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J'ai tué ma mère affiche

[CRITIQUE] “J’ai tué ma mère” (2009) de Xavier Dolan

Alors que Xavier Dolan vient juste de recevoir un Grand Prix à Cannes pour son film Juste La Fin Du Monde, la chaine OCS organise en mai 2016 un cycle autour du réalisateur. A cette occasion, nous avons découvert à nouveau son premier film J’ai tué ma mère. Notre critique

Synopsis :

Hubert Minel (Xavier Dolan) n’aime pas sa mère. Du haut de ses 17 ans, il la jauge avec mépris, ne voit que ses pulls ringards, sa décoration kitsch et les miettes de pain qui se logent à la commissure de ses lèvres quand elle mange bruyamment. Au-delà de ces irritantes surfaces, il y a aussi la manipulation et la culpabilisation, mécanismes chers à sa génitrice (Anne Dorval). Confus par cette relation amour-haine qui l’obsède de plus en plus, Hubert vague dans les arcanes d’une adolescence à la fois marginale et typique -découvertes artistiques, expériences illicites, ouverture à l’amitié, sexe et ostracisme- rongé par la hargne qu’il éprouve à l’égard d’une femme qu’il aimait pourtant jadis.

Xavier Dolan, un cinéaste humaniste

 

J'ai tué ma mère photo
© Rezo Films

 

J’ai tué ma mère s’ouvre par une scène confession ou le protagoniste parle à la caméra sous la forme d’un journal intime. Il avoue comme un pêcher ne plus aimer sa mère, alors qu’il était terriblement lié à elle par le passé. Puis, on découvre cette génitrice en la personne d’Anne Dorval, qui ne nous parait pas si terrible que ça. Xavier Dolan va alors jouer avec les normes sociales et les contradictions. Il dépeint une situation de fait contre nature, un fils qui n’aime pas sa mère, sans s’attarder sur les raisons de cette antagonisme.

Dans ce premier film, on retrouve la portée très humaniste de Xavier Dolan avec une volonté de mettre en scène des personnages aux tempéraments forts et affirmés. Hubert Minel est une sorte d’extension des peurs du cinéaste qu semble mettre beaucoup de lui dans cette histoire. On retrouve ainsi dans le protagoniste l’émanation d’un jeune homosexuel en échec scolaire et qui a envie de s’émanciper.

J’ai tué ma mère, Un duo d’actrice brillante

 

J'ai tué ma mère photo
© Rezo Films

 

Pour l’accompagner dans ce passage vers l’âge adulte, Xavier Dolan fait jouer Anne Dorval et Suzanne Clément, deux actrices qui jalonneront le brillant parcours du cinéaste puisqu’elles reformeront un superbe duo pour Mommy (2014). Suzanne Clément est la professeure, l’amie et la confidente. Alors qu’Anne Dorval incarne cette figure d’autorité, qu’elle gardera à travers les oeuvres du réalisateur.

J’ai tué ma mère, c’est aussi la recherche d’un style pour le réalisateur. On y retrouve ses ralentis caractéristiques, filmant ses personnages de dos en train de marcher vers un but précis. C’est aussi l’avènement des premiers clips musicaux insérés dans ses œuvres. On retrouvera par la suite le celèbre “On ne change pas” dans Mommy (2014) puis “Dragostea din tei” dans Juste La Fin Du Monde (2016).

Avec J’ai tué ma mère, Xavier Dolan apporte une jeunesse et une candeur dans le milieu du cinéma. Encore loin de l’arrogance qu’on peut lui connaitre aujourd’hui, il porte un message qui vient directement du coeur et qui a une portée universelle.

 

 

En savoir plus :

  • J’ai tué ma mère est diffusé actuellement sur OCS Max et disponible en replay sur OCS Go
  • Cycle Xavier Dolan sur OCS Max et en replay sur OCS Go
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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