité de l’écriture de François Ozon basée sur les sentiments humain. On retrouve complètement la patte du cinéaste jouant avec les émotions de ses personnages.

A la manière à Dans la Maison (2012) où l’enseignant, joué par Fabrice Lucchini, était complètement captivé par son élève, Frantz met au centre de l’intrigue le personnage d’Anna torturée par la mort de son fiancé, mais également très attirée par le jeune inconnu français.

Frantz, un personnage du souvenir

Frantz photo
© Mars Distribution

Frantz ne serait pas aussi fort sans la musique qui est d’ailleurs au centre de l’histoire puisque les héros jouent tous d’un instrument. La bande originale alterne entre titres connus de musique classique, Chopin,Tchaïkovski et des créations originales composées par Philippe Rombi.

Les acteurs sont également le pivot central de ce film. En premier lieu, Paula Beer est paradoxalement lumineuse en noir et blanc avec un calme et une nuance sincère. Quand on la voit pleurer, c’est une vague d’émotions qu’elle sait communiquer aux spectateurs.

Pierre Niney montre dans ce rôle un large panel de ses qualités d’acteur. Il est à la fois jeune dandy iconique capable d’attirer la jante féminine. On ne manque pas de le voir torse nu dans le film. Le comédien est également infiniment complexe et confirme depuis sa prestation dans Yves Saint Laurent (2014) de Jalil Lespert qu’il a la capacité à interpréter des rôles d’envergure marquants.

Frantz est donc sous forme d’écrin, un petit bijou qu’on ne découvre qu’après l’avoir ouvert !

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 07/01/2016
  • Distribution France : Mars Distribution
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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