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© Wild Bunch

[Critique] « Grave » (2016) de Julia Ducourneau, prix FIPRESCI au Festival de Cannes 2016

Cet article est le 17e sur 21 pour #Cannes2016

Grave de Julia Ducourneau est présenté à la Semaine Internationale de la Critique à Cannes 2016. Le film français bouscule la croisette et repart avec le prix FIPRESCI, décerné par la presse internationale. Notre critique. 

Synopsis :

Dans la famille de Justine (Garance Marillier) tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée (Ella Rumpf) est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

Grave, le cannibalisme à la française

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© Wild Bunch

Aux États-Unis, on connait le phénomène du cannibalisme au cinéma. En fer de lance, le personnage d’Hannibal Lecter est l’icône représentatif de ce mouvement. En France, ce sujet d’épouvante est plus rare dans les films. On souligne ainsi l’audace de la réalisatrice Julia Ducourneau de s’attaquer à ce thème dans Grave. Elle donne à sa filmographie un point de vue singulier, jouant ici entre le film d’horreur et la comédie.

Grave commence comme un bon film français façon Thomas Lilti. On rentre dans l’univers des étudiants vétérinaires et on découvre les travers de leur sordide week-end d’intégration. C’est très propre, avec une vision réaliste percutante. Puis, on tombe petit à petit dans un autre genre, lorsqu’on voit apparaitre les premières réactions de Justine après avoir mangé de la viande crue. On sent que l’histoire bascule dans un délire jouissif qu’on est totalement prêt à suivre.

Œuvre libérée et décomplexée

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© Wild Bunch

Effusion de sang, zombies sanguinaires, la façon de tourner de la cinéaste est clairement empruntée des séries Z, les mêmes qui inspirent Quentin Tarantino ou Robert Rodriguez. Julia Ducourneau pousse ses acteurs à se transcender dans une interprétation qui leurs fait perdre leur humanité. La très jolie Garance Marillier, douce et timide au début du film, arrive à prendre les traits d’un hideux personnage, prêt à faire frissonner le spectateur.

La réalisatrice arrive à donner un ton résolument jeune à son Grave. Son film est libéré, porté sur les vices de l’adolescence. On y parle de sexe, de drogues et autres perversités tout en gardant une certaine légèreté et sans jamais tomber dans le vulgaire. L’intérêt de Grave résulte avant tout d’une bonne humeur que le film dégage. Ce climat s’accompagne d’une tension dramatique qui n’est pas sans rappeler la découverte It Follows (2014) de David Robert Mitchell.

Œuvre décomplexée et sans limite, cette petite pépite ne doit pas restée inconnue du grand public.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 15/03/2017
  • Distribution France : Wild Bunch Distribution
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
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