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La Marcheuse (2015) de Noël Marandin

LAMARCHEUSE_afficheLa communauté chinoise de Belleville a la côte au cinéma ces derniers mois. Après Shanghai Belleville (2015), c’est au tour de La Marcheuse de Naël Marandin de nous montrer une autre facette de ce quartier : la prostitution chinoise.
   

Synopsis :

Lin Aiyu (Qiu Lan), clandestine chinoise, se prostitue à Paris, dans les rues de Belleville. Elle habite avec sa fille adolescente, Cerise (Louise Chen), à qui elle cache son activité. Leur vie bascule lorsqu’un soir, un inconnu, Daniel Alves (Yannick Choirat), blessé, pénètre brutalement chez elles. Tantôt ravisseur, tantôt prisonnier, l’homme s’impose comme une menace et une chance à saisir…

 

Un début peu entraînant…

 

Peut-on filmer une communauté qui n’est pas la sienne et en apporter un regard intéressant et juste ?

Des films comme Félix et Meira (2014) et Bébé Tigre (2015) ont apporté une réponse plutôt positive à cette question. Tout dépend en fait de son travail de recherche et de documentation en amont. De ce côté-là, il n’y a rien à dire, le réalisateur Naël Marandin a vraiment bien étudié son sujet (la prostitution chinoise à Belleville) pour La Marcheuse.

Pourtant, le début du film n’est pas très entraînant. Une immigrée qui pour survivre se prostitue le jour et tient compagnie à un vieil homme (Philippe Laudenbach) la nuit, cela peut choquer mais il n’y a rien de nouveau. De même, la rencontre avec son ténébreux et dangereux voisin, interprété par Yannick Choirat, est un peu irréaliste. Elle est violente et en même temps simple : celui-ci s’impose dans sa vie sans qu’elle n’y puisse grand chose de par son statut d’immigrée clandestine.

… mais un regard intéressant

sur une communauté méconnue

 

Le vrai intérêt du film est son immersion dans le fameux quartier de Belleville à travers la communauté chinoise. Et le choix du réalisateur de faire parler les personnages dans leur langue maternelle – le français et la langue chinoise de la région du Dongbei (nord-est de la Chine) – n’y est pas pour rien.

De même, le cadrage du chef opérateur Colin Houben. Celui-ci filme au plus près l’actrice principale Qiu Lan, réduisant la profondeur de champ autour d’elle pour mieux représenter sa « discrétion » (d’immigrée clandestine) où elle n’interagit qu’avec les personnes qui lui sont proches, mettant le quartier solaire et vivant de Belleville dans un arrière-plan flou.

Il n’y a que dans le vieil appartement parisien du vieil homme à qui elle tien compagnie la nuit que la profondeur de champ peut augmenter mais c’est finalement compensé par une succession d’espaces restreints (la chambre du vieux, la chambre où elle dort avec sa fille, la cuisine…) où l’extérieur apparaît toujours dans un autre plan, en contrechamp.

Pour les amoureux et les curieux

de la Chine

Si dans cette histoire, chaque personnage (la mère, la fille et le truand) a son histoire (avoir des papiers, rembourser ses dettes, vivre comme les jeunes de son âge), La Marcheuse est surtout le prétexte à dépeindre la réalité d’une prostitution chinoise qui ne concerne qu’une partie de la communauté.

Le film montre ainsi que ces femmes ont fait ce choix volontairement (ni souteneurs ni réseau mafieux) car seule possibilité pour elle d’aider leurs familles restées au pays.

Aussi, bien que l’histoire de La Marcheuse ne tienne pas sur la longueur — la fin est un peu décevante —, il saura séduire les amoureux de la Chine et  les curieux d’en savoir un peu plus sur une communauté à la fois très présente et très discrète au nord de Paris.

 

 

En savoir plus :

  • Date de distribution France : 03/02/16
  • Distributeur France : Rezo Films

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