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© D.R.

[ITW] Bruno Paviot, le pied nickelé d’Au service de la France

Tête d’affiche de la série d’Arte, Au service de la France de Jean-François Halin, Bruno Paviot nous a reçu pour un entretien placé sous le signe de la simplicité. Tutoiement, Perrier et café crème ont rythmé cette heure passée avec l’interprète de Moulinier, l’agent franchouillard et bonhomme prêt à tuer pour la France.

Synopsis :

1960. C’est avec une immense fierté qu’André Merlaux (Hugo Becker), 23 ans, intègre les Services Secrets français, les meilleurs au monde. Trois fonctionnaires d’élite vont le former à remplir les missions les plus délicates : devenir ami avec les Allemands, garder l’Algérie française, préserver l’empire colonial, faire grève… André apprend vite que la supériorité de la France repose sur la perfection de son système administratif, et qu’un coup de tampon sur un mauvais formulaire peut déclencher une guerre mondiale. Il pourrait devenir le meilleur d’entre les meilleurs, mais il tombe amoureux de la mauvaise personne…

Pour apprécier la série Au service de la France à sa juste valeur, il faut oublier les OSS 117.  Si le lien de parenté est indéniable, l’humour ici est plus féroce et le traitement moins potache et plus premier degré. Cette série intelligente – et non, ce n’est pas un gros mot ! – nous offre la possibilité de regarder la France de 1960 avec un humour critique. Rencontre avec un de ses comédiens, Bruno Paviot.

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« La comédie n’est pas un rêve d’enfance. »

 

Bulles de Culture : Bruno Paviot tu es né en 1970 d’un père normand et d’une mère émigrée espagnole. Qu’est-ce qui t’a guidé jusqu’à la comédie ?

Bruno Paviot : Ma mère était jeune fille au pair chez un comédien célèbre à l’époque, Guy Pierrot. C’est un fait du hasard car cela n’a eu aucun rapport avec ma vocation d’acteur. D’ailleurs, je n’ai jamais eu le désir de devenir comédien. J’ai d’abord suivi un parcours classique bac prépa HEC et fac de gestion. La comédie n’est pas un rêve d’enfance.

Bulles de Culture :  Mais le parcours classique n’est pas une réussite…

Bruno Paviot : A 20 ans, j’ai commencé le cours Florent « pour essayer ». A cette époque, le théâtre n’était pas ma passion. Je trouvais ça ennuyeux. J’étais plus cinéma, j’y allais 5 à 6 fois par semaine voir des films comme Blade Runner ou encore Mad Max. Des films de mecs !

Bulles de Culture : Malgré cette défiance vis à vis du théâtre classique, ta voie est donc désormais tracée ?

Bruno Paviot : Au cours Florent, monter sur scène a été une révélation. Je ne me projetais pas encore à l’époque. Mais j’ai su. Il y a tout de suite eu un truc en montant sur les planches. J’aimais jouer la comédie.

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© Luc Roux

Bulles de Culture : Qu’est-ce qui t’a séduit dans le théâtre ?

Bruno Paviot : Surtout la diversité des projets. J’ai joué dans des pièces subventionnées, du théâtre public autant que privé, des music-halls… Ma volonté à l’époque : me diversifier au maximum. Ce qui m’a d’ailleurs amené à la radio chez Radio France et France Inter avec des émissions comme Théâtre et compagnie. Je suis passé devant l’écran plus tard, en 2008, au cinéma et à la télévision. Mais c’est vrai qu’Au service de la France m’offre le premier rôle de cette importance.

« La première diffusion a réuni
1,183 millions de spectateurs »

 

Bulles de Culture : Comment as-tu vécu la première soirée de diffusion d’Au service de la France ?

Bruno Paviot : C’est vrai qu’on était un peu inquiet concernant l’audience car les 3 premiers épisodes faisaient face à une concurrence difficile : la série avec Alexandra Lamy sur TF1 (Une chance de trop) mais aussi Game of Thrones sur Canal+… Au final, la première diffusion a réuni 1,183 millions de spectateurs, hors replay ! On attend de voir si les spectateurs continuent à être séduits.

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© Luc Roux

Bulles de Culture : Quand tu as reçu le scénario, est-ce que l’angle « administratif » de la série t’as fait peur ?

Bruno Paviot : Au contraire, c’est ce qui m’a particulièrement séduit. C’est un angle ambitieux, c’est vrai mais tellement bien écrit. D’ailleurs, ma motivation première c’est la qualité du texte. Je riais tout seul en lisant le scénario. C’est une des séries françaises les mieux écrites, à mon avis, depuis Kaboul Kitchen [NDLR : série pour laquelle l’acteur avait passé des essais].

« Moulinier est persuadé d’œuvrer
pour la grandeur de la France. »

 

Bulles de Culture : Dans Au service de la France, tu interprètes Roger Moulinier. Peux-tu me parler de cet homme ?

Bruno Paviot : En tant qu’acteur, j’avais très peu d’informations sur sa vie privée. Quel âge a-t-il ? Est-il marié ? J’ai dû faire ma tambouille et construire pour moi-même ce personnage tout en essayant de ne pas « fixer » des détails. Donc Moulinier est vraisemblablement célibataire et il adore la compagnie des femmes africaines. C’est un homme qui vit au présent, il n’est pas calculateur. Et il dit d’ailleurs souvent des bêtises, il est très premier degré. Comme tous les autres quarantenaires du service, il est imbu de lui-même et de sa présence dans les services secrets français. Il est persuadé d’œuvrer pour la grandeur de la France. Il ne comprend pas pourquoi les pays du continent africain demandent l’indépendance. Pour travailler ce personnage, je me suis appuyé sur son caractère. C’est à la fois le plus franchouillard et le plus bonhomme. Moulinier a quelque chose de sympathique. Mais attention, il n’en reste pas moins un agent dangereux, bras armé de la France, il est prêt à tuer pour protéger sa patrie.

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© Luc Roux

Bulles de Culture : Tu t’es inspiré d’un personnage historique pour travailler ce personnage ?

Bruno Paviot : Je suis né en 1970, enfant j’ai donc fréquenté des adultes ayant vécu ces « événements » : la guerre d’Algérie, l’indépendance des colonies. Donc non, je ne me suis pas inspiré de personnages publics mais de références concrètes. Des amis de mon père, de ma mère. J’ai entendu des propos racistes ou machos, le texte a résonné en moi de cette manière.

Bulles de Culture : La presse trace un parallèle entre Au service de la France et OSS 117, pourtant, je trouve que la série et les films ne sont pas du tout comparables. Qu’en dis-tu ?

Bruno Paviot : Je suis d’accord. Les films OSS 117 que j’adore sont plus proches du burlesque. L’interprétation de Jean Dujardin est du pantomyme. J’adore OSS, mais Au service de la France n’a pas la même écriture ni la même interprétation. Jean-François Halin a été auteur des Guignols et de Groland avant d’écrire OSS 117 et dans Au service de la France, on retrouve plus de férocité. L’humour est plus grinçant, moins potache.

« On nous a demandé de la sobriété dans le jeu. »

Bulles de Culture : J’imagine que la direction d’acteurs allait dans ce sens ?

Bruno Paviot : Oui c’est exact. On nous a demandé de la sobriété dans le jeu. L’essentiel de l’humour venait du texte et des situations. Notre job à nous était de donner corps au texte dans le contexte historique, c’est-à-dire très premier degré. En 1960, quand on dit « L’Algérie, c’est la France », on le dit aussi sérieusement qu’on dirait aujourd’hui, « la Bretagne, c’est la France ». De la même manière, à l’époque, la bombe atomique était perçue positivement par l’opinion publique. Les gens se disaient que c’était la grandeur de la France. D’ailleurs, Jean-François Halin a été disponible sur le plateau pour nous aider à contextualiser certains dialogues.

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© Luc Roux

Bulles de Culture : La série fait la part belle à l’humour politiquement incorrect, tu as eu peur des réactions ?

Bruno Paviot : Pas vraiment, c’est ce qui fait le charme de la série, il faut l’assumer. J’ai juste eu un moment d’hésitation avant de tourner la scène avec la délégation africaine (épisode 3) venue demander l’indépendance de leur pays. En réalité, les acteurs interprétant la délégation nous ont confié leur fierté car cette série leur a permis de dénoncer l’attitude de la France. C’était émouvant. Sous la comédie, c’est une critique au vitriol des années 60.

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© Luc Roux

« Ma plus grande envie là tout de suite,
serait qu’Arte signe pour une saison 2
d’Au service de la France ! »

 

Bulles de Culture : Quels sont tes projets pour la suite ?

Bruno Paviot : Je vais tourner comme guest dans la série d’OCS, Irresponsable (une comédie de 10 épisodes en format 26 minutes), j’ai également interprété le rôle d’un chirurgien dans un docu-fiction sur les opérations intra-utérines (réalisé par Romain Icard). J’ai également plusieurs projets de théâtre dont une pièce mise en scène par Sarah Caponi, Une chambre à Rome, et un projet de pièce de Flavio Coste, Non à l’argent, qui sera produit par Hugo Becker (l’acteur principal d’Au service de la France). Mais ma plus grande envie là tout de suite serait qu’Arte signe pour une saison 2 d’Au service de la France !

Entretien réalisé à Paris le 2 novembre 2015. Merci à Bruno Paviot d’avoir accordé cette interview à la rédaction de Bulles de Culture.

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En savoir plus :

  • Au service de la France est diffusé sur Arte depuis le 29 octobre 2015 et disponible en VOD
  • Scénaristes : Claire Lemaréchal , Jean-François Halin et Jean-André Yerlès
  • Réalisateur : Alexandre Courtès
  • Acteurs : • André Merlaux : Hugo Becker • Le Colonel : Wilfred Benaïche • Moïse : Christophe Kourotchkine • Jacquard : Karim Barras • Moulinier : Bruno Paviot • Calot : Jean-Edouard Bodziak • Sophie : Mathilde Warnier • Clayborne : Joséphine de la Baume • Marie-Jo : Marie-Julie Baup • Lechiot / Chiolet : Antoine Gouy

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