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elvis et nixon photo
© Warner Bros

[Dossier] Dicks & Kings : les meilleures incarnations de Nixon et d’Elvis au Cinéma

The Dicks

 

Richard « Tricky Dick » Nixon est l’un des Présidents les plus controversés de l’histoire américaine. Sa politique, sa personnalité, sa roublardise… Et surtout son Watergate, immortalisé à l’écran par Alan J. Pakula dans le célèbre All The President’s Men (1976) — ou dans la comédie très « girly » Dick (1999), avec les jeunes Kirsten Dunst et Michelle Williams (mais aussi avec Will Farrell dans un petit rôle digne de… Robert Redford).

Nixon est une figure historique complexe qui fascina bon nombre de réalisateurs (d’Oliver Stone à Robert Altman), offrant aux cinéphiles une poignée de performances d’acteurs inoubliables.

Et nos trois acteurs favoris sont…

1- Frank Langella, Frost/Nixon (2008)

 

 

Le film de Ron Howard retrace la célèbre interview TV de Nixon, deux ans après sa démission. Un long entretien qui révéla au grand jour de nouvelles facettes plus personnelles de l’ancien Président.

Frank Langella (Captain Fantastic, The Box) y est magistral. Il se fond parfaitement dans le personnage, en s’appropriant avec naturel et subtilité les différents traits du Président.

L’avantage incontestable de l’acteur est d’avoir d’abord interprété Richard Nixon au théâtre, dans la pièce éponyme de Peter Morgan, qui fut ensuite adaptée en film. Une expérience unique qui fait la différence et nous offre l’une des incarnations la plus fidèle et la plus aboutie à ce jour.

2- Anthony Hopkins, Nixon (1995)

 

 

Avec Nixon, Oliver Stone met en scène son propre Citizen Kane. Le réalisateur dramatise le destin de Richard Nixon en dessinant un portrait ouvertement expressionniste du Président. Une démarche diamétralement opposé à la quête de réalisme et d’authenticité de Frost/Nixon.

La prestation d’Anthony Hopkins est ainsi endiablée, charismatique, exagérément dramatique, mais le tout au service du film. Son incarnation de Nixon n’est donc pas des plus fidèles, mais elle n’en est pas moins captivante et puissante. Un tour de force pour l’acteur gallois qui crève l’écran dans chacune des scènes de ce fascinant biopic de trois heures.

 

3- Philip Baker HallSecret Honor (1984)

 

 

Le Richard Nixon de Philip Baker Hall (Magnolia, Dogville) est d’un tout autre genre. Adapté d’une pièce de théâtre, ce film expérimental de Robert Altman met en scène un Nixon volontairement fictif, isolé dans son bureau avec un enregistreur cassette et une bouteille de whisky. Ce Richard Nixon imaginaire revient sur sa carrière, sa vie, ses succès et ses échecs dans un courant de conscience chaotique, à la limite de la démence.

Philip Baker Hall se perd dans les méandres de son personnage pour en extraire l’essence, la nature profonde. Il ne fait plus qu’un avec le personnage. Une performance unique alliée à une mise-en-abîme originale afin d’explorer comme jamais la nature de cette figure publique et politique. Mieux comprendre Nixon pour mieux comprendre l’Amérique, tel pourrait être la maxime de Secret Honor. Et grâce à l’incarnation totale de son acteur dévoué, le film met à jour de nombreuses vérités cachées derrière ce légendaire portrait.

 

 

Kevin Spacey manque donc totalement le podium face à ses trois prestations de très haut niveau. Pour sa défense, Elvis & Nixon est centré sur Elvis. Nixon n’y tient qu’une place secondaire. De plus, le film est une comédie et les quelques scènes de Kevin Spacey ne lui laisse que peu de place pour briller. Et malgré les efforts de l’acteur, qui maîtrise son jeu corporel et soigne son imitation avec savoir-faire, sa prestation en ressort assez superficielle et caricaturale.

À noter tout de même que Ron Howard avait donné sa chance à Kevin Spacey pour prendre le premier rôle de Frost/Nixon. L’acteur était même allé jusqu’à envoyer des essais filmés avec le look Nixon et sa meilleure imitation du personnage. Mais l’avantage de Frank Langella, rôdé par la pièce de théâtre, a finalement été insurmontable.

Kevin Spacey confiera même plus tard avoir retrouvé ces essais filmés dans l’idée de mieux se préparer pour Elvis & Nixon. Il aurait ainsi pris conscience des imperfections de son jeu et les aurait corrigées pour sa deuxième tentative, certainement plus réussie, mais trop anecdotique pour rester dans les annales.

Emilio M.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
Passionné de films et de séries, made in USA et d’ailleurs…

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Emilio M.

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