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Les Aventuriers de l’Art Moderne (2015) de Amélie Harrault, Pauline Gaillard et Valérie Loiseleux

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Adaptée de la trilogie de Dan Franck, Le temps des Bohèmes, la série documentaire Les Aventuriers de l’Art Moderne d’Amélie Harrault, Pauline Gaillard et Valérie Loiseleux nous plonge dans la vie artistique et littéraire de Paris, du début du XXème siècle à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
     

Synopsis :

Nos héros sont artistes, écrivains, poètes, muses, mécènes ou marchands d’art. Ils s’appellent Max Jacob, Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire, Gertrude Stein, Kiki de Montparnasse, Chaïm Soutine, Man Ray, André Gide, Louis Aragon, André Malraux, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Robert Capa, Robert Desnos… Leurs destins sont hors du commun. Ils sont des artistes et intellectuels venus du monde entier à Paris, alors capitale de la vie artistique et littéraire.

     
Ceci n’est pas un documentaire sur l’Art

 

Les aventuriers de l'art moderne - La bande de Picasso
© Silex Films

Ceci n’est pas un documentaire sur l’Art comme on a l’habitude de les voir à la télévision. Il n’y a pas d’analyse de tableaux ou de livres au sens strict, pas de définition scientifique des mouvements artistiques, pas de biographie de peintre ou d’auteur, en somme, pas de commentaire purement informatif, mais avant tout un récit.

Durant les six épisodes de 52 minutes de Les Aventuriers de l’Art Moderne, les trois réalisatrices – Amélie Harrault, Pauline Gaillard et Valérie Loiseleux – nous invitent à tisser des liens entre des artistes que l’on connaît le plus souvent de manière isolée, à tisser des liens entre leur petite histoire et la grande Histoire, entre leur art et leur vie.

De personnes en personnages

 

Les aventuriers de l'art moderne - La bande de Picasso
© SILEX FILMS – ARTE France

Voici donc un documentaire qui a le mérite de flirter avec une mise en récit romanesque que l’on a coutume d’attribuer au genre de la fiction.

« J’ai écrit Bohèmes, Libertad !, Minuit, comme autant de romans, dans la pure tradition du récit. Je n’ai pas voulu faire œuvre d’historien, ne l’étant pas moi-même. Mais, à partir de faits, de témoignages, de lectures innombrables, j’ai tendu au-dessus du monde un filet sur lequel les artistes – peintres, poètes, sculpteurs, écrivains, musiciens, cinéastes – se promènent. Je les ai dessinés comme des personnes. (…) Les années font de ces personnes des personnages, façonnant des destins exceptionnels », nous explique l’écrivain Dan Franck dont les romans sont à l’origine du projet.

Ce travail de mise en récit s’opère par un montage dynamique qui mélange plusieurs sources d’images ayant des valeurs différentes : archives, extraits de film d’époque, techniques d’animation traditionnelle telle que la peinture sur verre, le papier découpé ou l’encre. Ces régimes de représentations variées se nourrissent entre eux, passant du document d’archive tenu pour objectif à l’image cinématographiée qui elle est mise en scène, ou encore à l’imagination presque sans limite, totalement subjective, offerte par l’animation.

Il en ressort que l’on est porté par ce tissage patchwork où l’archive qui représente une preuve historique cohabite sans s’annuler avec les magnifiques dessins et peintures d’Amélie Harrault.

 

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© SILEX FILMS – ARTE France

 

Ce qui tient ensemble cette matière diverse, c’est aussi la voix off portée par Amira Casar qui raconte comment depuis le jaillissement de l’Art Moderne en 1900 dans les sous-sols du Bateau-Lavoir jusqu’aux déchirements de la Seconde Guerre Mondiale, ces artistes, loin des clichés du poète maudit enfermé dans sa tour d’ivoire, sont à la fois témoins et acteurs de l’évolution de la société française.

Cette mise en récit participe donc d’une recontextualisation qui rappelle que la création artistique ne nait pas de nulle part. Les amitiés, les amours, les rivalités, les engagements politiques et idéologiques lient ensemble ces artistes qui n’ont de cesse de s’influencer mutuellement dans l’admiration ou le rejet.

Paris, capitale du monde

 

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© Silex Films

On oublierait presque que Picasso, Matisse, Soutine, Modigliani, Apollinaire ou encore Dali sont des étrangers dans la capitale, tant les oeuvres qu’ils ont créées ont été intégrées à notre culture française.

Ce documentaire rappelle donc – et c’est important à l’heure actuelle de s’en souvenir – que c’est ce monde artistique très cosmopolite qui, d’années en années, a fait rayonner la capitale dans le monde entier.

Plus concrètement, l’épisode 1, Bohème, présente la troupe d’artistes réunie au Bateau-Lavoir à Montmartre où s’organise une vie de bohème entre travail, muses, collectionneurs et fêtes.

L’épisode 2, La Bande de Picasso (1906-1916), annonce l’arrivée scandaleuse du cubisme et le chamboulement provoqué par la Première Guerre Mondiale qui éclate. La bande se sépare entre ceux qui restent et ceux qui partent au front.

L’épisode 3, intitulé Paris capitale du monde (1916-1920), raconte la vie artistique du quartier de Montparnasse où se côtoie le plus pauvre des russes, Soutine, qui s’est lié d’amitié avec le plus beau des italiens, Modigliani. Mais alors que la guerre se termine, on enterre Apollinaire puis Modigliani. Le temps des bohèmes semble toucher à sa fin.

L’épisode 4, Les Enchanteurs de Montparnasse (1920-1930), annonce la révolution dadaïste et surréaliste ! À leur tête, de nouvelles figures émergeantes : André Breton, Louis Aragon, Man Ray ou encore Robert Desnos entourés de leurs muses ou alter-ego, Kiki, Lee Miller, Elsa Triolet.

L’épisode 5, Libertad ! (1030-1939), nous fait suivre l’engagement des artistes face à la montée du fascisme en Espagne. Mais alors qu’une guerre termine, une autre s’annonce… Qu’il semble loin le temps des bohèmes !

L’épisode 6, Minuit à Paris (1939-1945), finit de diviser les artistes, entre ceux qui décident de fuir, ceux qui restent, ceux qui collaborent et ceux qui résistent. Parmi ceux qui restent, on tente de survivre, on continue de peindre et d’écrire pour lutter contre l’occupant ou simplement pour continuer d’exister.
          

   
En savoir plus :

  • Les Aventuriers de l’Art Moderne sera diffusé sur Arte France le mercredi 16 décembre 2015 à 20h50 puis les 17 et 18 décembre à 22h25
  • Disponible en DVD chez Arte Editions à partir du 3 décembre 2015
        

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