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[CRITIQUE] « Au-delà des murs » (2016) de Hervé Hadmar et Marc Herpoux

Que ce soit sur France 3, Canal+, France 2 ou maintenant Arte, c’est toujours avec un immense plaisir que nous retrouvons à chaque fois l’univers de Hervé Hadmar et Marc Herpoux. Leur nouvelle série Au-delà des murs est un conte initiatique et fantastique décliné en trois chapitres. Notre avis.

Synopsis :

Lisa (Veerle Baetens), jeune orthophoniste, s’installe dans une maison en ville dont elle a mystérieusement hérité. Elle découvre des pièces et des couloirs qui suscitent son effroi. La maison mouvante s’avère manipuler d’autres occupants, croiser d’autres espaces temps, pour mieux offrir à Lisa l’occasion d’un voyage initiatique

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Au-delà des murs :
une mini-série inspiré d’un fait divers

 

On tend vers le merveilleux depuis Les Oubliés et on a voulu l’assumer pleinement.

— Hervé Hadmar

Même si des exemples mythiques tels que Belphégor ou le Fantôme du Louvre (1965) existent, la télévision française a produit peu de belles œuvres fantastiques nationales. Et pour le scénariste et réalisateur Hervé Hadmar, c’est clairement le récent  succès public et critique de la série Les Revenants (2012-2015) qui leur a permis de proposer la mini-série Au-delà des murs à la chaîne franco-allemande Arte.

 

 

Pour ce projet, les deux auteurs, Hervé Hadmar et Marc Herpoux (Pigalle, la nuit, Signature, Les Témoins), se sont inspiré d’un fait divers sur une personne morte depuis vingt-cinq ans et retrouvée dans une maison abandonnée dans le centre-ville de Lille.

« Il a fallu se perdre dans cette maison » pour pouvoir raconter cette histoire, a confié Hervé Hadmar. Une errance que l’arrivée de la scénariste Sylvie Chanteux en cours d’écriture a permis de recadrer : « Sylvie nous a rejoint quand on faisait trop le portrait de la maison plutôt que celui de Lisa » (Marc Herpoux).

Toujours fasciné par les structures du conte et les schémas de la psychanalyse, les trois auteurs ont écrit « chaque pièce [comme] un souvenir qui devra résoudre un trauma fondateur » (Hervé Hadmar) pour la protagoniste.

Un huis clos psychologique et oppressant

 

Je suis attirée par les personnages tordus qui doivent survivre d’une manière ou d’une autre.

Veerle Baetens

Après le surprenant héritage d’une maison, Lisa, incarnée par la magnétique actrice belge Veerle Baetens (Alabama Monroe, Des nouvelles de la planète Mars), va se retrouver entraîner dans un huis clos psychologique et oppressant où espace temps et états émotionnels varient sans cesse. Sa rencontre avec Julien, interprété par François Deblock (DieuMerci !, Marie et les naufragés), ancien soldat de la Première guerre mondiale égaré comme elle dans la maison, va lui permettre de survivre.

Personnage blessé et refermé sur elle-même, Lisa va peu à peu s’ouvrir durant sa quête jusqu’à sa rencontre décisive et hors du temps avec le personnage incarné par la toujours aussi excellente Géraldine Chaplin (Le Docteur Jivago, Nashville).

 

 

Le personnage de la Maison

 

Côté décor, cette vieille maison sans fenêtre, parcourue de couloirs labyrinthiques et hantées d’êtres étranges, est le résultat d’un long travail de repérages et de la combinaison de 12-15 lieux réels et disparates (maison, friche industrielle…)  : « La plupart des décors existaient en l’état » (Hervé Hadmar).

Ces décors s’appuient sur de multiples influences :

  • le roman La maison des feuilles (2000) de Mark Z. Danielewski à la structure et au format peu conventionnels ;
  • le film coréen 2 sœurs (2004) de Kim Jee-Woon ;
  • le long métrage La maison du diable (1963) de Robert Wise qui est un film fondateur pour Hervé Hadmar car celui-ci l’avait terrorisé quand il avait dix ans ;
  • le film Les Autres (2001) d’Alejandro Amenábar,
  • les longs métrages Répulsion (1965), Rosemary’s Baby (1968) et Le Locataire (1976) de Roman Polanski, notamment pour le personnage féminin ;
  • les jeux vidéos comme Silent Hill, Resident Evil… pour l’idée des épreuves et des niveaux ;

Côté réalisation, ce fascinant espace qu’est la Maison est éclairée à la lumière jaune-orange des bougies et prolongée hors-champ par un important travail de sound design. Pour Au-delà des murs, le réalisateur Hervé Hadmar a ainsi passé beaucoup de temps à trouver la tonalité juste du fantastique car ce savoir-faire a été oublié en France.

 

Une aventure inédite à vivre
le temps d’une soirée

 

On ne voulait pas faire un film d’horreur, sanglant.

— Hervé Hadmar

Si ce format de 3×52 minutes peut surprendre (ce format est plus courant en Grande-Bretagne avec des séries telles que Sherlock) mais il offre à la mini-série Au-delà des murs l’opportunité d’offrir aux téléspectateurs une aventure inédite à vivre le temps d’une soirée.

En tout cas, la série Au-delà des murs de Hervé Hadmar, Marc Herpoux et Sylvie Chanteux fait une nouvelle fois la preuve que la fiction télévisuelle française est en pleine évolution et est enfin prête (avec l’aval de diffuseurs plus aventureux) d’explorer de nouveaux territoires.

 

Je pense qu’on peut être plus audacieux à la télévision française car on a conçu Au-delà des murs comme une série et non comme un film.

 Hervé Hadmar

 

Même si comme souvent chez nos deux créateurs, le récit d’Au-delà des murs s’égarera un peu entre les murs de la maison, n’hésitez surtout pas à vous laissez guider par la voix d’Agnes Obel (chanson The Curse de l’album Aventine) dans le générique de début pour aller au-delà de ces murs tâchés d’encre du test de Rorschach et pénétrer dans un univers singulier et labyrinthique.

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En savoir plus :

  • Au-delà des murs est diffusé sur Arte le jeudi 22 septembre 2016 à 20h55

 

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Un commentaire

  1. A voir attendre la fin du film pour tout comprendre

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