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Vacances a Venise affiche

[CRITIQUE] « Vacances à Venise » (1955) de David Lean

Alors que l’été 2016 nous accorde quelques jours de-ci de-là de vraies journées et soirées estivales, c’est-à-dire chaudes et ensoleillées, pourquoi ne pas pousser la porte d’une salle de cinéma pour (re)découvrir Vacances à Venise (Summertime, 1955) de David Lean en version restaurée ?

 

Synopsis :

Jane Hudson (Katharine Hepburn), modeste secrétaire américaine, a choisi de passer ses premières vacances européennes à Venise dans une pension tenue par la signora Fiorini (Isa Miranda). Célibataire d’âge mûr, elle rencontre à la terrasse d’un café de la place Saint-Marc un bel Italien du nom de Renato de Rossi (Rossano Brazzi)…

Vacances à Venise :

 

Générique peint, musique entraînante d’Alessandro Cicognini (compositeur notamment de films de Vittorio de Sica et de la série des Don Camillo), bruitage sd’avion, de bateau, de train et nous voilà transportés de la ville d’Akron (Ohio) aux États-Unis à Venise en Italie.

C’est ensuite dans un train fonçant dans le premier plan du film que nous apparaît pour la première fois une Katharine Hepburn toute excitée de passer ses vacances dans la ville italienne. Armée d’une caméra qui filme tout ce qu’elle voit comme une touriste frénétique, le personnage de Jane Hudson est plongée rapidement dans l’agitation de la célèbre ville italienne et de ces transports en commun. Le cinéaste David Lean prend même le temps de filmer son trajet (en bateau, à pied) de la gare à la pension de la signora Fiorini où elle logera.

Vacances à Venise alternera ainsi entre scènes de dialogues et scènes muettes où Jane Hudson se baladera dans les rues de la ville et posera métaphoriquement via sa caméra le regard amoureux du cinéaste sur la ville. Comme lors de cette amusante succession de plusieurs plans d’horloges à automates.

Un bel hommage
et une belle histoire d’amour

 

Le film Vacances à Venise est donc d’abord un très bel hommage à la ville qui est magnifiquement mise en valeur par le directeur de la photographie Jack Hildyard — il remportera deux ans plus tard l’Oscar de la Meilleure photographie pour Le Pont de la rivière Kwaï du même réalisateur.

Mais il est aussi une belle histoire d’amour. En effet, dans Venise la Sérénissime, la célibataire endurcie et fière de l’être qu’est Jane Hudson succombera aux charmes d’un bel italien. Ce qui donnera lieu à des scènes très drôles de quiproquos et de maladresses comme :

  • le deuxième rendez-vous manqué entre eux sur la terrasse du café de la Place Saint-Marc,
  • la scène réalisée sans trucage et sans doublure de la chute de Jane dans un canal,
  • ou le comportement soudainement de midinette de Jane à la vue de son beau Renato.

Si l’amour viendra remplir pendant quelques jours le vide ressenti par Jane Hudson lors de son séjour  — elle dira notamment que « deux, c’est le plus beau chiffre du monde » à une des pensionnaires de la pension Fiorini —, celle-ci finira par le fuir car « toute [sa] vie, [elle s’est attardée] faute de savoir quand partir ». Ainsi, cachée au départ derrière sa caméra pour filmer une Italie de carte postale, elle finira par repousser son amant et reprendre ses distances par peur de souffrir.

Une jolie comédie dramatique pour l’été

 

Le mouvement intéressant du long métrage Vacances à Venise est les deux trajets opérés par l’actrice Katharine Hepburn et le cinéaste David Lean tout au long du film :

  • l’une tire son personnage vers le comique et la joie de vivre de cette belle célibataire affirmée,
  • l’autre lève peu à peu le voile sur la solitude et le grand vide qui la poursuivront probablement toute sa vie.

Ces deux trajets dessinés par le film font de ce Vacances à Venise une jolie comédie dramatique à découvrir cet été d’un cinéaste David Lean qui signera plusieurs  chef d’œuvres  du cinéma (Le Pont de la rivière Kwaï, Lawrence d’Arabie, Le Docteur Jivago)

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 13/07/2016
  • Distribution France : Les Acacias

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