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[CRITIQUE] « Man on High Heels – Le flic aux talons hauts » (2014), un polar atypique

Découvert lors de l’ouverture du passionnant cycle « Séoul hypnotique » (« 매혹의 서울 ») du Forum des Images en 2015, le film Man on High Heels – Le flic aux talons hauts (하이힐) de Jin Jang sort enfin en salles. Ce polar d’un réalisateur pince-sans-rire coréen  est un régal !

 

Synopsis :

Yoon Ji-wook (Cha Seung-won) est un policier endurci bardé de cicatrices prêt à tout pour arrêter les criminels qu’il pourchasse — en particulier Heo-gon (OH Jeong-se), un mafieux notoire et cruel. Sa jeune collègue (E Som), traque, elle, un violeur en série et tombe peu à peu amoureuse de Ji-wook. Mais elle ignore que Ji-wook ne nourrit qu’un seul désir : devenir une femme…

 

Man on High Heels – Le flic aux talons hauts :
un beau voyage filmographique en Corée

cycle "Séoul hypnotique" - affiche

Avec plus de 80 films, des invités – le réalisateur Jang Jin et l’actrice Ye Ji-won notamment -, une carte blanche au Festival de Busan et des cours de cinéma, le cycle « Séoul hypnotique » promettait un beau voyage filmographie en Corée. Impression confirmée d’ailleurs dès l’ouverture avec le long métrage de Jin Jang, Man on High Heels – Le flic aux talons hauts.

Aucun film de Jin Jang n’avait été distribué en France jusque-là, ce qui fait que connaissant la qualité de sélection des programmateurs du Forum des Images, notre curiosité en a été décuplée.

 

« Un homme sur de hauts talons »

 

 

En fait, ce sont deux choses qui nous ont poussé à découvrir ce film :

  1. Tout d’abord, le titre du film. Man on High Heels, soit « un homme sur des hauts talons », sous-entend un travesti dans le rôle principal d’un polar !
  2. Ensuite, la bande annonce du film pour le festival (voir plus bas). Celle-ci contient notamment une très belle scène de combat sous la pluie avec des parapluies. D’une beauté chorégraphique à couper le souffle, celle-ci nous a fait penser à des images de la trilogie Matrix (1999-2003).

 

 

Alors direction la salle 300 du Forum des Images où la séance s’ouvrait sur l’étrange anecdote en flashback d’un caïd de la mafia qui raconte à ses sbires sa première rencontre avec le légendaire policier Yoon Ji-woo. C’était dans un sauna où ils étaient nus tous les deux quand se plaçant face à lui, Yoon Ji-woo se mit à le frapper violemment au visage, le sexe à hauteur de son visage !

Ces anecdotes et ces légendes vont entourer avec ironie Yoon Ji-woo d’un statut de surhomme alors que lui ne rêve que d’être une femme. Admiré de tous, hommes et femmes, il n’arrive pas à assumer sa féminité alors qu’il ne rêve que de cela depuis son adolescence. Ce qui donne des sous-entendus homosexuels dans ses relations aux autres, notamment dans ses violents et « artistiques » corps à corps à corps avec les mafieux.

Le plaisir de la découverte

 

 

Le réalisateur Jin Jang s’amuse donc du machisme des films de polar avec ce justicier proche d’un Dirty Harry où la fin justifie les moyens. Derrière cette attitude cool et cette force se cache un homme qui désire au plus profond de lui changer de sexe et devenir la femme qu’il a toujours voulu être. Ce qui donne une alternance de scènes d’un policier en butte à la violence des gangsters avec des flashback d’un adolescent en proie aux délices d’un amour homosexuel contrarié.

Bien évidemment, côté réalisation, comme toujours dans les films asiatiques, la mise en scène des combats est impressionnante. Ralentis, accélérés, angles de prises de vue et montage donnent à ces séquences une incroyable beauté formelle et à cet homme un statut d’icône.

Man on High Heels – Le flic aux talons hauts est donc la surprenante et paradoxale histoire d’un homme qui vit dans un monde de violence mais qui rêve de tendresse.

Bref, Grand Prix du Festival international du film policier de Beaune, ce Man on High Heels – Le flic aux talons hauts est un film atypique à ne pas manquer !

 

 

En savoir plus :

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