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« To be Hamlet or not », comment échapper à son destin

To be Hamlet or not-affiche

Le Lucernaire accueille actuellement la pièce écrite et mise en scène par Charlotte Rondelez, To be Hamlet or not, qui se demande si Hamlet, le célébrissime personnage de Shakespeare, est vraiment condamné à accomplir toute sa destinée tragique. Notre avis sur la pièce.
    

Synopsis :

Hamlet (Harold Savary), dans la tragédie shakespearienne, voit ses proches mourir, tue, meurt. Est-il enfermé à jamais dans les lignes que Shakespeare a tracées pour lui ? C’est tout l’objet de la pièce, qui fait de ce personnage de papier un personnage qui s’incarne, change de réalité, cherche à réécrire le chef d’œuvre shakespearien, entouré par cela d’une myriade de personnages qui appartiennent à la pièce même et à d’autres univers fantasmagoriques et qui sont interprétés par Pauline Devinat, Céline Espérin, Julien Le Provost et Cédric Villenave.

 

Un vent de fantaisie et de folie
dans le théâtre contemporain

 

To be Hamlet or not - (c) Alejandro Guerrero - image-2
© Alejandro Guerrero

Tout respire la fraîcheur et l’excentricité dans cette pièce de et mise en scène par Charlotte Rondelez. Il ne s’agit pas d’assister à une représentation d’Hamlet revisitée ou modernisée. Le texte de Shakespeare est un appui lointain. Charlotte Rondelez se sert du destin tragique d’Hamlet, immensément connu, comme toile de fond, pour laisser libre cours à son imagination et proposer un hymne à la liberté. Pour elle, « la pièce nous enseigne qu’un autre chemin est toujours possible. C’est de le découvrir qui enrichit l’homme ».

Quel est donc cet autre chemin ? Hamlet va être abordé par Pip, un marin, qui lui laisse entrevoir sa condition de personnage de papier et toute l’étendue d’une autre réalité. De là, Hamlet se lance dans une folle aventure pour échapper au fatum qu’a dessiné pour lui Shakespeare.

Non seulement l’idée première de la pièce est stimulante, intelligente et promet de grandes choses sur les planches, mais la représentation de To be Hamlet or not est d’un très haut niveau.

Dans sa mise en scène, Charlotte Rondelez n’exploite pas seulement la scène classique, les comédiens au début de la pièce surgissent de toute part, se présentent, « préfacent » en quelque sorte To be Hamlet or not. 

Sur scène, une plaque de bois tournante accompagne les comédiens dans ces passages d’un univers à l’autre, choix très judicieux qui alimente les mouvements des comédiens et rend d’autant plus vivante la pièce.

Parfois, certains comédiens deviennent les spectateurs des tribulations des autres, commentent, se font metteurs en scène et dramaturges. 

C’est une pièce bigarrée, extrêmement riche, tant à l’écriture qu’à la mise en scène, qui offre au spectateur une multitude de tableaux, d’univers. Tout s’entrechoque, passé, présent, personnages classiques, inventés. 

Il convient aussi de féliciter tous les comédiens de cette pièce, qui brillent véritablement par leur talent et par leur capacité à enchaîner les rôles et les situations. Un clin d’oeil pour Julien le Provost lorsqu’il interprète le personnage de Champy, absolument incontournable dans cette pièce et qui lui donne beaucoup d’étoffe.

 

Une fable sur le libre-arbitre

 

To be Hamlet or not - (c) Alejandro Guerrero - image-4
© Alejandro Guerrero

 

La force de To be Hamlet or not est déjà évoquée dans son titre même. To be Hamlet or not sonde sous la plume et la mise en scène de Charlotte Rondelez, des questionnements existentiels qui s’adressent à tous. Peut-on être libre ? Peut-on prendre une autre voie ? Comment voir le monde autrement ?

Cette réflexion sous-jacente anime la pièce du début à la fin sans que le spectateur n’assiste à des complaintes pesantes de la part d’Hamlet, ou à une myriade de dialogues éculés sur ces thèmes.

Au contraire, To be Hamlet or not fait rire, constitue une véritable comédie et cet éminent problème du libre-arbitre est traité intelligemment par Charlotte Rondelez, avec grandiloquence certes, dans cette succession burlesque et grandiloquente de scènes, mais avec brio. L’ennui ne peut absolument pas guetter le spectateur. 

To be Hamlet or not est une grande pièce, au texte subtil, pénétrant et servie par des comédiens sans reproche.

À ne pas manquer !

 

En savoir plus :

  • To be Hamlet or not de Charlotte Rondelez au Lucernaire (Paris, France) du 16 mars au 1er mai 2016. Du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 15h 

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