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« wonder.land », un musical 2:0

Avec le musical rock wonder.land, Damon Albarn fait son retour au Théâtre du Châtelet pour adapter l’univers de Lewis Carroll en compagnie de l’auteure Moira Buffini et du metteur en scène Rufus Norris.
   

Synopsis :

Aly (Lois Chimimba), malheureuse chez elle et à l’école, s’échappe dès qu’elle le peut dans le monde virtuel de wonder.land, un jeu en réseau dans lequel chaque participant se crée un avatar. Au sein de cet univers peuplé de personnages étrangement familiers, elle devient Alice (Carlie Bawden), l’adolescente belle et courageuse qu’elle rêve d’être dans la réalité.   

« Who do you want to be? »

 

 

Après le musical Monkey : Journey to the West (2007), le co-fondateur des groupes de britpop Blur et Gorillaz, Damon Albarn met donc en musique les romans Alice au pays des merveilles (1865) et De l’autre côté du miroir (1871) de Lewis Carroll dans une version résolument contemporaine. L’Alice de cette adaptation s’appelle ici Aly. C’est une adolescente métissée à la coiffure afro qui vit dans un immeuble des quartiers populaires de Londres. Elle a un petit frère en bas-âge et ses parents ont divorcé après que son père ait perdu toutes leurs économies dans des jeux en ligne.

Issue de cette génération dite « digitale native », Aly évolue le nez toujours collé à son smartphone entre sa chambre, le métro, le supermarché et son école. Le quotidien aux couleurs grises dans lequel elle vit ne la fait pas rêver et sous les conseils d’un Maître de Cérémonie (interprété par Hal Fowler) très présent, elle va pousser la porte du monde virtuel du site internet wonder.land où il est possible de devenir quelqu’un d’autre.

Sous un pseudonyme, elle va se créer un avatar complètement à l’opposé de ce qu’elle est : cheveux blonds, robe bleu et talons hauts. L’avatar choisi, voilà Aly plongeant dans un terrier numérique où, à l’image du film Le Magicien d’Oz (1939), des couleurs psychédéliques vont se projeter sur les couleurs ternes de son quotidien. 

Le règne de la Reine Rouge

 

 

Fuyant les brimades de trois camarades de classe (interprétées par Witney White, Abigail Rose et Stéphanie Rojas) et l’autorité très stricte de la directrice de son collège, Ms Manxome (interprétée par Anna Francollini), Aly va s’évader dans wonder.land où elle va faire la rencontre de  nouveaux amis aussi complexés qu’elle et cachés derrière des avatars : une souris géante (interprétée par Ed Wade), des jumeaux (interprétés par Sam Archer et Leon Cooke), un Dodo (Ivan de Freitas)…

En suivant le lapin blanc numérique (interprété par Joshua Lacey), l’adolescente en pleine crise d’identité qu’est Aly va affronter des péripéties à travers l’image virtuelle qu’est Alice. Mais loin d’être totalement aux ordres de la joueuse Aly, cette Alice 2:0 se révèlera douée d’autonomie et capable de questionner certains choix ou propos d’Aly au cours de la partie.

Une partie qui prendra une vilaine tournure vers la fin de la première partie quand la directrice Ms Manxome confisquera le téléphone d’Aly et séduite à son tour par wonder.land, transformera l’avatar Alice en Reine Rouge pour régenter wonder.land et bouleverser la vie d’Aly. Mais grâce à son nouvel ami gay et fan de jeu de zombies, Luke Laprel (interprété par Enyi Okoronkwo), Aly va faire preuve de courage pour reprendre possession de son compte hacké, sauver son avatar, ses nouveau amis virtuels et se réconcilier avec ses parents.

Un wonder.land pop, rock et virtuel

 

 

Dans cette quête initiatrice, le musical wonder.land distille tout du long les scènes-clés des livres de Lewis Caroll comme les impressionnantes magnifiques images de synthèses du Chat du Cheshire ou la magnifique chorégraphie de la Chenille au narguilé.

La mise en scène de Rufus Norris superpose ou alterne avec fluidité et talent le monde réel et gris d’Aly avec le monde virtuel et coloré d’Alice à travers les chorégraphies, les décors, les jeux de lumières et les projections.

Le livret et les lyrics de Moira Buffini jouent avec délectation de la langue anglaise pour donner vie à l’univers d’Aly/Alice, tout en y distillant quelques phrases en français pour le public du Théâtre du Châtelet.

Côté musiques, Damon Albarn propose une plongée dans un univers musical composé de sonorités de pop-rock et de jeux vidéos.

Enfin, le casting de wonder.land est homogène et de qualité, avec cependant une mention spéciale à Anna Francollini qui interprète la grande méchante de l’histoire avec un plaisir et un talent certains. Elle a même droit à une longue tirade en français avec son accent anglais.

Bref, pop, rock, foutraque, virtuel et anglais, ce wonder.land confirme la qualité de chacun des musicals produits ou co-produits par le Théâtre du Châtelet.

Un vrai plaisir 2:0 !

 

 

En savoir plus :

  • wonder.land au Théâtre du Châtelet (Paris, France) du 7 au 16 juin 2016
  • Spectacle à partir de 10 ans

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