//insérer vidéo facebook
enfr
Accueil / CINEMA / The Big Short (2015), le casting du siècle
The Big short affiche

The Big Short (2015), le casting du siècle

The Big short affiche

The Big Short, soient 4 poids lourds du cinéma hollywoodien (Christian Bale, Steve Carrell, Ryan Gosling et Brad Pitt), un réalisateur génial et un peu fou, Adam McKay (Ant-Man, Very Bad Cops, La Légende de Ron Burgundy) et un sujet brûlant : les financiers qui ont précipité la crise des subprimes de 2008. Mettez le tout dans un chapeau magique, priez le dieu Hollywood, secouez, et…
     

Synopsis :

Wall Street, 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des médias et du gouvernement, quatre outsiders anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point… le casse du siècle. Michael Burry (Christian Bale), Mark Baum (Steve Carell), Jared Vennett (Ryan Gosling) et Ben Rickert (Brad Pitt) : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques… et tenter de rafler la mise.

     
Une production culottée…

 

Adapté du best-seller de Michael Lewis, The Big Short est le genre de film qu’on va voir en se disant : “ça va être génial, ça va être génial et si ce n’est pas génial, je vais être très très fâché”.

Surtout quand un producteur a le culot de:

  1. réunir autant d’acteurs fantastico-sexys : Ryan Gosling, Brad Pitt, Steve Carell, Christian Bale, c’est trop !
  2. faire travailler complètement à contre-emploi le génial Adam McKay, réalisateur de presque toute la filmographie de l’acteur Will Ferrell.
  3. produire un film sur un sujet aussi massif que la crise des subprimes et les quelques génies pourris qui ont fait gonfler la bulle puis précipité son explosion.

C’EST SIMPLE, soit le film est à la hauteur, soit ce ne sont pas les subprimes qui crisent mais le petit cœur des spectateurs qui retrouveront le coupable pour lui exploser la bulle immobilière.

The Big short photo
© Jaap Buitendijk – 2015 Paramount Pictures. All Rights Reserved.

 

… qui relève le défi…

 

Bon, écourtons le suspense : OUI, Adam a fait le job !

Et comment.

Oui, Christian Bale est un génie devant l’éternel, Ryan est fantastique, tout comme Steve (Brad est un tout petit peu en-dessous).

Oui, The Big Short vous montre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’impitoyable monde de la finance, tout en étant funky, divertissant, cinématographique.

Mais surtout, oui Adam McKay vous explique la crise de fond en comble sans vous épargner une miette de sa complexité.

Et NOOOOOOON, vous n’y comprendrez rien. Adam n’est pas Dieu non plus.

 

… grâce à une brillante mise en abîme…

 

Justement, c’est là que ça devient intéressant. Adam a compris qu’il ne réussira pas son défi et il s’en sert magnifiquement. Finalement, c’est bien parce que tous ces produits financiers sont incompréhensibles en 2008, à la veille de la crise des subprimes, plus personne à Wall Street n’y comprenait rien… sauf nos quatre rigolos qui ont tiré leur épingle du jeu.

The Big short photo
© Jaap Buitendijk – 2015 Paramount Pictures. All Rights Reserved.

 

Adam vous fait suivre le parcours de ces rigolos en vous expliquant les mécanismes financiers qu’ils manipulent. Vous suivez un peu, vous vous accrochez mais à un moment vous vous dites :

  • « zut j’ai mangé un popcorn au mauvais moment »,
  • puis « si c’était un DVD j’aurais mis pause pour googler SWAPS de taux« ,
  • ensuite « bon, tant pis, je le reverrai en VOD »,
  • et enfin « je suis vraiment bête ou personne dans la salle ne comprend rien ?!? ».

C’est à ce moment-là que le bon Adam vous sauve. La voix off – ou Ryan quand c’est vraiment compliqué – s’adresse directement au spectateur : « vous ne comprenez rien ? C’est normal ». Ouf. Et de poursuivre par, en gros : « je vais vous expliquer plus simplement mais ça restera un peu rasoir donc je vais vous mettre un top model nu dans un bain moussant OU un cuisinier OU Selena Gomez (si si…) pour vous raconter ».

Et que voulez-vous, quand Selena explique les CDOs synthétiques avec des jetons de casino, hé bien, Adam, vous ne pouvez que l’aimer !

 

… et des personnages hauts en couleur

 

Mais cessons de parler d’Adam car s’il y en a un qui a bien mérité son paragraphe dans Bulles de Culture, c’est bien cette vieille branche de Christian Bale. L’homme qui vous construit un personnage en entrouvrant la bouche.

Michael Burry – le personnage en question – est un génie matheux handicapé social qui a compris avant tout le monde que le marché des subprimes allait se casser la figure et décide d’en tirer profit. Ce type ne se considère pas comme une ordure, il fait juste ce que la logique mathématique de la finance lui commande. Comme il y a un paquet d’argent à se faire et que Michael n’a pas personnellement un assez gros paquet à investir, il va voir ces messieurs-dames les Goldman Sachs, Deutsche Bank et autres, et leur propose de s’associer à lui. Les messieurs-dames commencent par rire, lui demandent s’il se pense plus intelligent que le président de la Banque centrale américaine. Michael dit que oui et ils décident de le suivre.

C’est là qu’Adam nous offre un beau montage rythmé avec un gros rap US, des plans de coupe sur la société américaine préoccupée par d’autres futilités… et on se surprend à partager l’enivrement de Michael Burry.

Se faire de l’argent sur le dos de la misère du monde, c’est hyper excitant.

Il faut être un peu pété du casque pour l’assumer, mais c’est le kiffe assuré et THAT’S THE POINT!

Ces givrés qui assument sont la colonne vertébrale de The Big Short, tenu en définitive par la qualité de ses personnages ultra névrosés.

Ryan Gosling se renouvelle avec brio en jeune cynique survolté de cocaïne après trop de personnages taiseux et flegmatiques.

Steve Carell est parfait en moralisateur nerveux qui arrive en retard à son groupe de parole « les Banquiers tarés anonymes » (?).

Brad Pitt, plus caricatural, campe un banquier retraité baba cool et paranoïaque.

En définitive, Adam McKay réussit haut la main son revirement de style. The Big Short brille par d’excellents acteurs et personnages, une certaine folie et des idées farfelues réjouissantes.

On salue l’intelligente démarche de raconter dans le détail la crise des subprimes et de perdre le spectateur, tout comme l’ont été les financiers et les autorités financières de l’époque.

Il faudra juste que le public accepte le principe d’un film auquel rapidement il ne comprendra pas grand chose.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 23/12/2015
  • Distribution France : Paramount Pictures France

Check Also

L'amant double affiche film

Cannes 2017 « L’amant double » (2017), le cinéma français content de lui par François Ozon

L’amant double de François Ozon a été présenté vendredi en Compétition du 70ème Festival de …

Affiche Mobile Homes film

[Cannes 2017] « Mobile Homes » (2017) : Vladimir de Fontenay, un jeune réalisateur à suivre

Mobile Homes est le premier long-métrage de Vladimir de Fontenay, jeune réalisateur français installé aux …

Laisser un commentaire