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“Casablancas, l’homme qui aimait les femmes” (2016) de Hubert Woroniecki

Homme au style de vie controversé suscitant souvent la polémique, John Casablancas a été l’agent des plus grandes stars de la mode des années 90. Notre critique de Casablancas, l’homme qui aimait les femmes (Casablancas The Man Who Loved Women) de Hubert Woroniecki.
  

Synopsis :

Fondateur de l’agence de mannequinat Elite en 1972, il crée avec elle le concept de “super-models” qui va révolutionner l’industrie de la mode pendant trois décennies. John Casablancas, l’homme dans l’ombre de Cindy Crawford, Iman, Stéphanie Seymour, Naomi Campbell, Linda Evangelista, Gisèle Bündchen… se raconte au crépuscule de sa vie dans ce documentaire posthume qui lui est dédié, “John Casablancas, l’Homme qui aimait les femmes” de Hubert Woroniecki. 

Quand le storytelling s’invite dans un documentaire…

© Jacques Silberstein
© Jacques Silberstein

 

Séducteur invétéré plaçant son amour pour les femmes au cœur de sa réussite, John Casablancas comprit très vite que la clé de celle-ci tenait dans sa capacité à savoir raconter des histoires.

Glamour, extravagance, controverse gravitent autour des aventures de cet irréductible séducteur qui a construit sa réussite sur son amour pour les femmes. Conteur d’histoires qui utilisa tous les ressorts du storytelling à l’américaine pour ériger les mannequins sur les podiums de la culture populaire, John Casablancas aimait certes les femmes, mais il aimait et savait surtout raconter des histoires, jusqu’à la sienne qu’il nous livre ici à la première personne. Dans Casablancas, l’homme qui aimait les femmes, en off, sa voix romance, confesse, assume, ironise, récuse, mais aussi formate. Brouiller les frontières entre le réel et la fiction est bien le parti qu’a voulu prendre le réalisateur Robert Woroniecki désireux de ne pas livrer une analyse journalistique décortiquant le milieu de la mode de ces années-là mais un récit plus intime, narré de l’intérieur. Son déclic pour réaliser le film, trouver sa forme, a été un autre documentaire, “The Kid stays in the Picture” de Nanette Burstein et Brett Morgen qui relate la vie de Robert Evans, s’ouvrant sur une citation qui nous semble opportun de retranscrire ici.

“There are three sides to every story : your side, my side, and the truth. And no one is lying.”
Robert Evans 

Dans John Casablancas, l’homme qui aimait les femmes, la question n’est pas de savoir si ce que l’on nous raconte est vrai ou non mais plutôt de savoir si le message qui est derrière l’histoire est valable.

… les portraits se formatent à la Casablancas

© John Casablancas
© John Casablancas

 

De New York à Paris, de la fameuse models war à la mise en péril d’Elite, le film Casablancas, l’homme qui aimait les femmes scanne trente années durant lesquelles John Casablancas, personnage ambigu devenant une caricature sous les feux des projecteurs, a bâti son empire en rendant les mannequins plus célèbres que les vêtements portés jusqu’à ce que ce système dont il fit l’instigateur révèle ses effets pervers. Les scandales alimentent la presse, les caprices des filles se cristallisent dans une déclaration de Linda Evangelista disant ne pas sortir de son lit pour moins de 10 000 dollars par jour. Le star system fragilise l’industrie de la mode qui n’hésitera pas à en sortir quelques années plus tard en gommant la personnalité des mannequins. En 1999, un documentaire diffusé par la BBC dénonce des pratiques à la morale douteuse qu’orchestrerait le directeur d’Elite Europe, ternissant la réputation de l’agence qui inciterait des mannequins toujours plus jeunes à consommer de la drogue. John Casablancas tire sa révérence en 2000. En 2004, Elite NY dépose le bilan.

On ne souvient alors de la phrase synthétique de Casablancas, l’homme qui aimait les femmes. John Casablancas, l’homme qui a façonné les années 90 avec ses critères de beauté, l’idée qu’il se faisait de la femme et du sexe, dit ne pas savoir si tout cela avait un sens mais s’être beaucoup amusé. L’histoire commence ainsi.

  • Date de sortie France : 29/06/2016
  • Distribution France : UFO Distribution
Laurence Henry

Laurence Henry

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Amatrice de films, de livres et de musiques en tout genre.

Top 5 Cinéma : "Psychose", "After Hours", "Jackie Brown", "Une femme sous influence", "Edvard Munch"
Laurence Henry

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