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AFFICHE - BEIJING STORIES

Beijing Stories (2015), sous les pavés, les habitants !

AFFICHE - BEIJING STORIES

Malgré le foisonnement d’œuvres aussi bien documentaires que fictionnelles en provenance de la Chine, de nouveaux films continuent de nous surprendre en nous dévoilant un aspect méconnu du pays . Beijing Stories (地下香), premier long métrage de Pengfei, est de ceux-là. Préparez-vous à une surprenante plongée dans les entrailles de la capitale chinoise.
   

Synopsis :

Beijing. 23 millions d’habitants et une croissance urbaine démesurée. Sans cesse des quartiers sont détruits et reconstruits pour la nouvelle classe moyenne. Pour gagner sa vie, Yong Le (Luo Wenjie) récupère des meubles usagés dans les maisons abandonnées. Xiao Yun (Ying Ze), elle, danse dans un bar. Tous deux habitent la « ville souterraine » et rêvent d’en sortir. Lao Jin (Zhao Fuyu), lui, a sa maison. Il rêve pourtant d’ailleurs. Son quartier va être détruit. Il a accepté de partir mais il doit d’abord vendre sa maison à un prix décent. Trois rêves, trois destins, trois histoires de la ville. De la Chine d’aujourd’hui.

     
À la surface
      

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© URBAN DISTRIBUTION

       
Encore un film pour dénoncer le développement inhumain de la Chine, vous direz-vous ?

Certes, l’histoire de Lao Jin, ce vieil homme digne qui veut vendre sa maison au meilleur prix pour profiter lui aussi de la forte croissance chinoise peut faire penser à cela. Surtout que face à lui, les promoteurs restent inflexibles et que les immeubles modernes et neufs qu’il visite avec sa femme – en prévision de la vente de sa maison – reste désespérément inaccessible pour lui. Pendant ce temps, son cadre de vie change et sa maison traditionnelle est de plus en plus isolée à mesure de l’avancée des pelleteuses.

Mais ces Beijing Stories, ces histoires de la capitale chinoise, ne sont pas que ça. Ce sont aussi l’histoire de ce migrant, Xiao Yun, qui est venue tenter sa chance à la capitale. Revendeurs de meubles d’occasion qu’il récupère un peu partout, il est le fil conducteur du film. Alors que Jia Zhang-ke (Au-delà des montagnes) dénonçait la dérive consumériste chinoise en déclinant son histoire en trois temps, Pengfei propose avec son personnage de regarder sous les « pavés » de la plus grande et dynamique capitale du monde.
      

Sous la surface
      

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© URBAN DISTRIBUTION

             
Car sous les hauts immeubles de la Chine conquérante vit une population de laissés-pour-compte. Et ça, c’est le vrai intérêt de Beijing Stories, nous faire découvrir un aspect inconnu de la capitale que le réalisateur a lui-même découvert l’existence très tardivement quand des amis artistes lui ont fait découvrir que juste à côté de chez ses parents, toute une vie s’organisait sous terre.

C’est donc toute une vie souterraine que nous découvrons dans le film où vivent des travailleurs pauvres (il y a même des familles) dans de toutes petites pièces, partageant des espaces collectifs (cuisine, toilettes/douches) et se déplaçant dans des couloirs étroits et bas de plafonds, tout en rêvant d’avoir un appartement au-dessus, signe de réussite. Un rêve d’ailleurs atteint par un des personnages du film qui fête avec les « résidents » son déménagement pour un appartement au-dessus grâce à un travail de vigile dans une zone résidentielle.

Le film fourmille ainsi d’anecdotes incroyables et de situations absurdes :

  • une fascinante et dangereuse inondation qui va mettre en péril l’habitation précaire et insalubre de ces habitants,
  • un sacrifice à regret d’un poulet pour porter chance à un dîner d’affaire,
  • et un magnifique air d’opéra chinois chanté à trois lors de ce même dîner.
            

Une surprenante plongée

dans la Chine moderne
        

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© URBAN DISTRIBUTION

      
Dans Beijing Stories, Le cinéaste Pengfei a  la délicatesse de nous dévoiler cette facette du développement chinois en nous y glissant des petits moments comiques et tendres :

  • Comique comme la scène très drôle où nous découvrons pour la première fois cette vie souterraine. Chargé comme un mulet, Xiao Yun doit zigzaguer bon an mal dans les couloirs étroits et bas de plafond pour arriver jusqu’à sa petite chambre sans fenêtre.
  • Tendre comme la discrète histoire d’amour entre Xiao Yun et la danseuse Yong Le. Après que Xiao Yu se soit retrouvé temporairement aveugle après un accident sur un chantier, celle-ci se prendra d’affection pour ce jeune homme qui tisse de frêles fils d’Ariane pour se déplacer et survivre dans ces souterrains.

Bien sûr, comme chez Jia Zhang-ke, l’argent a tendance à tout corrompre et aura peut-être aussi raison des rêves (nouveau logement, amour) des personnages du film. Mais n’en disons pas plus pour vous laisser le plaisir d’être guidé dans les bas-fonds d’une Chine qui avance à très vive allure.

Beijing Stories de Pengfei est une très surprenante plongée dans la Chine moderne, à découvrir sans tarder.
          

      
En savoir plus :

  • Mostra de Venise 2015 – Prix Fedeora du Meilleur Film ???
  • date de sortie France : 06/01/2015
  • distribution France : Urban Distribution

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