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King Kong Théorie par Emmanuelle Jacquemard, un texte iconoclaste et libérateur

king-kong-theorie-affiche« Je parle pour les imbaisables, pour les exclus du grand marché à la bonne meuf. Les invendues, les tordues… aussi bien et dans la foulée que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs… ceux qui ont peur tout seuls le soir… On a toujours existé, on a jamais parlé… Je ne m’excuse de rien ». Voilà qui donne le la de ce King Kong Théorie, un texte iconoclaste adapté par Emmanuelle Jacquemard au théâtre Les Déchargeurs.
    

Synopsis :

A propos de King Kong Théorie, Éric Naulleau a écrit : « Chaque ligne suinte d’une haine féroce pour l’Autre ». Alors qu’en est-il de l’adaptation de cette œuvre présentée comme un manifeste néo-féministe par son éditeur Grasset à sa sortie en 2006 ? Tout commence dans un salon, façon Venus Beauté Institut. Cinq jeunes femmes sont en lice sur scène. Manucure pour l’une, abdos pour l’autre… Les actrices sont en peignoir et tenues de plage plutôt sexy… Parti pris et cliché assumés. Le découpage du texte en redonne la quintessence sans mettre l’accent sur la violence. Entre réalité et fiction, l’auteur Virginie Despentes y revisitait sa trajectoire provoc, en une poignée de dates cruciales : 1987, 1991… Et à travers elles : son expérience du punk, du trash, de la loose, de la prostitution, son arrivée à Paris et la pornographie classée parmi les drogues dures. Avec en point d’orgue : le trauma lié à son viol, mis en scène sur fond de poésie. « Ils ont un peu déconné… Ils ont un peu forcé… La fille était consentante… On avait pris le risque. On avait payé le prix. Peur des hommes, de la nuit… dégoût du sexe ».

Le balai des corps

 

La mise en scène donne la part belle aux balais des corps. Tour à tour, immobiles, tendus, nerveux, battus, blessés, salis (par le savon), mais aussi coquins, aguicheurs, délurés, et toujours sensuels. Confortablement installé dans la salle, on assiste à une polyphonie féminine…

Un texte à 5 visages.

Les 5 voix se partagent le « je » de l’auteur, se répondent en quintet, s’emmêlent, s’affrontent, s’aiment et se questionnent.

Qu’est-ce qu’être une femme ?

Un texte nécessaire

 

Pour Emmanuelle Jacquemard, 10 ans après sa sortie, ce texte est plus que jamais une nécessité : « Il m’a aidé à vivre, à réfléchir, à me construire ».

De Science Po à l’administration d’un théâtre, il n’y avait qu’un pas à faire pour gagner les planches. Nous sommes au printemps 2014, elle crée la Compagnie 411 Pierres. S’en suivent plusieurs mois de répétition, d’improvisation et de co-création avec les membres de son collectif.

Bien qu’inégale et encore un brin scolaire par moment, saluons la performance de ces cinq jeunes comédiennes qui n’ont pas froid aux yeux.

Un humanisme aux vertus libératrices

 

Une première mise en scène osée et maitrisée, pour un texte méchamment dérangeant et qui aura fait couler beaucoup d’encre.

Comment ciel une femme ose-telle s’exprimer de la sorte ?

Pour profiter de cette œuvre, il s’agit comme nous le propose la metteure en scène de faire un pas de côté afin de quitter les idées reçues.

Et si la sexualité n’était ici qu’un alibi ?

Au fond la seule haire présente dans ses lignes est bien celle de la peur de l’Autre et de la violence. Ce texte s’adresse à tous, hommes et femmes confondus. Il nous parle du vivre ensemble et du respect de chacun. Sa dimension humaniste possède de réelles vertus libératrices.

A voir sur scène de toute urgence !

 

 

En savoir plus :

  •  King Kong Théorie de Virginie Despentes, mis en scène par Emmanuelle Jacquemard, aux théâtre Les Déchargeurs (Paris, France) jusqu’au 6 février. Reprise espérée par la suite et présence cet été au festival Off d’Avignon

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