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[Critique] « Braqueurs » (2016) de Julien Leclerq

Avec Braqueurs, son 4e film, Julien Leclerq nous sert une fois de plus un shot d’une substance qu’il commence à bien maîtriser : l’adrénaline ! L’avis et critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Yanis (Sami Bouajila), Eric (Guillaume Gouix), Nasser (Youssef Hajdi) et Franck (David Saracino) forment l’équipe de braqueurs la plus efficace de toute la région parisienne. Entre chaque coup, chacun gère comme il peut sa vie familiale, entre paranoïa, isolement et inquiétude des proches. Par appât du gain, Amine (Redouane Behache), le petit frère de Yanis va commettre une erreur… Une erreur qui va les obliger à travailler pour les caïds de la cité. Cette fois, il ne s’agit plus de braquer un fourgon blindé, mais un go-fast transportant plusieurs kilos d’héroïne. Mais la situation s’envenime, opposant rapidement braqueurs et dealers…

Sami Bouajila, Guillaume Gouix, Youssef Hajdi et le rappeur Kaaris sont les ingrédients ingénieusement mixés d’un cocktail parfait pour un hold-up des cœurs… et pourquoi pas du box-office ! Voici pourquoi.

Braqueurs, un film réaliste

Réalisme est le mot-clé dans le film Braqueurs. Évidemment on pourrait dire que l’histoire mise au point par Simon Moutaïrou et Julien Leclercq n’a rien de vraiment surprenant. Certains diront qu’il s’agit juste d’une histoire de voyous, mais ceux qui vont souvent au cinéma savent qu’une histoire, pour toucher les spectateurs, ne doit pas forcément être totalement originale. Sinon aucune salle ne serait pas comble pour tous les reboots que peut nous servir Hollywood… L’histoire qui nous est servie doit donc surtout être bien construite et bien racontée et c’est le cas avec Braqueurs.

Julien Leclercq ne fait pas l’apologie des mauvais garçons. Il présente juste le quotidien de ces hommes qui ont comme chacun d’entre nous quelque chose de particulier, ce petit truc en plus étant chez eux une intelligence mise au profit  de ce qui est hors-la-loi.  On est de plus très loin d’une vie flamboyante, rien qui fasse vraiment rêver et d’ailleurs, la seule personne qui veut briller, fait tout déraper. Julien Leclercq ferait donc tomber un mythe car il prouve ainsi que dans la vraie vie, les voyous qui veulent durer ont tout intérêt à se terrer plutôt qu’à se la raconter. Film de voyous donc, mais on est plus près des Sopranos que de Casino.

Julien Leclercq simple mais efficace

Le réalisme et la sobriété, mise à part la description de cette vie pas si simple — on ne va pas pleurer non plus, mais bon —, Julien Leclercq les illustre dans sa façon de filmer. Une ambiance sobre, des couleurs neutres, une caméra au poing qui nous fait courir avec les protagonistes, mais juste ce qu’il faut pour nous faire entrer dans l’histoire, des courses-poursuites parfaitement réalisées certes mais sans effets de surenchère, on n’est ni dans Taxi, ni chez Michael Bay, et surtout pas de surenchère dans le Ketchup. On est plus dans l’instant que dans l’exagération de mouvements. Par exemple, le choix que fait le réalisateur  de nous montrer la douleur face à la perte de l’être cher plutôt qu’une énième vision d’horreur, nous rajoutant ainsi un élément de suspense, qui prouve bien sa volonté de ne pas tomber dans une certaine facilité.  Un de ces éléments à priori pas très compliqués mais auquel il faut penser et qui font toute la singularité et l’efficacité de ces Braqueurs.

Sami Bouajila toujours impeccable, Guillaume Gouix qui confirme, Kaaris pas du tout ridicule

Julien Leclercq aime ses acteurs. Cela se voit à la façon dont la caméra accroche l’immense Sami Bouajila, qui prouve une fois de plus qu’il peut tout jouer, y compris ce voyou taiseux qui inonde le film de son charisme, même lorsqu’on ne voit que sa nuque. Pas beaucoup plus bavard, Guillaume Gouix fait mieux que tenir sa position, tandis que Kaaris arrive à être intimidant, et à l’image du film, sans surenchère.

En somme, Braqueurs est une histoire bien ficelée, avec un casting idéal. C’est un film de genre qui en respecte les codes les plus beaux, ne cherchant pas à se servir d’effets inutiles  On apprécie donc le fait que Julien Leclercq ne se soit pas senti obligé d’ajouter une touche d’humour pour faire passer la pommade. Ce ne sont pas des miséreux, mais n’empêche, on ne rigole pas toujours chez les voyous.

En savoir plus :

  • Date de sortie: 04/05/2016
  • Distributeur France: SND

Fanny N.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
J'aime rire, j'aime pleurer, l'aime danser, j'aime chanter et tout ça, je le vis souvent au cinéma.

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Fanny N.

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