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The Revenant affiche

[Critique] « The Revenant » (2015) : Une expérience grandeur nature

Survivor

La trame principale de The Revenant est la lutte constante de Hugh Glass pour survivre à son incroyable expédition pour retrouver les hommes qui l’ont laissé pour mort. Une lutte qui commence dès le début du film avec une spectaculaire séquence où les trappeurs subissent une violente attaque d’Indiens révoltés.

La suite du film ne réserve que très peu de répit pour notre trappeur survivaliste. Attaque de grizzli, trahison meurtrière, torrents glaciales déchaînés, indiens revanchards, français barbares, famine, chute de falaise, nuits hivernales glacées, et pour finir duel à mort. Un périple intense et démesuré qui prend à la gorge, aux tripes, ou même parfois aux deux en même temps.

Hugh Glass esquive donc la mort à maintes reprises à travers le film, mais n’en ressort jamais indemne. Grièvement blessé dès le premier acte, le trappeur va porter tout au long du film plusieurs handicaps physiques ainsi que d’effroyables blessures, toutes saisissantes de réalisme. Un maquillage remarquable, nominé aux oscars, à la hauteur du film et surtout de l’acteur qui le porte.

Leo, brute de force

Pour incarner Hugh Glass, Leonardo DiCaprio s’est investi corps et âme dans ce qu’il définit lui-même comme le rôle le plus dur de toute sa carrière. À travers le film, on voit l’acteur plonger dans des eaux glaciales, manger du foie de bison cru, s’enfouir nu dans une (fausse) carcasse de cheval… Autant d’épreuves physiques qui illustrent des conditions de tournage éprouvantes.

Une telle expérience recèle tout de même certains avantages insoupçonnés, notamment la simple isolation en pleine nature qui force en soi la concentration et l’implication totale de chacun. Pour les acteurs, les deux heures de routes pour accéder chaque jour aux différents décors leurs laissent le temps de s’immerger dans un état d’esprit semblable à celui des personnages. Une sorte de méthode Stanislavski au naturel, avec le froid glacial de l’hiver canadien en prime.

Leonardo DiCaprio s’était en plus parfaitement préparé pour incarner Hugh Glass. Ainsi, quand la lumière commençait à manquer en fin de journée, l’acteur aguerri pouvait rapidement improviser de nombreuses scènes au pied levé, préparant un feu ou pêchant du poisson tel un véritable trappeur de l’époque.

Mais c’est avant tout la force brute de sa prestation qui porte le film. Bien que son rôle n’ait que très peu de dialogues (et la plupart sont en dialectes indiens, Pawnee et Arikara), Leonardo DiCaprio porte sur ses seules épaules la profondeur de son personnage et réussit à transmettre tous ses états d’âmes avec son corps et son regard, tantôt avec puissance, tantôt avec subtilité.

Dans un moment-clé du film, Hugh Glass passe un accord tacite avec l’infâme John Fitzgerald (le terrifiant Tom Hardy). Sans un mot, le regard de Leonardo communique à lui tout seul toute une gamme d’émotions complexes et nuancées. Une scène intime et éloquente malgré des températures avoisinant les -40°C (l’acteur aurait failli se geler les yeux et les mains pour ce plan).

La prestation de Leonardo DiCaprio a déjà été récompensée d’un Golden Globe. Mais pourra-t-il enfin décroché son premier Oscar ?

Après quatre nominations infructueuses, l’acteur fétiche d’Hollywood a tout donné dans The Revenant. C’est donc à juste titre qu’il est le grand favori de ce palmarès 2016 des Oscars.

Emilio M.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
Passionné de films et de séries, made in USA et d’ailleurs…

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