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« Section Zéro » saison 1, bienvenue en enfer !

SECTION ZERO -afficheAprès Arte et sa série Trepalium, c’est au tour de Canal+ et Section Zéro de défricher la série d’anticipation en France. Si Arte s’était appuyé sur de jeunes auteurs et un réalisateur chevronné, Canal+ a fait appel à Olivier Marchal, scénariste de nombreux polars au cinéma (36 quai des Orfèvres, MR 73) et à la télévision (Braquo, Borderline), et à Laurent Guillaume, écrivain de romans policiers  (Mako, Delta Charly Delta), pour proposer une série policière futuriste et sombre.

Synopsis :

En Europe, dans un futur proche, les États endettés ont renoncé à leur souveraineté au profit de multinationales, immenses agrégats économiques ultra-puissants. Parmi ces nouvelles « sociétés titans », Prométhée, dirigée par le dangereux Henry Munro (Pascal Greggory). Face à cette entité, l’ancien policier, Sirius Becker (Ola Rapace), va entrer en résistance et diriger un groupe d’élite, la Section Zéro…

Section Zéro :
Une série qui s’appréciera sur la longueur

 

 

Après avoir exploré le genre policier au présent (Braquo) et au passé (Les Lyonnais), il n’est donc pas étonnant de voir qu’Olivier Marchal ait eu envie de conjuguer son univers polar au futur, à travers une série d’anticipation. C’est donc avec une vraie curiosité que nous avons découvert cette première saison de Section Zéro.

Série de 8 épisodes de 52 minutes écrite depuis 2012, Section Zéro est une série qui s’appréciera sur la longueur. En effet, contrairement à ce que son titre pourrait faire penser, la fameuse Section Zéro n’existe pas encore au début de la série mais va peu à peu prendre forme au fil des épisodes.

La série démarre donc lentement car Olivier Marchal, Laurent Guillaume et leur équipe de scénaristes (Franck Philippon, Edgar Marie, David Martinez, Yann Brion) prennent vraiment le temps de planter le contexte, d’introduire chacun des personnages et d’expliquer ce qui va conduire à l’existence de cette unité fantôme de la police.

D’où d’ailleurs le nom de cette unité, Section Zéro, car elle n’existera pas officiellement.

Il faut donc voir plusieurs épisodes de cette saison 1 avant de pouvoir la juger. Car en plus de la patte de films d’action venus des pays de l’Est souvent typique des productions de ce genre par EuropaCorp (co-producteur de la série), les spectateurs vont avoir l’impression de n’avoir droit ici qu’à une succession de scènes de castagnes et de course-poursuites dans des zones de non droits.

Pourtant, la série se révèlera bien plus intéressante que cela au fil de sa première saison.

 

Un monde post-apocalyptique crédible

 

Déjà, il faut reconnaître que l’on est gréé à Olivier Marchal — qui réalise tous les épisodes sauf le dernier réalisé par Ivan Fegyveres — d’avoir évité de multiplier les effets spéciaux numériques.

L’univers décrit par la série n’est pas si lointain (une quinzaine d’années) et cela évite d’avoir à créer un univers futuriste aux nombreux effets spéciaux qui aurait peut être sonner trop faux avec certes un budget confortable pour faire une série (16 millions d’euros) mais toutefois très loin de celui d’un film au cinéma.

Du coup, on a aucun mal à croire à cet univers post-apocalyptique, divisé en deux (les riches et les pauvres) et composé de nombreuses communautés et donc d’autant de personnages :

  • le Directoire de Prométhée dont fait partie Munro et sa dangeureuse milice Black Squad ;
  • la police de la BRCV où travaille Sirius ;
  • les mafieux russes ;
  • la bande des bikers appelés Les Régulateurs ;
  • l’armée déshumanisée et robotisée des Mékas ;

Ensuite, le tournage à l’Est, en Bulgarie plus précisément et notamment au studio Nu Boyana Film Studios — où ont été tournés des blockbusters comme Expendables 3, 300 : La Naissance d’un empire ou La Chute de Londres -, a aussi permis à Olivier Marchal de parfaire son univers sombre et désespéré, influencé par des films d’anticipation dystopique comme Mad Max (1979) — qui l’a marqué lors de sa sortie en salles — et Les Fils de L’homme (2006).

Sans doublure pour les cascades, les comédiens ont été mis physiquement à contribution pour la plupart des scènes d’action qui ont été très souvent tournées dans la continuité, sans coupe.

Pourtant, curieusement malgré ce choix de mise en scène très physique, la série n’est pas aussi violente qu’un Daredevil. Si la violence est bien présente dans Section Zéro, elle est très souvent ellipsée ou recouverte par une musique très présente lors de ces scènes. Ce qui donne d’ailleurs une étrange distance et un sentiment d’irréalité à ces scènes.

Peut-être est-ce un moyen pour Olivier Marchal de contrebalancer un peu la noirceur de son propos.

 

Un tournage intense
physiquement et émotionnellement

 

Entraînés physiquement et émotionnellement par le chorégraphe et metteur en scène de cascades français Alain Figlarz (Largo Winch, Taken 3, Le Transporteur Héritage), les acteurs et leurs personnages ont été mis à rude épreuve sur le tournage et dans l’histoire de Section Zéro.

Le personnage principal Sirius Becker et son acteur Ola Rapace les premiers. Le tatouage « prepare to fight » [NDLR : « prêt à se battre »] tatoué sur le cou, Sirius est un flic encore honnête dans son métier — dans sa vie intime, par contre, ce n’est pas un modèle de mari — mais père d’une fille qui se fait tirer dessus et mari d’une femme qui disparait, il va très vite révélé un passé trouble et une violence qui ne demandait qu’à exploser. Si pour ce rôle, le français de l’acteur suédois Ola Rapace (Wallander : enquêtes criminelles, Skyfall) est un peu hésitant, son jeu physique donne à ce personnage toute sa violence intérieure.

Les autres personnages masculins sont aussi de sacrés gueules marquées par la noirceur de la série comme :

  • le coéquipier fidèle de Sirius, Robert « Bob » Bianchi, interprété par Francis Renaud (La Commune, Braquo) ;
  • la taupe Tony « Batskin » Balestra, interprété par Michaël Erpelding (Qu’un seul tienne et les autres suivront) ;
  • l’ancien membre d’un groupe appelé Cobra, Jancko, interprété par Marc Barbé (Sombre, Les Ogres) ;
  • l’ancien flic reconverti, Franck Varnove, interprété par Tchéky Karyo (Nikita, No Limit) ;
  • le vieux de la vieille et chef de la police, Papa Charly, interprété par Laurent Malet (À mort l’arbitre) ;

Et surtout l’excellent Pascal Greggory (La Reine Margot, Le Dos rouge) qui est plus connu pour son travail au théâtre et dans le cinéma d’auteur mais qui se délecte à jouer dans la série cet horrible personnage qu’est Henry Munro.

Enfin, côté féminin, Olivier Marchal et Laurent Guillaume dévoilent une galerie de personnages forts mais qui comme les personnages masculins s’en prennent plein la tête :

  • au propre comme Elie Klein, le personnage de flic, interprété par Catherine Marchal (MR 73, Borderline), qui est très vite torturée et défigurée ;
  • et au figuré comme la femme de Sirius, Diane Becker, interprétée par Hilde De Baerdemaeker qui va se retrouver enfermée avec son fils dans une prison dorée certes mais une prison tout de même.

Et comme si le tableau n’était pas assez pessimiste, il y a aussi le mystérieux et terrible enfant soldat, interprétée par la jeune Alexandra Todorova.

 

Une série d’anticipation ambitieuse et noire

 

Bref, série d’anticipation ambitieuse et très noire, Section Zéro peut rebuter par sa forme violente et par le temps qu’elle met à prendre ces marques.

Mais si le spectateur accepte d’être patient, il sera peut-être séduit par cette nouvelle prise de risque d’une chaîne française dans un genre (l’anticipation) peu usité dans le pays et par cet univers si désespéré et riche d’Olivier Marchal et Laurent Guillaume qu’ils lui donneront peut-être envie comme à nous d’en parcourir tous les épisodes.

Laissez-vous tenter par cet enfer européen dont la saison 2 dépendra des résultats d’audience de la première.

 

 

En savoir plus :

  • Section Zéro saison 1 est diffusé sur Canal+ à partir du 4 avril 2016 à 20h55 et sera disponible dans la foulée et dans son intégralité sur Canal+ A la demande

 

Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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