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Le Grand Jeu (2015) de Nicolas Pariser

Le Grand jeu AfficheNicolas Pariser réunit le très rare Melvil Poupaud, le taulier André Dussolier et la magnétique Clémence Poésy pour évoquer les dessous de la politique dans Le Grand jeu.
    

Synopsis :

Pierre Blum ( Melvil Poupaud), un écrivain de quarante ans qui a connu son heure de gloire au début des années 2000, rencontre, un soir, sur la terrasse d’un casino,un homme mystérieux, Joseph Paskin (André Dussolier). Influent dans le monde de la politique, charismatique, manipulateur, il passe bientôt à Pierre une commande étrange qui le replongera dans un passé qu’il aurait préféré oublier et mettra sa vie en danger. Au milieu de ce tumulte, Pierre tombe amoureux de Laura (Clémence Poésy), une jeune militante d’extrême gauche. Mais dans un monde où tout semble à double fond, à qui peut-on se fier ?

     
Tout commence bien…

 

le grand jeu dussollier poupaud voiture copyright Thibault Grabherr
© Thibault Grabherr

 

C’est le cas de le dire, avec une scène d’ouverture pour Le Grand Jeu pleine de tension – dans ce que l’on devine être une extraction d’un témoin gênant – et une ambiance digne de la guerre froide qui réussit bien son effet à savoir, intriguer le spectateur : qui est cette personne et pourquoi on doit la faire sortir de la France avec ce maximum de discrétion ?

Puis, le réalisateur va s’attacher à nous éclairer sur les dessous de la politique. Il nous décrit alors un monde où l’on retrouve en somme trois catégories de personnes :

  • les politiciens (l’un d’entre eux est incarné avec justesse comme toujours par un André Dussolier exalté), avides de pouvoir et séduisants comme des charmeurs de serpents, qui dessinent notre quotidien en nous fabriquant leur vérité ;
  • les partisans d’extrême gauche, tout aussi exaltés, qui ont décidé de vivre selon leur vérité ;
  • et le commun des mortels qui se laisse emporter, peut souvent se laisser corrompre par l’un ou l’autre des groupes, et au final se brûler les doigts lorsqu’il se fait rattraper par la réalité, comme le héros du jour, joué par le charmant Melvil Poupaud.

Nous ne serions donc que des pantins, les fils qui dictent nos actes étant les médias et les marionnettistes  étant les hommes politiques de tout bord. Un propos intéressant, même si pas révolutionnaire et qui demande donc un bon traitement, sous peine de devenir ennuyeux.

 

Mais…

 

le grand jeu poesy poupaud galerie
© Thibault Grabherr

 

En effet, si la scène de départ évoquée ci-dessus de Le Grand Jeu nous a bien échauffé, la tension du début finit par totalement s’évaporer.  Si on est agréablement distrait par les échanges entre le politicien et l’écrivain, on tombe rapidement dans l’ennui et on est à peine réveillé par la course-poursuite finale.

Le film redescend vraiment en tension lors du passage de Melvil Poupaud dans la communauté d’extrême gauche, à croire que les hommes de conviction sont des gens ennuyeux. Même la parenthèse amoureuse, avec une Clémence Poésy plus bavarde que jamais, ne réussit pas à redonner du rythme. Du coup, ce passage qui ne dure en réalité que quelques minutes nous semble trop long…

Au final, on a une bonne idée de départ, un toujours excellent André Dussolier qui illumine tant le film qu’on a l’impression que la lumière s’éteint quand il disparaît, un Melvil Poupaud pourtant pas mauvais mais qui ne peut à lui tout seul contenir un manque de scénario et une Clémence Poésy aux dialogues peu inspirés…

 

 

le grand jeu poesy
© Thibault Grabherr

 

Nicolas Pariser est un réalisateur ambitieux et ça se voit, mais on sort de son premier film  avec une sensation de travail prometteur mais pas assez bien exécuté, comme un joueur de cartes qui aurait une excellente main mais qui ne maîtriserait pas encore l’art du bluff.

Dommage…

 

   
En savoir plus :

  • Le Grand Jeu a reçu le prix Louis-Delluc du premier film
  • Date de sortie France : 16/12/2015
  • Distribution France : Bac Films

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