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[CRITIQUE] « Truman » (2015) de Cesc Gay

Comment accompagner les gens que l’on aime dans les derniers instants de la vie ? Cinq fois récompensés aux Premios Goya en Espagne, Truman est un très beau film qui émouvra les âmes les plus solides, le tout en riant.

Synopsis :

Julián (Ricardo Darín) est atteint d’un cancer. Il reçoit la visite de son ami de jeunesse Tomás (Javier Cámara), venu exprès du Canada pour le soutenir. Ces retrouvailles vont profondément affecter les deux hommes et renforcer leur amitié.

Truman :
Pleurer de rire, pleurer et rire

 

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© D.R.

Ricardo Darín est un acteur et comédien acclamé en Argentine. Depuis le succès international de Les Neuf Reines (Nueve Reinas, Fabián Bielinsky, 2000) et celui de l’Oscar du Meilleur Film Étranger Dans ses yeux (El Secreto de sus Ojos, Juan José Campanella, 2009), Ricardo Darín s’est vu proposer des grands rôles à Hollywood… et des offres alléchantes. Refusant d’être catalogué « acteur latino », car selon lui trop souvent associé au grand banditisme, l’artiste préfère choisir ses personnages avec soin afin qu’ils soient avant tout porteurs d’un message : « Ma célébrité doit être utile ». Plus récemment, on l’a retrouvé avec jubilation dans une production de Pedro Almodóvar Les Nouveaux Sauvages (Relatos Salvajes, Damián Szifron, 2014), récit kafkaïesque dans lequel il incarnait un malheureux quadra terrassé par la bureaucratie argentine : l’équivalent d’une journée en enfer à Buenos Aires…

Aux côtés de l’ibérique Javier Cámara, inoubliable dans Parle avec elle (Habla con ella, Pedro Almodóvar, 2002), Ricardo Darín confirme sa force cynique en jouant Julián, atteint d’un cancer incurable. Entre gravité et dérision, l’homme reste digne. Car enfin, la vie n’est qu’une grosse farce dont il faut se moquer, à l’image de ces comédiens peinturlurés adaptant au théâtre Les Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos. Un Valmont coureur de jupons et fatigué, mais qui y voit plus clair sur les sentiments, l’amour filial ou l’amitié.

Et à la différence du personnage qu’il incarne sur scène tous les soirs, Julián ne mourra pas seul. Il a accueilli dans son cœur les êtres qui lui ont tendu la main et s’est réconcilié : son fils, son ex-femme, Tomás, Paula (Dolores Fonzi)… et bien-sûr son fidèle chien Truman.

« Ayudar a morir » (« Aider à mourir »).
— Ricardo Darín

 

Truman image-1
© D.R.

Connu du grand public de l’autre côté des Pyrénées depuis En la ciudad (2003), le réalisateur Cesc Gay trouve dans Truman l’équilibre entre tristesse et joie, chagrin et bouffonnerie, pour parler d’un sujet des plus essentiels : l’acceptation de la mort et l’importance de l’entourage dans cette ultime épreuve que nous réserve la vie.

Une personne souffrante doit faire face à la paralysie des autres et pire, à leur indifférence : « L’odeur de la mort leur fait peur » lance Julián. Les nouveaux – et derniers – liens qui se tissent entre Julián et Tomás ne s’éloignent jamais de la complicité masculine, mais n’en sont que plus sincères. Les sentiments de colère, d’impuissance, de compassion… sont en fait tout ce que l’on attend de ses proches lorsque l’on doit se préparer. Julián a mûrement réfléchi et souhaite mettre un terme au combat.

« Tu sais quand le film vient te voir, te chercher. Ce film est venu nous chercher. »
— Javier Cámara

Dans sa mission, Tomás comprend qu’il faut se taire et écouter, accepter le moindre caprice du mourant car ce sont ses dernières volontés : « C’est une amitié de silence, l’accompagnement » (Javier Cámara). Un accompagnement fait de larmes et d’éclats de rire.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 06/07/2016
  • Distribution France : La Belle Company

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