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[CRITIQUE] « L’Economie du couple » (2016) de Joachim Lafosse

L’Economie du couple, avec Bérénice Béjo et Cédric Kahn dans les rôles titres, est présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016. Il est le deuxième film de l’année 2016 pour le cinéaste Joachim Lafosse après Les Chevaliers Blancs. Notre avis pour ce film coup de cœur. 

Synopsis :

Après 15 ans de vie commune, Marie (Bérénice Béjo) et Boris (Cédric Kahn) se séparent. Or, c’est elle qui a acheté la maison dans laquelle ils vivent avec leurs deux enfants, mais c’est lui qui l’a entièrement rénovée. A présent, ils sont obligés d’y cohabiter, Boris n’ayant pas les moyens de se reloger. A l’heure des comptes, aucun des deux ne veut lâcher sur ce qu’il juge avoir apporté.

Une écriture parfaite

L'Economie du Couple
© Fabrizio Maltese

 

Avec l’Economie du Couple, Joachim Lafosse livre un film à l’écriture parfaite. Il enferme ses personnages dans un huis clos et leur fait vivre un enfer au paradis. On ne quitte pas ce très bel appartement entièrement rénové, objet de la discorde. Le réalisateur arrive à donner au film une tension dramatique provoquant un malaise constant chez le spectateur.

Joachim Lafosse tire une réelle force en mettant en scène une situation simple, qui se veut inextricable. A aucun moment, le réalisateur ne prend parti pour l’un ou l’autre de ses personnages. Spectateurs, on est également bien embêtés trouvant que Boris abuse lorsqu’il s’incruste lors d’un diner organisé par Marie avec ses amis. A l’inverse, c’est cette dernière qui est peu intolérante sur les jours de garde des enfants.

L’Economie du Couple : 4 rôles principaux

 

L'Economie du Couple
© Fabrizio Maltese

 

Bérénice Béjo est douce et passionnelle. On ne l’a jamais vue à un tel niveau d’intensité dans son jeu d’actrice. Elle est comme blessée par des démons intérieurs sans tomber dans la démesure. Elle pleure beaucoup, crie souvent mais est paradoxalement extrêmement touchante. On sent que l’actrice joue avec passion.

Cédric Kahn interprète un être plus froid, qui est davantage laxiste sur les règles et pas toujours très ordonné dans ses idées. Il est le pendant contradictoire de Bérénice Béjo qui est dans la totale maîtrise. Ensemble, ils forment un duo attachant, qu’on a peine à voir se déchirer.

L'Economie du Couple
© Fabrizio Maltese

 

Mais l’Economie du Couple est avant tout une famille ! Ces deux filles, interprétée Jade Soentjens et Margaux Soentjens, sont les soeurs nourricières de l’intensité du film. Elles font l’objet de toutes les attentions, y compris de celles du spectateurs qui ne désirent que leurs bien-être.

Elles sont drôles et captivantes. On retiendra une scène du film où les deux jeunes filles dansent sur Bella de Maitre Gims. Elles entrainent leurs parents dans cette danse exécutoire, comme une pause libératoire au propos grave de l’histoire. A ce moment, Joachim Lafosse nous propose une définition simple de ce qu’est le bonheur familial : un moment de partage.

Un témoignage sociologique

 

L'Economie du Couple
© Fabrizio Maltese

 

Derrière ce conflit autour de la séparation, l’Economie du couple peut parfois être pris comme un témoignage sociologique. La mère de Marie évoque à juste titre la superficialité des couples d’aujourd’hui, qui a la première difficulté divorcent.

Quelques malheureux éléments font rater la perfection à Joachim Lafosse. En effet, on sent qu’il a dû mal à terminer son film. Au lieu de l’amener en douceur vers une fin dont on se doute de l’issue, le réalisateur préfère tomber dans le sensationnel perdant un peu de crédibilité.

De même, le film ouvre des portes que le cinéaste oublie de refermer comme le lien qu’entretient Boris avec les délinquants du quartier.

Ces quelques défauts ne viendront pas noircir une oeuvre méritante qui est un beau travail d’orfèvre scénaristique.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 10/08/2016
  • Distribution France : Le Pacte

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